Nicolas Sarkozy et son homologue polonais Lech Kaczynski, le 22 juillet 2007 © TF1-LCILe bras de fer entre le président polonais et Nicolas Sarkozy continue. Lech Kaczynski a affirmé mercredi qu'il ne ratifierait pas le traité européen de Lisbonne tant que l'Irlande ne l'aura pas approuvé dans un nouveau référendum. "Si l'Irlande prend une autre décision, non pas sous pression mais de la même manière que celle qui a été prise, la Pologne ne posera pas d'obstacle", a-t-il déclaré. Conservateur volontiers eurosceptique, Lech Kaczynski avait provoqué un coup de tonnerre mardi en annonçant, au premier jour de la présidence française de l'Union, qu'il se refusait à ratifier "pour le moment" le traité de Lisbonne, censé améliorer le fonctionnement de l'UE.
Le texte est sérieusement menacé depuis qu'une majorité d'électeurs irlandais a rejeté le traité dans un référendum le 12 juin. Pour entrer en vigueur, il faut théoriquement qu'il soit ratifié par les 27 pays membres de l'UE. La stratégie des principaux pays de l'UE comme la France et l'Allemagne est d'achever la ratification dans tous les autres pays afin d'isoler l'Irlande et de la pousser à trouver une solution.
Kaczynski : "la société polonaise est euro-enthousiaste"
Répliquant à l'appel de Nicolas Sarkozy à son sens moral et à son honnêteté pour qu'il ratifie un texte qu'il avait lui-même négocié et signé, Lech Kaczynski s'est borné à répondre qu'il espérait s'expliquer avec lui à Paris le 13 juillet. "Nous allons mettre au clair certaines choses", a-t-il dit. Habitué des coups d'éclat et des blocages dans l'UE quand son frère jumeau Jaroslaw était Premier ministre jusqu'à sa défaite électorale en octobre, Lech Kaczynski assure qu'il n'a pas peur des pressions de ses pairs. "Même si je heurte de front les autres pays de l'UE, il faut répondre à la question de savoir, que doit être l'UE dans l'avenir ? Une Union dominée par les plus grands où les moins grands ne jouent qu'un rôle complémentaire, ou bien une Union démocratique de 27 pays et davantage dans l'avenir", a-t-il dit.
La Constitution polonaise ne prévoit aucune disposition en cas de refus du président de ratifier un traité, même approuvé par le Parlement. Les parlementaires polonais ont achevé l'approbation début avril. Le président Kaczynski a ainsi en main une arme importante face au gouvernement qui craint pour l'image de la Pologne dans l'UE. Il n'est pas sûr que la carte de l'euroscepticisme soit très payante. Paradoxalement, Lech Kaczynski reconnaît lui-même que "la société polonaise est absolument euro-enthousiaste". "Les Polonais admirent actuellement l'UE et je n'en suis pas étonné. La Pologne a beaucoup changé en mieux depuis quatre ans", admet-il.
D'après agence
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