© LCI/TF1Malgré les menaces de veto allemand et italien ces derniers jours, les dirigeants de l'UE semblent bien partis pour trouver un accord sur la façon de répartir les efforts pour atteindre leurs ambitieux objectifs. "Un consensus est en train de se dégager et un accord est fort probable demain", a estimé jeudi soir un responsable. "Ca progresse", a sobrement indiqué Nicolas Sarkozy à la sortie des débats. "On se dirige vers un compromis", lui a fait écho le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi.
Les positions ont paru proches dès le premier tour de table sur les dernières propositions soumises par le chef de l'Etat français, dont ce doit être le dernier sommet à la tête de l'Union européenne. Nicolas Sarkozy a eu ensuite un aparté avec les Premier ministres hongrois, polonais et la chancelière allemande Angela Merkel, pour pouvoir soumettre une nouvelle mouture aux experts des 27. L'espoir est qu'il soit ensuite entériné par les dirigeants à la reprise des débats ce vendredi. Mais la Hongrie rechigne à accepter le compromis, car elle juge insuffisant un mécanisme prévu pour aider les pays de l'Est à s'adapter aux nouvelles normes environnementales. D'autre, comme la Suède, ont en revanche fait part de leur intention de renoncer à toute demande pour faciliter un accord. "Je crois que nous pouvons trouver un accord, la proposition soumise par la présidence française est très raisonnable et très équilibrée. Donc il y a une chance solide d'avoir une solution, où il n'y aura ni perdants et ni gagnants", a cependant commenté jeudi soir le tchèque Alexandre Vondra, vice-Premier ministre chargé des affaires européennes.
Les engagements européens... et comment les tenir
Avant le sommet, Angela Merkel et Silvio Berlusconi avaient pourtant menacé d'avoir recours à leur veto s'ils n'obtenaient pas suffisamment d'aménagements pour leurs industries. Mais Nicolas Sarkozy est arrivé à Bruxelles en appelant ses partenaires au compromis, déclarant que "l'Europe ne pouvait pas donner le spectacle de la division". Les Européens subissent aussi la pression de la communauté internationale sur ce thème : l'UE doit faire preuve de "leadership" sur le climat, a ainsi averti depuis la conférence sur le climat de Poznan, en Pologne, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon.
En mars 2007, les Européens s'étaient engagés sur un triple objectif pour 2020 : réduire de 20% leurs émissions de gaz à effet de serre par rapport à leurs niveaux de 1990, porter la part des énergies renouvelables à 20% de la consommation et réaliser 20% d'économies d'énergie. Tous les secteurs économiques doivent participer à l'effort. L'industrie doit réduire de 21% ses émissions sur 8 ans. Les usines européennes rejettent chaque année 2 milliards de tonnes de CO2 dans l'atmosphère, la moitié des émissions de l'UE.
Pour les contraindre à respecter cet objectif, la Commission européenne propose que les industriels achètent aux enchères des quotas d'émissions de CO2 à partir de 2013. Mais Angela Merkel et Silvio Berlusconi ont réclamé et au moins partiellement obtenu d'importantes d'exonérations pour leurs industries, en assouplissant les critères prévus pour l'obtention de permis gratuits. L'autre grand contentieux portait sur la façon d'aider les pays les moins riches de l'UE, les pays de l'Est, à s'adapter à la révolution verte que devrait engendrer ce plan. Royaume-Uni, Suède et Allemagne contestaient le mécanisme prévu par la Commission qui consiste à allouer aux pays de l'Est des permis supplémentaires à mettre aux enchères, tandis que les pays de l'Est demandaient un pourcentage plus élevé. Mais une contre-proposition allemande prévoyant de renoncer à ce mécanisme et de prélever des fonds du budget de l'UE pour ces pays, semblait avoir été abandonnée jeudi soir.
D'après agence
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