Nicolas Sarkozy, lors du Conseil national de l'UMP, le 5 juillet 2008 © LCI![]() |
| Sarkozy s'en prend à la BCE |
La présidence tournante tous les six mois, un concept obsolète ? Pour Nicolas Sarkozy, oui. Le chef de l'Etat, qui a pris la présidence de l'Union européenne le 1er juillet, s'est prononcé samedi pour une présidence glissante de 18 mois de l'Union, assurée conjointement par trois pays. La France passera le relais à la République tchèque le 1er janvier, avant une présidence suédoise au deuxième semestre 2009.
Lors du Conseil national de l'UMP consacré à l'Europe, le président de la République a également annoncé qu'il rencontrerait le 12 juillet les Premiers ministres tchèque et suédois pour "harmoniser" leurs positions. "L'Europe ne peut se payer le luxe de la division pendant les 18 mois qui viennent". Il a dit avoir bon espoir de convaincre la République tchèque de signer le traité de Lisbonne, et a exhorté le président polonais Lech Kaczynski à le ratifier. "Il a signé à Bruxelles, il doit ratifier à Varsovie, c'est une question de morale et une question d'honneur, la Pologne doit honorer sa signature", a dit Nicolas Sarkozy en rappelant qu'il verrait Kaczynski lors du sommet de l'Union pour la Méditerranée le 13 juillet. "J'ai confiance dans le président polonais", a-t-il insisté. Nicolas Sarkozy a estimé que l'Europe était la "plus belle idée du XXe siècle", avait apporté à la France modernisation, prospérité et démocratie. "Sans l'Europe, la France serait moins puissante, c'est la vérité, la France a besoin de l'Europe et l'Europe nous a apporté beaucoup", a-t-il dit, en promettant de travailler "la main dans la main" avec la Commission et le Parlement européen.
Sarkozy en colère contre la BCE
Poursuivant dans sa volonté de réforme, cette fois-ci sur le plan mondial, le chef de l'Etat a affiché sa volonté d'ouvrir les sommets des pays riches aux puissances émergentes comme la Chine et l'Inde, et de représentants de l'Afrique et de l'Amérique du Sud. "Je suis de ceux qui pensent qu'il n'est pas raisonnable de réunir le G8", a déclaré le président français lors d'un Conseil national de l'UMP consacré à l'Europe, et avant l'ouverture lundi au Japon du sommet des huit grandes puissances économiques. "Je pense que ce n'est pas raisonnable de continuer a se réunir à huit pour régler les grandes questions du monde, en oubliant la Chine - un milliard 300 millions, d'habitants - en n'invitant pas l'Inde - un milliard d'habitants - en ayant aucun pays arabe, en ayant aucun pays africain et en ayant aucun pays de l'Amérique latine", a-t-il ajouté. "Ce n'est pas raisonnable, ce n'est pas juste, le monde est universel, le monde est multipolaire", a dit encore le président français. Créé en 1975, le club des principales puissances rassemblait à l'origine six pays: Etats-Unis, Allemagne, Japon, Grande-Bretagne, France et Italie. Il fut élargi un an plus tard au Canada, avant d'accueillir la Russie en son sein en 1998.
Lors de son discours, le chef de l'Etat qui a pris la présidence de l'Union européenne pour six mois cette semaine a également critiqué la décision de la Banque centrale européenne de relever ses taux directeurs à 4,25%, "alors que les Américains ont des taux à 2%". "J'ai été de ceux qui ont voté l'indépendance de la Banque centrale européenne et je ne le regrette pas, j'ai été de ceux qui ont voté la création de l'euro et je ne le regrette pas. Les autorités monétaires ont fait un travail remarquable pour mettre en place l'euro", a-t-il dit. Déplorant le "dumping social" auquel l'Europe est confrontée, il s'est demandé si "on doit subir en plus un dumping monétaire qui met à genoux les entreprises européennes qui veulent continuer à exporter". Cette question là doit être posée de "manière respectueuse et démocratique", a-t-il estimé.
D'après agence
Barroso appelle les 27 à parachever le processus de ratification |
Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a appelé à un "effort" collectif pour parachever le processus de ratification du Traité de Lisbonne, samedi, lors du Conseil national de l'UMP sur l'Europe. "Une fois terminé ce processus, nous pourrons discuter avec nos amis irlandais", a-t-il ajouté. Le président de la Commission a mis en garde contre la "tentation de rendre Bruxelles responsable de tous nos problèmes". Il a assuré que "face aux défis globaux", l'Europe avait besoin de "réponses globales" pour poursuivre "ce parcours à 27", avant de citer le proverbe: "si vous voulez aller vite, partez seul, si vous voulez aller loin, partez ensemble". |
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