Sarkozy en visite express à Québec

le 18 octobre 2008 à 08h27 , mis à jour le 18 octobre 2008 à 22h13

Attendu aux Etats-Unis samedi, le président français devait écourter sa présence au sommet de la Francophonie, largement dominé par les thèmes économiques.

sarkozy québecNicolas Sarkozy. © TF1/LCI
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Sarkozy : la crise n'est pas
qu'une "parenthèse"

 

Crise financière oblige, le sommet entre l'Union européenne et le Canada et celui de la Francophonie, ont été dominés vendredi à Québec par les thèmes économiques. Nicolas Sarkozy doit par ailleurs écourter sa visite au Québec et s'envoler samedi à Camp David où ils rencontrera le président George W. Bush.
 
Le président en exercice de l'UE Nicolas Sarkozy, arrivé vendredi dans la matinée avec le président de la commission européenne Jose Manuel Barroso, a estimé que "le principe était acquis" d'un sommet international destiné à "refonder un capitalisme plus respectueux de l'Homme". Selon lui, ce sommet devrait réunir les pays du G8, élargi au G5, c'est-à-dire les cinq pays émergents que sont la Chine, l'Inde, le Brésil, le Mexique et l'Afrique du Sud, ainsi qu'à "un pays arabe", sans quoi, selon lui, un tel sommet serait "étrange". Le président français a également jugé que "la plus grande erreur serait de ne voir dans (la) crise financière qu'une parenthèse et de croire qu'une fois les marchés calmés et les banques sauvées, tout pourrait recommencer comme avant". Dans un communiqué, Nicolas Sarkozy, José Manuel Barroso et le premier ministre canadien Stephen Harper ont "salué les mesures qui ont d'ores et déjà été prises pour répondre à la crise financière et convenu de coordonner leurs actions nationales et collectives face à cette crise".

Relayé par Fillon au sommet de la Francophonie
  
La tourmente financière s'est aussi invitée au sommet de la Francophonie, qui a débuté dans la soirée en présence du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et d'une trentaine de chefs d'Etat et de gouvernement. En ouvrant la conférence, M. Harper a invité la communauté internationale à être attentive à l'impact de la crise financière internationale sur les pays pauvres. Et M. Sarkozy s'est demandé comment on pouvait "régler les grands problèmes du monde" sans un pays africain ou sud-américain comme membre permanent au Conseil de sécurité de l'ONU. "La crise (financière) doit être une opportunité de bousculer les habitudes et de refuser les facilités", a-t-il plaidé. Selon le projet de déclaration finale, la Francophonie va s'engager à "soutenir la tenue d'un sommet international" pour donner une réponse "urgente et coordonnée" à la crise qui affole les marchés mondiaux. A l'issue de leur sommet, l'Union européenne et le Canada ont annoncé leur intention de lancer un processus visant à parvenir à un "ambitieux" partenariat économique "renforcé" entre eux, mais dont les négociations ne commenceront que l'an prochain.
 
La visite de M. Sarkozy a aussi eu un volet franco-québécois, avec le premier discours devant l'Assemblée nationale québécoise d'un chef de l'Etat français. Il a exalté la relation "unique" entre le Québec et la France, tout en exprimant son amitié pour le Canada. Le président français et le Premier ministre du Québec Jean Charest ont également signé un accord sur la mobilité professionnelle entre le Québec et la France, ce qui constitue une première mondiale entre des gouvernements de deux continents différents. En raison de son départ samedi en milieu de journée pour Camp David, Nicolas Sarkozy n'assistera qu'à la moitié du sommet de la Francophonie, mais il sera relayé par le Premier ministre François Fillon. Une absence d'ores et déjà largement critiquée par la presse québécoise.

Un ex-Premier ministre québécois dénonce violemment les propos de Sarkozy

L'ex-Premier ministre du Québec Jacques Parizeau a vivement dénoncé samedi les propos du président français Nicolas Sarkozy sur l'unité canadienne, l'accusant de dire des "énormités". Le discours de M. Sarkozy "implique un jugement très anti-souveraineté du Québec. C'est dire: nous ne sommes pas d'accord avec la souveraineté du Québec", a estimé M. Parizeau, personnalité incontournable du Parti québécois (PQ, indépendantiste). "Je ne me souviens pas d'avoir jamais vu un chef d'Etat dire ça pendant tous les débats sur la souveraineté du Québec, pendant toute la campagne référendaire. Même Bill Clinton, avant le référendum (de 1995 sur l'indépendance du Québec), n'avait pas été jusque-là", a ajouté M. Parizeau, accusant le président français de s'immiscer dans les affaires intérieures de la province francophone. Dans un discours devant l'Assemblée nationale québécoise et au cours d'une conférence de presse, vendredi, M. Sarkozy avait parlé en termes chaleureux de la "fraternité" entre la France et le Québec, tout en soulignant que celle-ci n'excluait pas l'amitié pour le Canada. "Je ne vois pas au nom de quoi une preuve d'amour de la France pour le Québec fraternel, familial, devrait se nourrir d'une preuve de défiance à l'endroit du Canada", avait-il dit.

(D'après agence)

le 18 octobre 2008 à 08:27
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