© AFPPeter Mandelson ne semble pas disposé à laisser le dernier mot à Nicolas Sarkozy. Répondant aux critiques du président français, l'accusant lui et le chef de l'OMC Pascal Lamy de tenter d'obtenir un accord commercial défavorable à l'UE, le Commissaire européen au Commerce a déclaré à la BBC que Nicolas Sarkozy "sape" la position de l'Union Européenne dans ses négociations avec l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC). "Oui j'ai été contré et la position de l'Europe dans les négociations commerciales mondiales a été affaiblie", a-t-il déclaré mardi soir.
Le Commissaire a relevé que son mandat pour négocier avec l'OMC avait été approuvé par les 27 Etats membres de l'UE, ajoutant que les derniers commentaires du président Sarkozy, allaient rendre "les choses plus dures". "Nous n'avons jamais accepté dans le passé l'échec d'une ronde de négociation commerciale et ce serait extrêmement dommageable si cela devait arriver à cette occasion", a poursuivi Peter Mandelson, ajoutant qu'il regrettait que sa propre position ait été affaiblie "à un moment, très, très crucial" de ces négociations commerciales mondiales. Selon lui, ces négociations "vont aboutir ou échouer dans les prochaines semaines... la force de la capacité à négocier de l'Europe venant de son unité".
Mandelson boude le dîner à l'Elysée
Nicolas Sarkozy avait adressé lundi soir des critiques à l'encontre de Peter Mandelson, affirmant qu'il ne "laisserait pas faire" un accord que le directeur général de l'OMC, Pascal "Lamy et M. Mandelson voudraient nous faire accepter" et qui sacrifierait la production agricole "sur l'autel du libéralisme mondial". Ces attaques de Nicolas Sarkozy interviennent alors que les négociations à l'OMC sont à un moment charnière, après six ans et demi de laborieuses tractations. Pascal Lamy a convoqué les ministres d'une trentaine de grandes puissances commerciale le 21 juillet à Genève à une réunion de la dernière chance. Paris soupçonne Peter Mandelson, tout comme Pascal Lamy, d'être prêt à brader les intérêts européens pour obtenir un accord avant les élections présidentielles américaines, le successeur de George W. Bush pouvant potentiellement tout remettre en cause.
Après avoir tenté d'ignorer les piques, le commissaire britannique, cible privilégiée des responsables français, semble perdre patience. "Il ne s'agit pas d'individus, il ne s'agit pas de Peter Mandelson, de Pascal Lamy ou du président Sarkozy", a souligné mardi son porte-parole. "Il s'agit de donner un coup de pouce à l'économie mondiale" avec un éventuel accord à l'OMC. Signe de sa mauvaise humeur : Peter Mandelson a fait savoir n'a pas participé à un dîner organisé à l'Elysée, officiellement pour un problème d'agenda. Mais son entourage a fait savoir qu'il n'était "pas triste" d'y échapper après les récentes critiques. Au-delà de la querelle avec Peter Mandelson, la présidence française de l'UE démarre dans un climat tendu avec la Commission, à qui Paris reproche de ne pas réagir assez vite aux préoccupations des citoyens sur la hausse des prix pétroliers par exemple, ou dans le secteur de la pêche.
D'après agence
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