
Signe d'un agenda bousculé par la crise et le risque de récession qui sèment la panique sur les marchés financiers, le sommet UE-Canada prévu à l'origine à Montréal se tient à Québec ce vendredi, et le président en exercice de l'UE Nicolas Sarkozy, arrivé vendredi matin (heure locale) va quitter dès samedi midi le sommet de la Francophonie, prévu pour durer jusqu'à dimanche. Le chef de l'Etat français et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso s'envoleront pour les Etats-Unis où ils doivent rencontrer le président américain George W. Bush afin de défendre l'idée d'une refonte complète du système financier mondial.
Des voix s'élèvent sur place pour critiquer "le passage éclair" du chef de l'Etat français, à l'image du quotidien Le Soleil qui y a vu "un fait inusité dans l'histoire" de la Francophonie. Nicolas Sarkozy devrait être remplacé au pied levé par François Fillon. D'où une méfiance qui vient s'ajouter à celle suscitée par les propos du chef de l'Etat en mai, qui avaient déjà inquiété certains Québécois sur sa volonté de maintenir une "relation privilégiée" avec le Québec. Les Québécois attendent à ce propos avec intérêt le discours de Nicolas Sarkozy, premier président français à s'exprimer devant l'assemblée législative du Québec.
"On sent l'inquiétude des pays du Sud"
Présente déjà par son poids sur l'agenda, la crise financière s'est aussi d'ores et déjà invitée dans les thèmes du sommet de la Francophonie. Elle sera tout d'abord au menu du sommet UE-Canada, qui doit aussi lancer des négociations sur un vaste accord de partenariat des deux côtés de l'Atlantique, alors que, selon les chiffres d'Eurostat, le Canada est le 11e partenaire de l'Union européenne, comptant pour 2,1% des exportations de l'UE et 1,6% des importations. Quant au XIIe sommet de la Francophonie, "la déclaration finale devrait accorder une grande place à la crise financière", a indiqué une source proche du dossier. La Francophonie devrait s'engager à "soutenir la tenue d'un sommet international" pour donner une réponse "urgente et coordonnée" à la crise qui affole les marchés mondiaux.
Le sommet de Québec est en outre "le premier forum Nord-Sud à se réunir dans la foulée de cette crise et c'est l'occasion d'en discuter (...), d'essayer d'en mesurer les impacts", notamment sur les pays du Sud, a déclaré récemment le Premier ministre du Québec Jean Charest, co-hôte de la rencontre avec le Premier ministre canadien Stephen Harper. "On sent l'inquiétude des pays du Sud qui craignent d'être les premières victimes de cette crise financière et économique", a souligné pour sa part Alain Joyandet.
Parmi les chefs d'Etats et de gouvernements arrivés à Québec dès jeudi, on trouve le président Gabonais Omar Bongo, ses homologues camerounais Paul Biya et malien Amadou Toumani Touré ; et pour la première fois depuis quatre ans, le président algérien Abdelaziz Bouteflika, dont le pays, ancienne colonie française, a toujours refusé d'entrer dans l'Organisation internationale de la Francophonie, sera présent comme invité spécial. En revanche, les présidents ivoiriens Laurent Gbagbo et rwandais Paul Kagame, devraient être les grands absents.
D'après agence
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