Dominique Strauss-Kahn, le 1er octobre © TF1/LCI
Le directeur du Fonds monétaire international (FMI), le Français Dominique Strauss-Kahn, fait l'objet d'une enquête sur un possible abus de pouvoir dans le cadre de relations intimes avec une subordonnée.
Selon une information révélée samedi matin par le journal d'affaires américain The Wall Street Journal et confirmée plus tard par le FMI, la société Morgan, Lewis & Bockius LLP a été chargée de mener l'enquête et devrait rendre ses conclusions fin octobre. L'enquête porte au départ sur des "relations intimes" que M. Strauss-Kahn, ancien ministre français de l'Economie âgé de 59 ans, aurait entretenues avec Piroska Nagy, une ancienne haute responsable d'origine hongroise du département Afrique du FMI et mariée. Tous deux auraient échangé des courriels relatifs à leur relation. Les courriels ont été découverts par l'époux de Piroska Nagy, un économiste argentin renommé, Mario Blejer, autrefois employé au FMI.
"A aucun moment, je n'ai abusé de ma position"
L'affaire pourrait être tristement banale. Sauf que les enquêteurs se demandent si Dominique Strauss-Kahn a fait preuve de favoritisme à l'égard de Mme Nagy, ou au contraire, aurait tenté de se venger en poussant sa subordonnée à quitter le FMI. Ils voudraient ainsi savoir si les émoluments touchés par l'économiste hongroise à son départ de l'institution étaient ou non excessifs par rapport à sa position hiérarchique. Dans un communiqué cité par le quotidien économique new-yorkais, le directeur du FMI indique qu'il coopère avec l'enquête. "L'incident qui s'est produit dans ma vie privée" a eu lieu en janvier 2008, a-t-il déclaré dans ce texte cité par le journal. "A aucun moment, je n'ai abusé de ma position de directeur du fonds", affirme-t-il.
Le conseil de Piroska Nagy, Robert Litt, assure qu'elle n'a subi aucun pression pour quitter le FMI et qu'elle a touché une prime de départ semblable aux autres salariés de son rang. L'enquête a été réclamée par Shakour Shaalan, qui représente l'Egypte et d'autres pays arabes au conseil d'administration du FMI, sous les conseils de représentants de la Russie et des Etats-Unis, indique encore le quotidien américain.
Le précédent Wolfowitz
En menant une enquête rapide, le FMI espère éviter le scandale qui a éclaboussé l'an dernier la Banque mondiale mais la tâche s'avèrera compliquée si les accusations portées contre son directeur général sont corroborées. En 2007, le président de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz, avait dû quitter ses fonctions après avoir été accusé d'avoir personnellement demandé l'avancement de sa compagne, également employée par la Banque mondiale. Il avait annoncé son départ de l'organisation multilatérale le 17 mai 2007, après six semaines d'une crise qui avait sérieusement ébranlé la crédibilité de l'institution et de ses procédures de contrôle en matière de conflits d'intérêts.
Or un scandale d'une telle envergure serait malvenu pour le FMI à un moment où l'institution se concentre sur le soutien aux pays les plus touchés par la crise financière. L'institution, qui réunit 185 pays, a multiplié les interventions depuis l'éclatement de la crise en septembre, plaidant en faveur d'actions concertées entre Etats. Elle a contribué au vaste plan de soutien élaboré par les pays du G7, le week-end dernier à Washington. Dominique Strauss-Kahn, marié à la journaliste Anne Sinclair, est père de quatre enfants, nés de deux précédentes unions.
(D'après agence)
Retour MYTF1
Chargement en cours...




