Nicolas Sarkozy et Brian Cowen, le Premier ministre irlandais, à Dublin, le 21 juillet 2008 © TF1/LCIArrivé à la mi-journée, Nicolas Sarkozy a effectué lundi un voyage éclair de six heures ce lundi à Dublin pour "une visite d'écoute" visant à comprendre les raisons du rejet par les Irlandais du traité de Lisbonne. Craignant qu'il ne veuille les contraindre à revoter, des dizaines de manifestants ont protesté contre sa venue aux abords de la résidence du Premier ministre, Brian Cowen. ils affichaient notamment des banderoles sur lesquelles on pouvait lire : "Sarkozy, no means no" (Sarkozy, un "non" est un "non").
Avant même la rencontre entre les deux hommes, le Premier ministre avait lui-même réaffirmé que son pays avait besoin de "patience" et de "compréhension" après le "non" lancé il y a cinq semaines par 53,4% de ses concitoyens. "J'ai activement fait campagne pour le 'oui'. J'ai été très déçu par le résultat (...) mais nous vivons en démocratie", écrivait-il dans une tribune publiée dans l'Irish Times et qui semblait adressée à Nicolas Sarkozy, dont les propos tenus mardi dernier à huis clos présentant un nouveau référendum irlandais comme inéluctable ont froissé nombre de "nonistes". Juste après son arrivée, un communiqué commun atténuait néanmoins cette "ingérence" et joueait la carte de la diplomatie : "le président de la République française a confirmé qu'il respectait le résultat du référendum irlandais mais s'est félicité de constater que le processus de ratification se poursuivait dans les autres Etats membres" de l'Union européenne.
Le président français Nicolas Sarkozy, président en exercice du Conseil européen, a cherché à rassurer les Irlandais en leur certifiant que l'Union européenne ne voulait "pas leur imposer" une solution après leur rejet du traité de lisbonne. "Je n'ai jamais dit que l'Irlande devait convoquer un nouveau référendum", a déclaré Nicolas Sarkozy. "Nous n'avons pas la solution miracle et surtout nous ne voulons pas l'imposer, nous voulons que le peuple irlandais se sente respecté dans son choix mais nous devons également tenir compte du fait qu'avec l'Italie bientôt, c'est 24 pays qui auront ratifié le traité de Lisbonne", a déclaré le chef d'Etat français.
Rendez-vous en septembre
Après un premier tête-à-tête avec Brian Cowen, Nicolas Sarkozy a eu un déjeuner de travail en présence des ministres des Affaires étrangères français Bernard Kouchner et irlandais Micheal Martin. Il a ensuite rencontré des chrétiens démocrates et des travaillistes, partisans du "oui", qui ont obtenu une rencontre particulière après avoir refusé d'être "mélangés" aux autres personnalités irlandaises conviées à la Résidence de France. Nicolas Sarkozy s'est entretenu avec ces dernières dans un deuxième temps. Chaque représentant - des jeunes, des fermiers, des syndicats, du patronat, leaders politiques partisans du "non" comme Gerry Adams, du parti nationaliste Sinn Féin, etc - ont eu trois minutes pour s'exprimer.
La visite de Nicolas Sarkozy s'est terminée par une conférence de presse avec Brian Cowen. Devant les journalistes, les deux hommes ont tenu leur position respective. Le Premier ministre irlandais a souligné que son pays "avait besoin de temps". Nicolas Sarkozy a redit qu'il "respectait" le "non" et que tout élargissement de l'UE était de fait bloqué avant l'adoption du traité de Lisbonne. Les deux hommes ont convenu de se retrouver en septembre à Paris.
(D'après agence)
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