Nicolas Sarkozy et son homologue polonais Lech Kaczynski, le 22 juillet 2007 © TF1-LCI![]() |
| La déclaration commune Sarkozy-Barroso |
Sur le plan institutionnel, la présidence française était déjà rendue compliquée par le "non" irlandais au Traité de Lisbonne et par les réticences du président tchèque Vaclav Klaus à signer le texte si son Parlement le ratifie à l'automne. A peine est-il arrivé à la tête de l'UE qu'un troisième front sur le sujet s'ouvre pour Nicolas Sarkozy : celui de la Pologne.
Si l'Assemblée polonaise a déjà approuvé le Traité en avril, celui-ci doit encore recevoir la signature du président pour être définitivement ratifié. Or Lech Kaczynski, conservateur et eurosceptique, a indiqué mardi matin qu'il ne le parapherait pas, estimant qu'il est désormais "sans objet" après le "non" irlandais. "Il est difficile de dire comment cela finira. En revanche, l'affirmation selon laquelle il n'y a pas d'Union s'il n'y a pas de traité, n'est pas sérieuse", a-t-il affirmé.
"Dans l'intérêt de la Pologne"
Heureusement pour l'Union européenne - qui a rappelé à la Pologne son engagement- et pour Nicolas Sarkozy, le Premier ministre libéral Donald Tusk est un partisan du Traité. Il a donc rapidement appelé Lech Kaczynski à revenir sur sa décision. "Ce n'est pas ainsi que l'on construit la position de la Pologne dans le monde", a souligné Donald Tusk, en insistant sur le fait que le texte était "dans l'intérêt de la Pologne". "J'ai défendu moi-même l'Irlande lors du dernier sommet européen, ce qui veut dire que l'Irlande s'est retrouvée dans une situation difficile. Je ne veux pas que la Pologne se trouve à son tour, sans aucune raison, dans une situation difficile", a-t-il ajouté.
Afin de trouver une solution, le Quai d'Orsay a indiqué que la France et la Pologne allaient "avoir des discussions", probablement entre leurs deux présidents, pour "essayer de voir comment sortir de cette situation". Le ministère des Affaires étrangères minimise également l'attitude de Lech Kaczynski. "Ce n'est pas un refus polonais de ratifier. Le président polonais a dit que pour le moment il a choisi de surseoir à la signature de cette ratification. Il n'a pas dit 'je ne signerai jamais', il a dit 'pour le moment'", indique le porte-parole de Bernard Kouchner. Le discours tenu par l'Elysée est quasi-identique. "Le président polonais n'a jamais été un partenaire spécialement facile de la construction européenne", mais il lui sera difficile de "défier la volonté du Parlement".
Un peu plus tard, Nicolas Sarkozy, juste après sa déclaration commune avec José Manuel Barroso, a également été interrogé sur le sujet : "je ne doute pas un instant que l'engagement du président Kaczynski soit tenu", a-t-il lancé, confirmant qu'il allait entamer rapidement des discussions avec lui.
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