Nicolas Sarkozy au Creusot, le 3 juillet 2008 © LCI"J'ai besoin de comprendre le message que les Irlandais veulent faire passer en votant non à un traité signé par les représentants de 27 pays". C'est donc pour décrypter ce message que Nicolas Sarkozy , président en exercice de l'Union européenne, fait, lundi, le déplacement à Dublin pour ce qu'il qualifie lui-même de "visite d'écoute". "J'étais l'un des premiers leaders européens à dire publiquement que la décision démocratique du peuple irlandais devait être respectée", ajoute le chef de l'Etat qui a d'ores et déjà rejeté l'idée que les 26 autres membres de l'Union européenne puissent appliquer le traité de Lisbonne sans l'Irlande.
La visite, qui durera six heures environ, débutera par un entretien en tête-à-tête avec Brian Cowen, le Premier ministre irlandais, qui sera suivi d'un déjeuner de travail d'une à deux heures. Les deux dirigeants tiendront ensuite une conférence de presse commune. Nicolas Sarkozy se rendra ensuite à la résidence de France à Dublin pour y rencontrer des personnalités irlandaises, favorables ou non au traité de Lisbonne. Il rencontrera des responsables socio-professionnels ainsi que les dirigeants du People's mouvement - tendance verte, qui a appelé au non -, le National youth council, les jeunes Irlandais ayant majoritairement voté non, ou encore Pat Cox, l'ancien président du Parlement européen (favorable au oui). "Cette écoute se fera à huis-clos pour que chacun puisse s'exprimer librement" et "qu'on ne se sente pas obligé de jouer les prolongations de la campagne", justifie l'Elysée.
"Une répétition du débat"
La visite du président français en Irlande intervient toutefois dans un contexte de tensions entre Paris et Dublin. Récemment, les propos de Nicolas Sarkozy sur la nécessité de faire "revoter" les Irlandais, avaient crispé les rapports entre les deux pays. Le leader du parti travailliste de centre-gauche, Eamon Gilmore, a décliné l'invitation à se rendre à une table ronde avec le président français, critiquant le format de la rencontre. "Le temps alloué ne va pas permettre de s'attaquer vraiment aux problèmes. Selon toute probabilité une telle rencontre va être une répétition du débat sur le traité de Lisbonne. Ce débat est terminé et le référendum a déjà fourni un résultat", a-t-il relevé.
Enda Kenny, chef du principal parti d'opposition, le Fine Gael, de centre-droit, pourrait également boycotter la rencontre selon des médias irlandais. Les deux chefs de parti, qui avaient fait campagne pour le traité, ont reçu "avec colère" l'offre d'une rencontre d'une heure à l'ambassade de France à Dublin, notamment parce qu'ils auraient le même statut que des opposants au traité non élus.
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