Nicolas Sarkozy devant le Parlement européen, le 10 juillet 2008 © TF1/LCI |
| Le discours de Nicolas Sarkozy |
Dix jours après le début de la présidence française de l'Union européenne, Nicolas Sarkozy s'est exprimé jeudi matin devant les parlementaires européens à Strasbourg. Climat, immigration, défense, agriculture, le chef de l'Etat a détaillé les priorités de la présidence française pour l'Europe pour les six mois à venir.
QUE FAIRE APRES LE NON IRLANDAIS ?
Nicolas Sarkozy espère proposer une solution au non irlandais au traité européen de Lisbonne "soit en octobre, soit en décembre". "J'irai le 21 juillet en Irlande pour écouter et dialoguer et essayer de trouver des solutions", a rappelé Nicolas Sarkozy. "Il faut à la fois ne pas bousculer les Irlandais et en même temps savoir dans quelles conditions et avec quel traité nous allons organiser les élections européennes" de juin 2009, a-t-il expliqué, ajoutant qu'il n'y avait pas d'autre traité possible que celui de Lisbonne, censé permettre à l'UE de mieux fonctionner à 27, à moins de maintenir en vigueur le traité actuel, celui de Nice.
LE CLIMAT
Outre sortit l'Europe de l'impasse après le "non" irlandais au traité de Lisbonne, Nicolas Sarkozy a fait de la lutte contre le changement climatique une priorité. "On sait que nous sommes la dernière génération qui peut éviter la catastrophe", a-t-il déclaré. "L'Europe doit montrer l'exemple" et arriver à la conférence sur le climat de 2009 "unie". Pour Nicolas Sarkozy, cela implique d'avoir adopté le "paquet énergie-climat". "Si nous entrons dans une négociation Etat par Etat, nous n'avons aucune chance de nous décider", a-t-il mis en garde.
L'IMMIGRATION
Après avoir rappelé qu'en France désormais, "tous les travailleurs de tous les pays d'Europe peuvent venir travailler", Nicolas Sarkozy a estimé que "le Pacte européen pour l'immigration est un document essentiel pour la présidence française". Lundi, un accord entre les minitres de l'Intérieur et de l'Immigration des 27 avait été trouvé sur le projet français de pacte européen sur l'immigration et l'asile. "Avec le pacte, l'Europe ne sera ni une forteresse, ni une passoire. Nous organisons l'immigration légale et nous désorganisons l'immigration illégale", avait alors estimé le ministre français de l'Immigration, Brice Hortefeux.
LA DEFENSE EUROPEENNE
Troisième priorité de la présidence française, mettre en commun des "moyens militaires et [des] moyens humains pour faire respecter les politiques que nous aurions décidé ensemble", a déclaré Nicolas Sarkozy. "On peut pas continuer à construire des avions chacun dans son coin."
LA POLITIQUE AGRICOLE COMMUNE
Dernière priorité, la PAC. "C'est justement parce que c'est difficile qu'il convient d'en parler", a estimé Nicolas Sarkozy. Sans rentrer dans les détails de ce qu'il compte faire, Nicolas Sarkozy s'est demandé s'il était "raisonnable de demander à l'Europe de diminuer sa production alimentaire alors que jamais le monde n'a eu autant besoin de denrée alimentaire".
LE SOCIAL
Sans en faire une priorité, Nicolas Sarkozy a estimé qu'"un certain nombre de règles minimales doivent être adoptées au plan européen" mais que les retraites et les questions de santé relèvent "d'abord de la dimension nationale". Parlant plus particulièrement de la lutte contre la maladie d'Alzheimer, le chef de l'Etat français a annoncé qu'une rencontre entre les grands chercheurs européens allait être organisée "pour qu'on puisse trouver une solution ensemble".
LA BANQUE CENTRALE EUROPEENNE
Devant les parlementaires européens, Nicolas Sarkozy a défendu l'idée d'un débat sur la politique de la Banque Centrale Européenne, et plus précisemment sur le niveau des taux d'intérêt. "Personne n'a le droit d'empêcher un débat, un débat qui est utile", a-t-il dit. "On ne met pas en cause l'indépendance de la BCE en s'interrogeant sur le fait de savoir s'il est raisonnable qu'on porte les taux d'intérêt à 4,25 (%) alors que les Américains ont des taux d'intérêt à 2%", a-t-il ajouté.
L'OMC
Concernant les négociations au sein de l'Organisation mondiale du commerce, Nicolas Sarkozy a estimé que "le compte n'y est pas". "Nous sommes unanimes en Europe (...) pour dire qu'en l'état actuel des choses le compte n'y est pas, que l'Europe a fait tous les efforts, que l'Europe ne peut pas continuer à faire des efforts si les autres grandes régions du monde ne sont pas décidées à avancer", a-t-il déclaré. "Le Brésil n'a fait aucun effort sur la baisse des barrières tarifaires dans l'industrie", il n'y a "aucun effort sur les services et que dire de la fermeture du marché chinois", a-t-il ajouté, à onze jours du début d'un mini-sommet des principales puissances commerciales mondiales qui vise à tenter de conclure les laborieuses négociations à l'OMC.
LA CULTURE, LE SPORT
Rappelant l'"exception culturelle européenne", Nicolas Sarkozy a notamment estimé que "la question de la fiscalité sur la vidéo et sur le disque doit être tranchée" durant la présidence française de l'UE. Le chef de l'Etat français a également parlé d'"une exception sportive".
Les chansons de Carla Bruni inspirent les eurodéputés |
Les chansons de Carla Bruni ont inspiré jeudi quelques plaisanteries aux eurodéputés et au président français Nicolas Sarkozy. "Laissez moi encore soixante petites secondes pour ma dernière minute", a plaidé le chef des Libéraux, le Britannique Graham Watson, citant en français dans le texte une chanson de l'épouse du président français. Ce faisant, il s'est attiré l'ire du co-président des Verts, Daniel Cohn-Bendit, qui, piaffant d'impatience de pouvoir s'exprimer à son tour, a alors accusé M. Watson de lui avoir volé sa pointe. "Il me l'a piquée", s'est insurgé l'ancien leader de Mai 68. "Nous avons les mêmes goûts" en matière de chanson, s'est félicité en retour le président français, promettant à M. Watson que son épouse lui ferait certainement l'honneur de lui offrir une version dédicacée de son dernier album, qui sort vendredi. |
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