Sarkozy à New York sur fond de crise financière

le 22 septembre 2008 à 05h45 , mis à jour le 22 septembre 2008 à 20h01

Le chef de l'Etat français est à New York pour participer à l'Assemblée générale des Nations unies. La crise financière internationale occupera une bonne partie de son agenda.

Nicolas Sarkozy s'exprimant devant l'Assemblée générale de l'Onu (22 septembre 2008)Nicolas Sarkozy s'exprimant devant l'Assemblée générale de l'Onu (22 septembre 2008) © TF1/LCI

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Sarkozy veut éviter "les erreurs du passé" en Afrique
 

L'Assemblée générale de l'Onu ouvre ce mardi son débat annuel dans un climat international plombé non seulement par le conflit géorgien, mais aussi par une crise économique globale. Ce rendez-vous rituel qui réunit plus de 120 chefs d'Etat ou de gouvernement a cette année pour thème la bataille pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), consistant à réduire de moitié la grande pauvreté d'ici à 2015, sur fond de hausse vertigineuse des prix alimentaires et énergétiques.

Un sommet sur la mise en oeuvre des OMD dans le monde se tiendra jeudi en marge du débat général, avec la participation d'acteurs du secteur privé et de la société civile. Il sera précédé, lundi, par un sommet sur le développement en Afrique, seul continent encore à la traîne pour les OMD. Mercredi, le Conseil de sécurité profitera de la présence de chefs d'Etat pour tenir une réunion de haut niveau sur "la médiation et le règlement des conflits", autour du président burkinabè Blaise Compaoré, dont le pays assure la présidence tournante du Conseil.

Plaidoyer attendu pour une réponse européenne

Nicolas Sarkozy, arrivé à New York samedi, avec son épouse, pour un séjour privé, a eu dès lundi l'occasion de s'exprimer une première fois lors d'une réunion sur les "besoins de développement de l'Afrique". Il a lancé un appel à la communauté internationale pour qu'elle évite à l'égard de l'Afrique ce qu'il a appelé les erreurs du passé, notamment en matière d'endettement. Il a aussi eu l'occasion de s'entretenir sur la crise financière internationale avec le président de la Réserve fédérale de New York, Timothy Geithner, qui est en première ligne dans la gestion des événements. Mais les premiers points forts de cette Assemblée générale sont plutôt attendus mardi matin. Nicolas Sarkozy montera alors à la tribune après le dernier discours de George W. Bush comme président des Etats-Unis. Le chef de l'Etat français, qui a ouvertement critiqué, sur la scène politique française, les "excès" de la spéculation, devrait appeler une nouvelle fois, comme il l'avait déjà fait un an plus tôt, à la "moralisation du capitalisme financier". Tout en se montrant prudent sur ce thème, comme on le souligne dans son entourage, car le sujet "ne se traite pas sur la place publique", mais plutôt "dans la discrétion" des coulisses.

Le président français pourrait aussi plaider devant l'assemblée générale de l'Onu, en tant que président en exercice du Conseil européen, pour une réponse européenne. Il s'exaspère notamment de voir les 27 tarder à prendre des mesures de régulation des marchés financiers. Il a écrit le 10 septembre au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, pour souhaiter que le prochain conseil européen, à la mi-octobre, accélère le mouvement.

Les retombées de la débâcle des crédits immobiliers

Par leur impact sur l'économie mondiale, les retombées de la débâcle des crédits immobiliers américains contribuent à ronger les marges de manoeuvre budgétaires du gouvernement français et compliquent la réalisation des promesses électorales de celui qui voulait être "le président du pouvoir d'achat". Seulement 500 jours après son arrivée à l'Elysée, des promesses de Nicolas Sarkozy paraissent déjà hors d'atteinte, comme la réduction de 68 milliards d'euros des prélèvements obligatoires en cinq ans, le retour des finances publiques à l'équilibre en 2012 ou la hausse de 25% du minimum vieillesse. Selon un sondage de l'Ifop pour le Journal du Dimanche, la crise financière internationale et ses éventuelles conséquences pour l'économie française inquiètent 81% des Français. Les économistes tablent au mieux, en 2008, sur une croissance de 1% du PIB de la France, où le chômage a cessé de baisser au deuxième trimestre.

Outre sa casquette de président en exercice de l'UE, Nicolas Sarkozy montera aussi mardi à la tribune en tant que négociateur de l'accord de paix russo-géorgien, alors que la crise abkhaze a contribué elle aussi à rafraîchir de manière conséquente le climat international. Le même jour, le président géorgien Mikheïl Saakachvili doit pour sa part lancer "un appel à l'aide à la communauté internationale" après la reconnaissance par Moscou de l'indépendance de ses provinces séparatistes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud. Très attendus également seront les propos que tiendra le ministre russe des affaires étrangères Serguei Lavrov, tant dans son discours samedi que dans ses rencontres avec les dirigeants occidentaux, après l'intervention militaire de son pays en Géorgie qui a fait dire à la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice que la Russie était de plus en plus "autoritaire" et "agressive".

D'après agences

le 22 septembre 2008 à 05:45
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