Le dalaï lama le 16 mars 2008 en Inde © TF1/LCILe dalaï-lama est arrivé lundi en France pour une visite de douze jours à caractère essentiellement religieux mais qui n'en est pas moins symbolique alors que les Jeux olympiques se déroulent à Pékin. L'avion du chef temporel et spirituel du bouddhisme tibétain en provenance de New Delhi s'est posé au terminal 2 A de l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle peu après 6h. Le dalaï lama y a été accueilli dans la plus grande discrétion par des membres de sa communauté religieuse avec lesquels il a quitté l'aéroport.
Le dalaï lama s'est ensuite rendu au temple bouddhiste de Veneux-les-Sablons en Seine-et-Marne, où il "se repose", avant d'entamer mardi un lourd programme de visites et d'enseignements dans toute la France. Il passera la journée et la nuit au temple Yiga Tcheudzine de Veneux-les-Sablons, qu'il bénira mardi au cours d'une cérémonie "privée", à laquelle assisteront quelque 600 personnes. Il devrait à cette occasion prononcer une "prière pour la paix" et "un court enseignement sur les trois principes du chemin".
La visite du dalaï lama, 73 ans, prix Nobel de la Paix et figure mondiale de la non-violence, se veut essentiellement religieuse, hormis une rencontre mercredi au Sénat avec les deux groupes parlementaires sur le Tibet. Bien qu'un temps envisagée, aucune rencontre avec le président Sarkozy n'aura finalement lieu, devant l'hostilité exprimée par Pékin. L'ambassadeur de Chine à Paris a récemment déclaré que "le Tibet est une affaire purement chinoise et le dalaï lama quelqu'un qui a une double face et un double langage". Le 6 août, Nicolas Sarkozy avait confirmé qu'il ne rencontrerait pas le dalaï lama lors de sa visite en France, mais indiqué que son épouse assisterait à une cérémonie présidée par le dignitaire tibétain le 22 août.
Visite hautement symnolique
Un communiqué de l'Elysée soulignait que le président de la République comprenait "les raisons qui conduisent le dalaï-lama, compte tenu des circonstances présentes, à ne pas solliciter un entretien durant son séjour au mois d'août en France". Depuis Pékin, où il a assisté à la la cérémonie d'ouverture des jeux, Nicolas Sarkozy a indiqué qu'il aurait l'occasion de rencontrer le dalaï-lama ultérieurement, sans précision de date. Le plus proche conseiller du dignitaire tibétain avait indiqué auparavant que le dalaï-lama n'avait pas demandé d'entretien avec le président français.
Hautement symbolique, la visite du dalaï-lama sera avant tout "spirituelle, religieuse parce que c'était voulu de cette façon là", avait fait savoir un représentant du dalaï-lama en France. Mardi, celui-ci doit effectuer une visite à la pagode de la congrégation vietnamienne d'Evry dans l'Essonne, la plus vaste d'Europe (4.000 m2), où 1500 fidèles sont attendus. Le temps fort de cette visite sera une série d'enseignements dispensés par le responsable bouddhiste à Nantes, du 15 au 20 août. Le dalaï lama visitera aussi des centres et congrégations bouddhiques en région parisienne, en Normandie et Bretagne. Le 22 août, il inaugurera un temple à Roqueredonde (Hérault), en présence de Carla Bruni-Sarkozy. Il achèvera sa visite le 23.
| PS : "Une mise en scène autour de l'épouse du président" |
Le PS a dénoncé lundi la "mise en scène autour de l'épouse du président" Carla Bruni-Sarkozy, investie d'une "mission pseudo-diplomatique auprès du dalaï lama", qu'elle doit rencontrer le 22 août. Dans un communiqué, le secrétaire national du PS Faouzi Lamdaoui déclare : " Nicolas Sarkozy tente de masquer le grave échec de sa visite à Pékin en investissant son épouse d'une mission pseudo-diplomatique auprès du dalaï lama", chef spirituel tibétain. "La diplomatie sarkozyste n'a plus aucune cohérence et affaiblit la France" a-t-il ajouté. Un porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, a de son côté assuré "ne même pas comprendre qu'il y ait de polémique" à propos du fait que le président Sarkozy ne recevra pas le dalaï lama. "A partir du moment où le dalaï lama demande que les JO se passent bien, qu'il n'y ait pas de rencontres qui puissent provoquer ensuite des incidents au Tibet, franchement la faute politique aurait été au contraire de tout faire pour le rencontrer contre son gré", a-t-il déclaré sur France Inter. Un autre député UMP, Lionnel Luca, président du groupe d'études sur le Tibet à l'Assemblée nationale, a jugé "indécent" que le dalaï lama soit reçu à huis clos mercredi au Sénat, dans un entretien publié lundi par Le Parisien. "Le Sénat et l'Assemblée ont reçu en grande pompe Mme Betancourt, et on fait passer le dalaï lama par la cave!", proteste-t-il. |
(D'après agence)
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