Le commissaire européen au Commerce Peter Mandelson © DRPeter Mandelson met les points sur les i. Le commissaire européen au Commerce a rappelé jeudi que c'était bien Bruxelles, et non les Etats membres, qui était chargé de négocier à l'OMC, après que le président français Nicolas Sarkozy a menacé de ne pas signer un éventuel accord de libéralisation du commerce mondial.
En déplacement à Batz-sur-Mer (Loire-Atlantique) dans la matinée, Nicolas Sarkozy avait affirmé la position de la France : "A l'OMC, cet accord qui est sur la table, s'il n'est pas modifié, nous ne le signerons pas". Interrogé sur ces propos, Peter Mandelson a déclaré: "Je n'ai pas de réaction, si ce n'est de dire que la Commission (européenne) est chargée de négocier ici à l'OMC au nom de tous les Etats membres". "Nous continuerons ainsi sur la base du mandat dont nous disposons", a-t-il ajouté à son arrivée à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Genève pour une nouvelle séance de négociations entre les sept grands acteurs de l'OMC.
Ce n'est pas la première fois que le ton monte entre le chef de l'Etat et le commissaire européen au Commerce. Alors qu'en juin, le premier avait accusé le second d'être responsable du "non" irlandais au traité de Lisbonne, Mandelson avait reproché, début juillet, à Sarkozy de "saper" les négociations entre l'UE et l'OMC. C'était après une sortie du chef de l'Etat, qui affirmait qu'il ne "laisserait pas faire" un accord que le directeur général de l'OMC, Pascal "Lamy et M. Mandelson voudraient nous faire accepter" et qui sacrifierait la production agricole "sur l'autel du libéralisme mondial".
Cet accord que dénonce Sarkozy est l'objet d'interminables discussions entre les Etats-Unis, l'Union européenne, l'Inde, le Brésil, le Japon, l'Australie et la Chine. Les négociations se sont poursuivies jusqu'à près de quatre heures du matin dans la nuit de mercredi à jeudi, sous la coordination du directeur de l'OMC, Pascal Lamy, pour tenter de parvenir à un accord sur les principaux points du cycle de Doha, démarré il y a sept ans. Jeudi, un petit cénacle de grands acteurs de l'économie mondiale essayait toujours péniblement de rapprocher les positions.
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