Réunion des ministres chargés du Commerce de l'OMC. Au premier plan, Anne-Marie Idrac (21 juillet 2008) © TF1/LCILa tonalité a changé depuis vendredi à Genève - depuis ce jour où le commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson, se disait "très confiant" sur les perspectives d'un accord. Les divergences s'affirment et les refus des termes du projet de compromis mis sur la table se cristallisent. Lundi soir, au terme d'une journée où un front commun du refus s'est esquissé, l'Elysée a prévenu : les négociations de l'Organisation mondiale du Commerce sur la libéralisation des échanges internationaux courent à l'échec si les préoccupations des pays européens ne sont pas prises en compte. Pendant que les pays émergents, pour leur part, affirment haut et fort leurs préoccupations...
Les négociations engagées depuis plus d'une semaine sont désormais "très tendues", dit-on à Genève, et les ministres des sept plus grandes puissances commerciales, à savoir les Etats-Unis, l'Union européenne, le Japon, le Brésil, l'Inde, la Chine et l'Australie, ont entamé tôt mardi matin une réunion pour tenter de les débloquer. "Le problème ces douze dernières heures a essentiellement été la question du mécanisme de la clause de sauvegarde", souligne le porte-parole de l'OMC Keith Rockwell.
Chacun accuse l'autre
La question de la clause de sauvegarde oppose notamment des grands pays émergents, comme l'Inde, qui veulent pouvoir la déclencher à partir d'un seuil très bas de hausse des importations agricoles ou de baisse de prix pour ces produits, aux pays exportateurs qui craignent de la voir se transformer en un outil protectionniste. Selon une source diplomatique indienne, le directeur général de l'OMC Pascal Lamy a mis sur la table une proposition de compromis mais celle-ci a été rejetée par les Etats-Unis.
En attendant, chacun dénonce les autres participants comme les responsables de l'obstruction : lundi, Washington d'un côté, Pékin et Delhi de l'autre, se sont mutuellement accusés d'empêcher un accord alors que le cycle de négociations lancé à Doha en 2001 devait initialement être conclu en 2004. Les Chinois ont réclamé une forte réduction, voire l'élimination, des subventions américaines sur le coton qui "ont provoqué des torts importants pour les producteurs de coton dans les pays en développement, en Afrique et pour quelque 150 millions d'entre eux en Chine", selon les termes employés par l'ambassadeur chinois auprès de l'OMC. Le représentant indien a affirmé pour sa part que les Etats-Unis "veulent obtenir deux fois le montant des subventions accordées actuellement".
Mais des petits pays exportateurs comme l'Uruguay et le Paraguay, ont également attaqué l'Inde sur la question de la clause de sauvegarde, accusant Delhi de vouloir protéger son marché en demandant un seuil très bas pour le déclenchement de ce mécanisme face à une hausse des importations agricoles. Pendant que les dissensions se creusaient dans le camp européen : neuf pays de l'UE parmi les plus opposés aux propositions de Pascal Lamy se sont réunis lundi soir à Genève pour établir une position commune alors qu'il revient en principe à la Commission européenne de négocier au nom des 27 pays membres. Il s'agissait de l'Italie, de la France, de l'Irlande, de la Pologne, de la Hongrie, de la Grèce, du Portugal, de la Lituanie et de Chypre.
D'après agence
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