Benoît XVI lors de son arrivée au Cameroun, le 17 mars 2009 © TF1/LCILe Cameroun jusqu'à vendredi, puis l'Angola jusqu'à lundi : pour son premier voyage en Afrique depuis le début de son pontificat en 2005, Benoît XVI, arrivé sur place mardi en milieu d'après-midi, heure locale, ne se rend que dans deux pays. A peine débarqué de l'avion et accueilli par le président camerounais Paul Biya, il a prononcé un discours sur le tarmac de l'aéroport de Yaoundé.
Lors de sa courte intervention, il a affirmé vouloir apporter "un message d'espoir" au continent le plus pauvre de la planète. "Ici en Afrique, comme dans de nombreux pays, les hommes et les femmes sans importance aspirent à entendre un mot d'espoir et de réconfort", a-t-il expliqué. "Face à la souffrance, la violence, la pauvreté, la faim, la corruption, l'abus de pouvoir, un chrétien ne peut jamais rester silencieux", a-t-il lancé. Il a notamment évoqué "les conflits régionaux, le trafic des êtres humains (...) nouvelle forme d'esclavage, la pénurie de produits alimentaire, la crise financière ou les désordres du changement climatiques" qui affectent l'Afrique "de façon disproportionnée".
Face aux éventuelles critiques, il a asséné que l'Eglise ne vient pas proposer aux Africains de "nouvelles formes d'oppression économique ou politique" ou "des modèles culturels ignorant les droits de ceux qui ne sont pas encore nés". Selon lui, elle ne cherche pas non plus à attiser "des rivalités interethniques ou inter-religieuses" mais elle offre "la paix et la joie du royaume de Dieu".
Messes en plein air
Les deux destinations -le Cameroun officiellement francophone et anglophone où les relations entre chrétiens et musulmans sont bonnes, et l'Angola lusophone, premier pays africain à avoir été évangélisé- ont été choisies pour donner une portée générale à ce voyage.
Au Cameroun, le pape s'adressera à tous les Africains et rencontrera notamment les représentants des épiscopats de 52 pays réunis pour préparer un synode sur l'Afrique prévu en octobre au Vatican. En Angola, pays qui panse encore les plaies de 27 ans de guerre civile, il interpellera essentiellement la communauté internationale sur ses responsabilités sur le continent lors d'une réunion avec les diplomates en poste à Luanda. A chacune de ces étapes, outre une célébration traditionnelle en intérieur, une grand-messe en plein air est programmée : dans le stade Amadou Ahidjo de Yaoundé jeudi matin, puis sur l'esplanade de Cimangola à Luanda dimanche.
Malmenée en Europe, notamment après l'affaire de la réintégration des évêques intégristes et des déclarations sur la Shoah de Mgr Williamson, l'Eglise catholique place de grands espoirs en Afrique. Le nombre de fidèles y progresse en effet rapidement -12% de la population en 1978, 17% en 2006- malgré la concurrence de l'islam et du pentecôtisme.
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