Les dirigeants des 27 à Bruxelles le 19 juin 2008 © TF1En moins de 48 heures, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE, réunis à Bruxelles jeudi et vendredi pour leur sommet semestriel, devront finaliser leur réponse coordonnée à la crise économique, mettre un point final aux négociations sur le paquet "énergie-climat" et débloquer le processus de ratification du traité de Lisbonne.
CLIMAT
Le noyau dur des négociations, que les diplomates voient déjà durer toute la nuit de jeudi à vendredi et pourquoi pas aller au-delà de vendredi soir, promet d'être la question de la solidarité financière vis-à-vis de l'Europe de l'Est dans le cadre des futurs objectifs environnementaux de l'Union.
L'UE se propose d'ici 2020 de réduire de 20% ses émissions de gaz à effet de serre et envisage d'y arriver notamment en réalisant 20% d'économies d'énergie et en portant à 20% la part des énergies renouvelables dans sa consommation. Mais, après avoir obtenu des compromis sur la majeure partie des questions techniques, dont celle très sensible de la baisse des émissions de CO2 dans l'automobile, les Vingt-sept bloquent sur la question de l'inclusion des centrales électriques dans le schéma européen de droits à polluer.
Un groupe de neuf pays de l'ancien bloc soviétique, emmené par la Pologne, qui tire 95% de son électricité de centrales au charbon très polluantes, refuse que celles-ci aient à acheter des quotas d'émission dès 2013, comme l'a proposé la Commission. Ce "groupe des neufs" réclame une meilleure prise en compte de ses contraintes et demande qu'un mécanisme de solidarité approprié soit mis en place, ce à quoi rechignent des pays comme l'Allemagne, par ailleurs occupés à obtenir des exemptions pour des secteurs tels que la chimie, l'acier ou l'aluminium.
CRISE ECONOMIQUE
Deuxième casse-tête du sommet, la réponse coordonnée à la crise économique et financière, sur laquelle les Vingt-sept ne finissent pas de se mettre d'accord, devrait paradoxalement poser moins de problèmes. D'une part parce que le terrain a déjà été largement préparé depuis septembre par les réunions de l'Eurogroupe, du conseil Ecofin, du conseil européen et du G20, ainsi que par le plan de 200 milliards d'euros annoncé par la Commission européenne. D'autre part parce qu'au final, en dépit des efforts français de substituer une union économique à une simple union budgétaire, la coordination des politiques économiques demeure en grande partie un voeu pieux si l'on en juge les plans de relance nationaux annoncés.
Il est donc probable que les leaders européens, comme lors de leur précédente réunion consacrée à la crise le 7 novembre dernier, se limitent à un compromis général sur la base du plan de la Commission du 26 novembre.
VERS UN NOUVEAU RÉFÉRENDUM IRLANDAIS
Enfin, la France, qui avait fait dérailler la Constitution européenne en 2005, a l'occasion de remettre définitivement le traité de Lisbonne sur les rails après le "non" irlandais intervenu trois semaines avant le début de sa présidence.
Nicolas Sarkozy, qui avait été l'un des inspirateurs et l'un des moteurs de ce "mini-traité" destiné à réformer les institutions de l'UE, recueille là les fruits d'une pression constante maintenue tout au long du semestre sur l'Irlande et les autres Etats n'ayant pas encore ratifié. En cas d'accord, le président français transmettra à la République tchèque, qui reprend le flambeau européen le 1er janvier, une feuille de route détaillée sur le traité alors que s'ouvre une année électorale synonyme de renouvellement du Parlement et de la Commission.
Selon plusieurs sources européennes et irlandaises, le Premier ministre irlandais, Brian Cowen, devrait s'engager à tenir un nouveau référendum sur le traité courant 2009, soit en avril soit plus probablement en octobre. Mais, en échange, il demandera aux Vingt-sept une série de garanties, dont celle du maintien d'un commissaire irlandais dans un exécutif européen resserré à partir de 2014, qui promet d'être négociée pied à pied par de nombreux Etats.
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