Sarkozy propose une présidence à trois tous les 18 mois

le 05 juillet 2008 à 12h22 , mis à jour le 05 juillet 2008 à 16h11

Samedi, lors du conseil national de l'UMP, le chef de l'Etat a souhaité mettre fin à la présidence tournante de l'Union européenne tous les six mois.

Nicolas Sarkozy, lors du Conseil national de l'UMP, le 5 juillet 2008Nicolas Sarkozy, lors du Conseil national de l'UMP, le 5 juillet 2008 © LCI

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Sarkozy s'en prend à la BCE
 

La présidence tournante tous les six mois, un concept obsolète ? Pour Nicolas Sarkozy, oui. Le chef de l'Etat, qui a pris la présidence de l'Union européenne le 1er juillet, s'est prononcé samedi pour une présidence glissante de 18 mois de l'Union, assurée conjointement par trois pays. La France passera le relais à la République tchèque le 1er janvier, avant une présidence suédoise au deuxième semestre 2009.

Lors du Conseil national de l'UMP consacré à l'Europe, le président de la République a également annoncé qu'il rencontrerait le 12 juillet les Premiers ministres tchèque et suédois pour "harmoniser" leurs positions. "L'Europe ne peut se payer le luxe de la division pendant les 18 mois qui viennent". Il a dit avoir bon espoir de convaincre la République tchèque de signer le traité de Lisbonne, et a exhorté le président polonais Lech Kaczynski à le ratifier. "Il a signé à Bruxelles, il doit ratifier à Varsovie, c'est une question de morale et une question d'honneur, la Pologne doit honorer sa signature", a dit Nicolas Sarkozy en rappelant qu'il verrait Kaczynski lors du sommet de l'Union pour la Méditerranée le 13 juillet. "J'ai confiance dans le président polonais", a-t-il insisté. Nicolas Sarkozy a estimé que l'Europe était la "plus belle idée du XXe siècle", avait apporté à la France modernisation, prospérité et démocratie. "Sans l'Europe, la France serait moins puissante, c'est la vérité, la France a besoin de l'Europe et l'Europe nous a apporté beaucoup", a-t-il dit, en promettant de travailler "la main dans la main" avec la Commission et le Parlement européen.

Sarkozy en colère contre la BCE

Poursuivant dans sa volonté de réforme, cette fois-ci sur le plan mondial, le chef de l'Etat a affiché sa volonté d'ouvrir les sommets des pays riches aux puissances émergentes comme la Chine et l'Inde, et de représentants de l'Afrique et de l'Amérique du Sud. "Je suis de ceux qui pensent qu'il n'est pas raisonnable de réunir le G8", a déclaré le président français lors d'un Conseil national de l'UMP consacré à l'Europe, et avant l'ouverture lundi au Japon du sommet des huit grandes puissances économiques. "Je pense que ce n'est pas raisonnable de continuer a se réunir à huit pour régler les grandes questions du monde, en oubliant la Chine - un milliard 300 millions, d'habitants - en n'invitant pas l'Inde - un milliard d'habitants - en ayant aucun pays arabe, en ayant aucun pays africain et en ayant aucun pays de l'Amérique latine", a-t-il ajouté. "Ce n'est pas raisonnable, ce n'est pas juste, le monde est universel, le monde est multipolaire", a dit encore le président français. Créé en 1975, le club des principales puissances rassemblait à l'origine six pays: Etats-Unis, Allemagne, Japon, Grande-Bretagne, France et Italie. Il fut élargi un an plus tard au Canada, avant d'accueillir la Russie en son sein en 1998.
 
Lors de son discours, le chef de l'Etat qui a pris la présidence de l'Union européenne pour six mois cette semaine a également critiqué la décision de la Banque centrale européenne de relever ses taux directeurs à 4,25%, "alors que les Américains ont des taux à 2%". "J'ai été de ceux qui ont voté l'indépendance de la Banque centrale européenne et je ne le regrette pas, j'ai été de ceux qui ont voté la création de l'euro et je ne le regrette pas. Les autorités monétaires ont fait un travail remarquable pour mettre en place l'euro", a-t-il dit. Déplorant le "dumping social" auquel l'Europe est confrontée, il s'est demandé si "on doit subir en plus un dumping monétaire qui met à genoux les entreprises européennes qui veulent continuer à exporter". Cette question là doit être posée de "manière respectueuse et démocratique", a-t-il estimé. 

D'après agence

Barroso appelle les 27 à parachever le processus de ratification

Le président de la Commission européenne José  Manuel Barroso a appelé à un "effort" collectif pour parachever le processus de  ratification du Traité de Lisbonne, samedi, lors du Conseil national de l'UMP sur l'Europe. "Une fois terminé ce processus, nous pourrons discuter avec nos amis  irlandais", a-t-il ajouté. Le président de la Commission a mis en garde contre la "tentation de rendre Bruxelles responsable de tous nos problèmes". Il a assuré que "face aux défis globaux", l'Europe avait besoin de "réponses  globales" pour poursuivre "ce parcours à 27", avant de citer le proverbe: "si  vous voulez aller vite, partez seul, si vous voulez aller loin, partez  ensemble".

le 05 juillet 2008 à 12:22
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7 Commentaires

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  • Norton, le 05/07/2008 à 14h39

    Oui il a raison ; 6 mois cest vraiment trop court que peut on faire en si peut de temps ! c est d une stupidité !

  • Tavio, le 05/07/2008 à 14h24

    Très bonne initiative ! Monsieur Sarkosy à tout à fait raison. Ainsi, tout le Monde prendra ses responsabilités. Tavio.

  • Sam, le 05/07/2008 à 14h10

    Comment fonctionnerait l'aigle à 3 têtes ? Quand on le saura, on pourra avoir une opinion.

  • Zette 74, le 05/07/2008 à 13h59

    L'Europe a besoin d'une politique forte, innovante mais stable. Donc une présidence qui change tous les 6 mois ne peut pas aller de l'avant.La proposition du président Sarkozy me semble justifiée. Il est temps pour les 27 états partenaires de prendre des décisions courageuses dans l'intérêt des européens.Il est impensable de continuer à bricoler.

  • Hiaho, le 05/07/2008 à 13h54

    C'est une très bonne idée, car pour espérer quelques résultats tangibles, il faut pouvoir maintenir le cap au moins 18 mois, voir plus !

  • Titus, le 05/07/2008 à 13h36

    Avantage : si le président est flanqué de 2 vices présidents dont l'un serait le précédent président et l'autre le prochain , on aurait un meilleur suivi des dossiers , un meilleur lissage. Inconvénients : - le lissage empèche toute remise en cause, on ne fait plus machine arrière même si l'on s'aperçoit que l'on s'est trompé ( ou pire qu'il y a eu magouille - de part le lissage celles ci ne sont découvertes que plusieurs années plus tard et comme tout le monde y a trempé on persite dans l'erreur ) - on se dirige vers un gouvernement collégial, dont aucun membre n'est élu NI RESPONSABLE DEVANT AUCUNE INSTANCE, donc totalement anti-démocratique donc je suis contre. en ce qui concerne l'élargissement du G8 , cela en ferait un espèce d'embrion d'un gouvernement mondial , sir le monde est multipolaire , c'est une raison de plus pour ne pas le gérer de manière mono-polaire.

  • Mickael, le 05/07/2008 à 13h04

    Il a raison sur un point, la critique de la Banque Centrale Européenne qui est complètement déconnectée du réel. Pour le reste comme d'hab, un beau discours, un assez beau projet, de belles propositions et concrètement....RIEN.

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