La crise financière et le gaz effacent la Géorgie

le 14 novembre 2008 à 05h45 , mis à jour le 14 novembre 2008 à 09h39

La crise financière et la sécurité énergétique font passer la crise géorgienne au second plan du sommet UE-Russie qui se tient aujourd'hui à Nice.

sarkozy medvedevNicolas Sarkozy et Dmitri Medvedev à Moscou le 12 août 2008 © TF1/LCI

Trois mois après la crise géorgienne, qui avait reporté une série de discussions sur leur partenariat stratégique, Européens et Russes abordent le sommet d'aujourd'hui à Nice avec la volonté, non pas de tourner la page, mais du moins de ranimer une certaine confiance.

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Dans cette optique, depuis août, la donne a en partie changé : l'UE et la Russie ont en effet été durement touchées par la crise financière et économique. Résultat : d'un côté comme de l'autre, la conscience d'une certaine vulnérabilité mutuelle s'est faite plus présente. Alors que l'UE est le premier partenaire économique de la Russie et son principal allié dans sa candidature à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), Moscou est le premier fournisseur des Européens en hydrocarbures et un allié diplomatique dans des dossiers tels que le nucléaire iranien.

Positions convergentes pour le G20
 
Les deux entités ont également des positions convergentes sur les leçons à tirer de la crise : renforcement du rôle du Fonds monétaire international (FMI) et des pays émergents ou nécessité de nouvelles règles du jeu en matière de régulation et de discipline financière. La présidence française juge ainsi que les propositions russes en vue du G20 sont d'une "extrême qualité".  "Je pense que nous allons parler d'une seule voix à Washington", a même lancé jeudi Dmitri Medvedev, le président russe.
 
La Commission européenne estime également positive l'évolution de la position russe sur le changement climatique et sur la question, cruciale pour l'Europe, de la sécurité énergétique.  Alors que la Russie est le premier fournisseur de gaz de l'Europe et son deuxième fournisseur de pétrole, les Vingt-sept ont été marqués par les récentes coupures d'approvisionnement décidées par les Russes dans des Etats de transit et n'ont de cesse depuis de chercher à diversifier leurs sources d'énergie.
 
En août, l'entrée des troupes russes en territoire géorgien, non loin de gazoducs et oléoducs transportant le gaz et le pétrole de la mer Caspienne, a aussi montré la fragilité des acquis européens en la matière. Le commissaire européen à l'Energie, Andris Piebalgs, juge désormais prioritaire pour l'Europe d'avancer sur le projet "Nord Stream" d'un gazoduc entre la Russie et l'Allemagne, passant sous la mère Baltique, ainsi que sur le gazoduc Nabucco, qui prévoit de relier la mer Caspienne à l'Europe en contournant la Russie par le Sud.

La question géorgienne toujours tendue
   
Tous ces enjeux ont de fait relégué la question géorgienne au second plan.  L'UE, si elle s'est montrée favorable à une reprise des discussions car elle y avait un intérêt objectif, continue cependant de refuser tout statu quo en Géorgie et considère que ses relations avec Moscou demeurent "sous surveillance".

Sur ce point, Nicolas Sarkozy, qui a reçu Mikheïl Saakachvili jeudi à l'Elysée, a fermement défendu jeudi sa politique et a rejeté les critiques. Certains pays européens de l'Est estiment en effet que son plan négocié avec Dmitri Medvedev fait la part belle à la Russie et regrettent qu'il ne défende pas explicitement l'intégrité territoriale de la Géorgie.

le 14 novembre 2008 à 05:45
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