Après le préservatif, l'avortement thérapeutique...

Par L.D. (Avec agence), le 21 mars 2009 à 08h58 , mis à jour le 21 mars 2009 à 16h48

A son arrivée en Angola, après une visite au Cameroun déjà ternie par une polémique sur le préservatif, le pape Benoît XVI a de nouveau suscité l'émoi en réaffirmant son rejet de l'avortement thérapeutique.

Benoît XVI pape angola avortementBenoît XVI en Angola. © TF1/LCI

Devant le président angolais José Eduardo dos Santos, le pape Benoît XVI a tenu un discours vendredi sur la pauvreté et le nécessaire combat contre la corruption. Thème important et vital pour l'Afrique et qui, après ses propos controversés sur le préservatif, a le mérite de créer un consensus. En effet, Benoît XVI, pour sa première visite sur ce continent, a créé une polémique mardi dans l'avion qui l'emmenait au Cameroun en déclarant que le préservatif aggravait le problème du sida. En rencontrant des malades du sida mercredi puis en évoquant le lendemain cette pandémie, le pape a toutefois tenté de désamorcer la controverse sur ses propos concernant le préservatif.

Mais un point abordé lors de son discours en Angola pourrait compromettre sa tentative d'apaisement. Au-delà d'un plaidoyer pour le redressement d'une situation économique dramatique en Afrique, Benoît XVI a une nouvelle fois suscité la polémique en sortant une tirade anti-avortement thérapeutique: "Combien est amère l'ironie de ceux qui promeuvent l'avortement au rang des soins de la santé des mamans ! Combien est déconcertante la thèse de ceux qui prétendent que la suppression de la vie serait une question de santé reproductive", a-t-il lancé, faisant référence au Protocole de Maputo.

Déjà au Brésil 

Ce document adopté par l'Union africaine en 2003 est relatif aux droits des femmes en Afrique et complète la Charte africaine. Son article 14 appelle les gouvernements à autoriser "l'avortement médicalisé, en cas d'agression sexuelle, de viol, d'inceste et lorsque la grossesse met en danger la santé mentale et physique de la mère ou la vie de la mère ou du foetus".
 
L'Eglise catholique s'est toujours prononcée contre l'avortement, mais c'est la première fois que Benoît XVI s'oppose aussi spécifiquement à l'avortement thérapeutique. Quoiqu'il en soit, cette dernière déclaration fait écho à un autre scandale qui avait eu lieu au Brésil. En effet, tout récemment, l'excommunication controversée d'une mère brésilienne ayant fait avorter sa fille de 9 ans violée par son beau-père avait divisé l'Eglise.
 
Le Vatican a fait une mise au point samedi sur les propos du pape sur l'avortement, précisant qu'il "ne parlait pas d'avortement thérapeutique" mais déplorait "une large utilisation de l'avortement comme moyen de contrôle des naissances". L'Eglise catholique a "toujours admis l'avortement indirect", quand des soins prodigués à la femme enceinte pour lui sauver la vie "ont pour conséquence la mort du foetus", a précisé le porte-parole du Vatican, Federico Lombardi. "Ce que le pape a dit, c'est qu'on ne peut pas avancer le concept de santé maternelle pour justifier l'avortement comme moyen de régulation des naissances".

Sondage : le pape lâché par les Français

Il aurait dû tourner sept fois sa langue dans sa bouche papale avant de parler. L'image du pape s'est fortement dégradée en France, y compris parmi les catholiques, après ses dernières déclarations sur le préservatif, montre un sondage CSA pour Le Parisien/Aujourd'hui en France à paraître samedi.
 
D'après cette étude, 23% des Français disent avoir une bonne opinion de Benoît XVI alors qu'ils étaient 53% en septembre dernier. Ils sont désormais 57% à avoir une mauvaise opinion de lui, contre 25% il y a six mois.
 
Parmi les catholiques, 29% des personnes interrogées disent avoir une bonne image du pape contre 65% en septembre. Ils sont 55% à exprimer un avis contraire, contre 19% il y a six mois. La dégradation de l'image du pape se confirme aussi chez les catholiques pratiquants réguliers, qui ne sont que 52% (contre 86% en septembre) à avoir une bonne opinion de lui.
 
Dans l'avion qui le menait en Afrique, Benoît XVI a estimé mardi que la distribution de préservatifs n'était pas un moyen de lutte contre la pandémie du sida mais qu'elle aggravait au contraire le problème.
 
Le sondage a été réalisé par téléphone les 18 et 19 mars auprès d'un échantillon de 1.012 personnes représentatif de la population française.

Par L.D. (Avec agence) le 21 mars 2009 à 08:58
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