Mgr Williamson, à son retour à Londres, le 25 février 2009 © Reuters/L. McGregorAprès un mois d'intenses polémiques entre le Vatican et la communauté juive, Mgr Williamson, l'évêque intégriste de la Fraternité Saint Pie X qui a nié l'existence des chambres à gaz, a finalement demandé jeudi soir "pardon devant Dieu à toutes les âmes qui se sont honnêtement scandalisées par ce que j'ai dit", ajoutant avoir "seulement exprimé l'opinion d'un non-historien". Dans cette lettre, il dit regretter "la douleur" qu'il a causée "avant tout à l'Eglise, mais aussi aux survivants et aux parents des victimes qui ont subi des injustices sous le IIIe Reich". L'évêque intégriste indique dans sa lettre qu'il répond à une demande du pape Benoît XVI et de son supérieur, l'évêque Bernard Fellay de "reconsidérer" ses déclarations "en raison des graves conséquences qu'elles ont eues". "Compte tenu de ces conséquences, je peux affirmer en toute sincérité que je regrette de les avoir exprimées", répond seulement Mgr Williamson.
Au moment même de sa réintégration -contestée en elle-même par de nombreux croyants- le mois dernier dans l'Eglise catholique par le pape avec trois autres membres de la Fraternité Saint Pie X, Mgr Williamson, qui exerçait sa charge en Argentine, avait donné une interview à une chaîne de télévision suédoise où il remettait en cause la Shoah. Malgré la controverse -Benoît XVI avait notamment dû s'excuser-, Mgr Williamson avait persisté dans sa ligne de conduite. Il expliquait alors être prêt à revoir sa position à condition qu'on lui apporte des preuves formelles des chambres à gaz.
Lettre "absolument ambigüe"
La semaine dernière, l'Argentine l'avait prié de quitter le pays, sous peine d'être expulsé. Il était alors rentré de lui-même mercredi au Royaume-Uni, sa nation d'origine. Jeudi soir, c'est donc dans une lettre adressée au Vatican et publiée par l'agence catholique Zenit qu'il a fait son mea culpa. Toutefois le porte-parole du Vatican a indiqué ne pas avoir été informé de cette lettre "qui semble un courrier privé".
Et le président de l'Union des communautés juives italiennes Renzo Gattegna, cité par l'agence Ansa, a jugé la lettre de Mgr Williamson "absolument ambigüe". L'évêque "évite soigneusement" dans cette lettre de "renier les thèses négationnistes" ou de "citer la Shoah", a relevé M. Gattegna.
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