Nicolas Sarkozy au Creusot, le 3 juillet 2008 © LCIA 48 heures d'un déplacement à Dublin qui s'annonce tendu, Nicolas Sarkozy a accordé samedi un entretien au quotidien irlandais Irish Times, dans lequel il explique les raisons de sa venue. Le chef de l'Etat, qui exerce également pour six mois la présidence de l'Union européenne, dit vouloir entendre "le message que les Irlandais ont voulu adresser en disant 'non' à un traité signé par les représentants des 27" et trouver les moyens "d'apporter les véritables réponses aux inquiétudes des Irlandais".
Au cours de cette visite de quelques heures, son premier déplacement à l'étranger en tant que président en exercice du Conseil européen, Sarkozy s'entretiendra avec le Premier ministre irlandais Brian Cowen et rencontrera divers membres de la société irlandaise : des représentants du monde politique, des syndicats, du patronat, des jeunes et des agriculteurs.
N'écarter aucune "solution"
L'opposition travailliste, qui avait appelé à voter "oui" au référendum, a refusé de le rencontrer. "L'idée selon laquelle le président Sarkozy pourrait venir en Irlande et nous persuader de changer d'avis, ou d'écouter ce que nous avons à dire en donnant à chacun d'entre nous trois minutes comporte un peu d'arrogance", a dit le leader travailliste Eamon Gilmore. En votant "non" à plus de 53%, les Irlandais "n'ont pas voulu garder le traité de Nice. Il me semble qu'ils ont plutôt voulu faire part de leurs inquiétudes et sur la manière dont l'Europe fonctionne", estime Nicolas Sarkozy dans les colonnes de l'Irish Times.
Au chapitre des marges de manoeuvres, le président français ne semble pas convaincu par l'idée de permettre à tous les pays, dont l'Irlande, de conserver un commissaire européen permanent. "Je ne suis pas sûr qu'une commission pléthorique pourrait remplir sa tâche avec toute l'efficacité nécessaire", dit-il. "Mais je ne veux écarter a priori aucune solution qui serait compatible avec les traités et serait acceptable pour nous." Le chef de l'Etat juge par ailleurs compatible la construction d'une Europe de la défense avec le respect de la neutralité irlandaise. "Au cours des dernières années, l'Union européenne a conduit des opérations militaires : c'est le cas actuellement au Tchad, avec l'Eufor, commandée par un général irlandais Patrick Nash." "Je ne crois pas que cela a nui à la neutralité irlandaise et je ne vois pas comment cela pourrait le faire puisque les décisions en la matière se prennent et continueront à se prendre à l'unanimité", dit-il.
D'après agence
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