Après l'échec, le concert de lamentations

le 30 juillet 2008 à 09h35 , mis à jour le 30 juillet 2008 à 10h44

Après neuf jours de discussions, les négociations sur la libéralisation du commerce mondial se sont terminées mardi soir sans accord.

OMC Michel BarnierMichel Barnier au sommet de l'OMC. © TF1/LCI

Alors que la déception prédomine mercredi chez les principaux partenaires de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) après l'échec des négociations à Genève pour trouver un accord sur la libéralisation des échanges commerciaux, le ministre de l'Agriculture Michel Barnier réaffirme que la France est pour un "accord équilibré".
 
Michel Barnier critique sur RTL le refus des grands pays émergents de faire, selon lui, les "efforts" nécessaires. "L'Union européenne a fait de très grands efforts. Nous étions prêts à diminuer les droits aux produits qui rentrent en Europe de 54%, à supprimer nos soutiens aux exportations à condition que les autres fassent la même chose", souligne le ministre. "La clé, c'est la réciprocité non pas à l'égard des pays les plus pauvres (...) mais des pays émergents", ajouté-t-il, estimant que "cet accord, au point où il était hier, n'était pas réellement global et réciproque". S'exprimant sur un possible reprise des négociations dans le futur, la secrétaire d'Etat française au Commerce Anne-Marie Idrac souligne pour sa part qu'il faudra "tenir compte de l'absence de consensus" au sein des Etats de l'Union européenne sur les négociations à l'OMC "dans les étapes qui viendront".

"Un pas en arrière"
 
Le commissaire européen au Commerce Peter Mandelson, quant à lui, ne cache pas sa déception. "C'est un pas en arrière pour le système du commerce international, plus grand que la perte d'opportunités commerciales", a-t-il regretté. Pour le commissaire, il s'agit d'un "échec collectif (...) mais les conséquences ne seront pas égales, elles seront ressenties de manière disproportionnées par ceux qui sont les plus vulnérables dans l'économie mondiale". La Suisse, qui accueillait le sommet, est "très déçue" par l'échec  et n'envisage pas une reprise des discussions avant fin 2009. A contrario, le ministre italien de l'Agriculture se félicite de l'échec des négociations de l'OMC à Genève, estimant dans la presse de la péninsule qu'un accord "à tout prix" aurait pénalisé l'agriculture italienne.

Côté américain également, on fait part de ses regrets. "La rupture de ces négociations est une mauvaise nouvelle pour les entreprises, les travailleurs, les fermiers et surtout les pauvres dans le monde", déplore ainsi le président de la Chambre de commerce américaine, Tom Donohue.

"Echec tragique"

Du côté de l'Océanie et de l'Asie, on pousse la complainte jusqu'à émettre des critiques plus ou moins ouvertes. Selon le ministre australien du Commerce, Simon Crean, l'échec est "particulièrement frustrant" car "un accord était clairement possible". Seule "une question concernant l'accès au marché des pays en voie de développement (...) a provoqué le blocage", estime M. Crean. Dans un texte publié sur le site de son ministère,  le ministre chinois du Commerce Chen Demin  confie être "très déçu" et attribue cet "échec tragique" à "l'incapacité de deux pays à surmonter leurs différences", sans les nommer. Le ministre néo-zélandais du Commerce, Phil Goff va plus loin en affirmant que ce sont les Etats-Unis et l'Inde qui ont fait échouer les négociations. "Une différence d'opinion entre l'Inde et les Etats-Unis sur les seuils du mécanisme de sauvegarde en agriculture (...) n'a pas pu être réglée", indiqué-t-il.
 
L'Inde relativise

Le ministère mexicain de l'Economie estime de son côté qu'"à un moment où la hausse des taux d'inflation reviennent menacer le monde et où la hausse des prix des aliments atteint des niveaux historiques, le monde avait besoin d'un dénouement positif". Une déception partagée par le ministre canadien du Commerce international Michael Fortie, qui souligne que l'OMC constituait "une tribune importante pour le Canada", ainsi que par le Brésil, pour qui "cet accord à l'OMC était important parce qu'il aurait ouvert les marchés dans tous les pays".
 
Côté indien, on tente de relativiser l'échec. "La confiance placée par mon pays dans l'organisation mondiale du commerce et le système multilatéral reste intacte et je suis sûr (...) que nous pourrons surmonter cela pour progresser et atteindre notre but", déclare le ministre indien du commerce Kamal Nath, dont le pays a été pointé du doigt par plusieurs partenaires de l'OMC pour sa rigidité dans les négociations.

(D'après agence)

le 30 juillet 2008 à 09:35
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2 Commentaires

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  • Martin, le 30/07/2008 à 15h19

    Tous les problèmes se régleront losque les USA seront équipés d'un président doté d'un cerveau. Il faut encore 6 mois de patience.

  • VIOLETTE, le 30/07/2008 à 10h24

    Il eut été surprenant qu'une entente sorte de cette réunion. On veut toujours réglementer tout, en plus au niveau mondial alors que chaque pays est incapable de le faire correctement dans le sien. Et est-ce vraiment nécessaire ou plutôt néfaste, comme je l e pense. Il y en a ras le bol de cette mondialisation qui va nous faire cr....

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