Une affiche pour le "non" au référendum irlandais sur le Traité de Lisbonne, juin 2008 © TF1/LCI"Les Irlandais devront revoter." Plusieurs députés UMP ont rapporté ces propos tenus par Nicolas Sarkozy, qui les recevait, mardi, à l'Elysée. Il y a un mois, 54% des électeurs irlandais se prononçaient contre le traité de Lisbonne, donnant un nouveau coup d'arrêt à la construction européenne. Nicolas Sarkozy rencontrera le Premier ministre irlandais Brian Cowen le 21 juillet à Dublin. Et si la France n'a pas encore de plan pour surmonter la crise provoquée par le "non" irlandais, l'Elysée précise que certaines idées sont "dans l'air".
Une série de concessions pourraient être faites pour rassurer l'Irlande. Ainsi, la réforme de la Commission européenne pourrait être abandonnée : actuellement, chaque pays dispose d'un commissaire européen à Bruxelles. Le traité de Lisbonne prévoit que le nombre de commissaires sera équivalent aux deux tiers du nombre de pays membres. Chaque pays perdrait, de fait, son droit à envoyer systématiquement un commissaire à Bruxelles. Le Monde daté du 16 juillet affirme que cette disposition pourrait être supprimée.
Par ailleurs, un certain nombre de garanties pourraient être données aux Irlandais dans une déclaration quant au respect de leur neutralité et de leurs positions sur des sujets comme l'interruption volontaire de grossesse, encore interdite là-bas. Enfin, les partenaires de l'Irlande pourraient s'engager à ce que la fiscalité continue d'être soumise à l'unanimité des 27.
La Pologne ne fera pas obstacle
Cette série de modifications du traité de Lisbonne pourrait être débattue, puis votée par les 27 à la fin de l'année. Les Irlandais pourraient alors organiser un nouveau référendum. Philippe de Villiers, eurosceptique président du Mouvement pour la France a estimé que "faire revoter les Irlandais serait un coup de force inacceptable" et "relève d'une conception dictatoriale de l'Europe".
Les difficultés sur le front polonais pourraient bientôt être résolues. Après le "non" irlandais, le président polonais Lech Kaczynski avait déclaré n'avoir aucune raison de signer la ratification du traité de Lisbonne, qu'il avait pourtant contribué à élaborer. Lors d'un entretien avec Nicolas Sarkozy à l'occasion des célébrations du 14-Juillet, le président polonais a clarifié les choses : "La Pologne ne fera pas obstacle à la ratification du traité."
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