Le "cadeau" polonais à Sarkozy

le 01 juillet 2008 à 07h07 , mis à jour le 01 juillet 2008 à 15h12

Au premier jour de la présidence française, le président polonais annonce qu'il ne signera pas le Traité de Lisbonne rejeté par l'Irlande.

TF1-LCI : Nicolas Sarkozy et son homologue polonais Lech Kaczynski, le 22 juillet 2007Nicolas Sarkozy et son homologue polonais Lech Kaczynski, le 22 juillet 2007 © TF1-LCI

La France a pris mardi la présidence de l'Union européenne pour six mois, dans un climat de doute avec la crise ouverte par le rejet du traité de Lisbonne par les Irlandais. Et, malgré l'illumination symbolique de la Tour Eiffel aux couleurs européennes, ce début de présidence est marqué par un premier revers : l'annonce de la Pologne de ne pas signer le traité de Lisbonne.
 
Le président polonais Lech Kaczynski annonce ainsi qu'il ne signera pas le traité européen de Lisbonne, estimant qu'il est "sans objet" après le refus des électeurs irlandais de le ratifier, dans une interview publiée mardi au quotidien Dziennik. Le parlement polonais a pourtant ratifié, dès avril, le traité destiné à réformer le fonctionnement des institutions européennes. Mais pour être définitivement acquise, la ratification doit recevoir la signature du président. La défection de Lech Kaczynski porte un coup sérieux aux efforts du président français Nicolas Sarkozy qui entendait circonscrire le problème de la ratification à l'Irlande.

Le Premier ministre pas d'accord, Paris veut "discuter

Face à cette décision, la réaction du président de la Diète (chambre basse) polonaise Bronislaw Komorowski n'a pas tardé : "Cette déclaration me surprend et m'inquiète, d'autant plus que c'est le président lui-même qui a négocié ce traité", a-t-il déclaré. La ratification du traité reste de l'intérêt de la Pologne, a pour sa part estimé le Premier ministre polonais Donald Tusk. "Il est difficile d'accepter une situation où la Pologne serait placée dans la même situation que l'Irlande, une situation très gênante", a-t-il dit.

Le processus de ratification du traité de Lisbonne "se poursuit" malgré tout, a estimé mardi François Fillon, avant un déjeuner de travail à Matignon avec le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso et l'ensemble des commissaires européens. Le ministère des Affaires étrangères a dit de son côté prôner des "discussions" avec Varsovie pour "voir comment sortir" de cette  situation. Et l'Elysée s'étonne des propos du président polonais.
 
"Paquet" de mesures

Lundi, Nicolas Sarkozy avait fait valoir, dans une interview sur France 3 (lire notre article), qu'"on attend de l'Europe qu'elle protège les Européens contre les risques que fait peser la mondialisation, et c'est là que ça ne marche pas". Evoquant le référendum négatif irlandais, il avait déclaré "qu'on n'a pas trop de temps" pour trouver une solution avant "la limite" que constituent pour lui les élections européennes de juin 2009. La France a fixé quatre priorités à sa présidence: adoption d'un "paquet" de mesures (Lire notre article) en matière de climat et d'énergie, pacte européen pour l'immigration, relance de l'Europe de la défense et agriculture. Paris espère que des avancées concrètes sur ces sujets permettront de relancer la confiance des citoyens dans l'Europe.
 
La première journée de cette présidence sera dominée par une visite à Paris des membres de la Commission européenne, présidée par José Manuel Barroso, qui seront reçus à déjeuner par le Premier ministre François Fillon et à dîner par M. Sarkozy. Le président Sarkozy doit par ailleurs se rendre le 10 juillet à Strasbourg pour exposer ses vues devant le Parlement européen, avant d'aller le 11 à Dublin pour parler des suites du référendum. Autre temps fort de ce début de présidence française, la tenue le 13 juillet d'un sommet pour lancer le projet d'Union pour la Méditerranée (UPM), où sont invités les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE et ceux des pays de la rive sud du bassin méditerranéen.

(D'après agence)

le 01 juillet 2008 à 07:07
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49 Commentaires

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  • Jmc, le 01/07/2008 à 10h30

    Il y a quelque chose de curieux dans les décisions de l'Irlande et de la Pologne, ces dernières années ce sont deux pays qui ont était subventionné à outrance par l'Europe c'est à dire par chacun de nous, et maintenant après avoir rempli leurs caisses ,ils s'opposent au traité de Lisbonne, n'hésitant pas par ce fait à cracher dans la soupe.. Pourquoi ne pas exclure ces deux pays de l'Europe puisqu'en fait seules les interresses les subventions. Certains diront que la France a elle-même rejettait par référendu, la première constitution, mais il y a une différence, c'est que la France donne plus qu'elle ne reçoit de l'Europe, et à ce titre peur contester la forme première de la constitution Européenne

  • France83, le 01/07/2008 à 10h29

    Il me semble que la Pologne n'a pas eu trop à se plaindre jusqu'ici de faire partie des Etats Européens. Trop de pays aux cultures différentes différentes sont entrées dans l'Europe. Quand on pense que l'Europe a été créée en 1954 par des personnes visionnaires et qu'aujourd'hui chacun des membres et en particulier la France reste bien ancrée dans son passé. Comment envisager l'avenir avec un tel état d'esprit. Bon courage M. SARKOZY, j'estime que vous ne volez pas vos 140 ou 172 % d'augmentation et je ne vous envie pas mais vous souhaite réussite et succès dans un contexte hostile et passéiste.

  • PAPI 14, le 01/07/2008 à 10h22

    LOGIQUE ON NE PEUT PAS SIGNER UN TRAITE ANNULE PAR LE REFUS D'UN ETAT MEMBRE.

  • Dominique, le 01/07/2008 à 10h13

    Excellent président polonais! C'est exactement ce que j'attendais! C'est jubilatoire!

  • PAPY 59, le 01/07/2008 à 10h13

    L'EUROPE, on est dedans ou dehors. Ce sont les polonais qui ont voulu y entrer.(d'autres aussi bien sur). Si tout le monde en veut les avantages et pas les inconvenients... on n'est pas sorti de l'auberge Alors dans un assemblage comme l'Union Européenne il y des DROITS et DES DEVOIRS ainsi que des LIBERTES et des CONTRAINTES. C'est comme cela dans une vie de couple ... alors à 27.... Mais il faut aussi que les MÊMES REGLES s'appliquent à tous: Economiques, fiscales, sociales,.. Il faudra bien qu'il ne puisse pas y avoir de concurrence deloyale. Un exemple simple : les règles de sécurité sont différentes d'un pays à l'autre, les vitesses sur autoroute, le taux de TVA, le nombre d'heures légales de travail... etc. Bon courage pour ceux qui travaillent à essayer d'harmoniser tout cela.

  • Jay, le 01/07/2008 à 10h11

    A peine arrivés ils mettent déjà le bordel! c'est bien beau ces pays de l'est qui engloutissent les subventions, mais est ce que ça nous aidera à avoir une europe puissante et compétitive?

  • Jean-Pierre, le 01/07/2008 à 10h01

    Et qui c'est qui paye l'illumination de la Tour Effeil ? Et qui c'est qui paye le tour d'Europe de motre "Président Européen" ? Nicolas Sarkozy, son pote, l'Europe, ou NOUS ? Je croyais les caisses vides... Mais pas pour tout le monde apparement ! Il nous en aura fait avaler des couleuvres celui-là, pire que Mitterand...

  • YAN AMARRE, le 01/07/2008 à 09h59

    Irlande, Pologne : des enfants (trop) gâtés par l'Europe ? A force d'essayer de tirer le développement économique de pays plus en retrait, les pays d'Europe occidentale se retrouvent "plantés" ! Lamentable.

  • Steph, le 01/07/2008 à 09h52

    On n'aurait jamais dû intégrer la Pologne à l'Union Européenne ! Ils ne savent que dire non, prendre le parti opposé ou se plaindre qu'ils n'ont pas assez. Stop aux intégrations pique-assiette.

  • Gigi, le 01/07/2008 à 09h52

    Le polonais regardent le ciel non pour profiter de l eau de la pluie.

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