Thomas Lubanga, à la CPI © TF1/LCICréée légalement en 1998, entrée en fonctions en juillet 2002, la Cour pénale internationale (CPI), installée aux Pays-Bas à La Haye, est le premier tribunal international permanent chargé de juger les auteurs de "crimes de guerre", de "crimes contre l'humanité" et de "génocide" -auparavant, le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPI), puis le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), l'ont précédée au niveau "régional".
Signe des difficultés à juger les auteurs des pires crimes relevant du droit international, il aura donc fallu attendre six ans et demi pour que la Cour pénale internationale organise son premier procès. Depuis ce lundi matin, elle juge en effet Thomas Lubanga, accusé de crimes de guerre pour avoir utilisé des enfants soldats en République démocratique du Congo (RDC).
"Indigent"
Agé aujourd'hui de 48 ans, Thomas Lubanga était le chef de l'Union des patriotes congolais (UPC) lors de la guerre civile qui a sévi en Ituri, dans l'Est du pays de la RDC, entre septembre 2002 et août 2003. Selon les ONG, les affrontements entre des milices soutenues par les ethnies Hema (proche de l'UPC) et Lendu, pour le contrôle notamment de mines d'or, ont fait 60.000 morts et des centaines de milliers de déplacés depuis 1999. Thomas Lubanga avait été transféré à La Haye en 2006.
Le procès a débuté avec la déclaration liminaire du procureur de la CPI, l'Argentin Luis Moreno-Ocampo puis avec les interventions de représentants de 93 victimes et des avocats de Thomas Lubanga -avocats payés par le CPI, qui reconnu l'accusé comme "indigent". Sans surprise, l'accusé a plaidé non coupable.
Mercredi, la CPI entendra son premier témoin, un ancien enfant soldat. Au total, l'accusation compte appeler à la barre 34 témoins, dont d'autres enfants soldats et trois experts. La défense n'a pas encore précisé combien de témoins elle compte présenter à décharge. Le procès devrait durer entre six à neuf mois.
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