Benoît XVI à son arrivée en Israël avec Shimon Peres, le président, 11 mai 2009 © ReutersDIRECT LCI-LCI.fr : le pape à Yad Vashem, 16h45
Après la Jordanie, où il a renouvelé son appel à la tolérance à son départ, Benoît XVI, mettant toujours ses pas dans ceux de Jean-Paul II, a entamé ce lundi matin la partie la plus sensible de son voyage en Terre Sainte : Israël. Il est arrivé à l'aéroport de Tel Aviv vers 10h, heure française, où il a été accueilli par Shimon Peres, le président, et Benjamin Netanyahu, le Premier ministre.
Trois mois après l'affaire Williamson, l'évêque intégriste négationniste réintégré dans l'Eglise catholique, le souverain pontife est vivement attendu sur le sujet jusqu'à vendredi. Lors du bref discours qu'il prononce traditionnellement sur le tarmac de l'aéroport à son arrivée à l'étranger, il a fait part du dégoût que lui inspire l'antisémitisme. "Malheureusement, l'antisémitisme continue de relever son visage répugnant dans plusieurs parties du monde. C'est totalement inacceptable", a-t-il lancé (écoutez un extrait de ce discours ci-dessous).
Comme en Jordanie, Benoît XVI s'est ensuite glissé dans son costume de "pèlerin de la paix" et a donc, de fait, parlé politique. Il a ainsi une nouvelle fois proposé la création d'un Etat palestinien qui permettrait, selon lui, à chaque peuple de "vivre en paix dans (son) pays respectif". "Je plaide, avec tous les responsables, pour un examen de chaque voie possible vers une résolution juste des difficultés considérables afin que les deux peuples puissent vivre en paix dans leur pays respectif, dans des frontières sûres et reconnues internationalement", a-t-il souligné. Il n'a néanmoins pas prononcé le mot "Etat", ce que Benjamin Netanyahu s'est gardé de promettre aux Palestiniens malgré les pressions américaines.
Peres "ému"
Benoît XVI s'est ensuite rendu par hélicoptère à Jérusalem où il a été accueilli par le maire de la ville, Nir Barkat, qui lui a offert une carte médiévale présentant la ville sainte comme le centre du monde. Dans la foulée, il a été reçu par Shimon Peres à sa résidence. "Nous avons été très émus par vos propos sur l'antisémitisme", lui alors dit le président israélien, avant un échange de cadeaux et une rencontre avec la famille de Gilad Shalit, le soldat de Tsahal détenu par le Hamas depuis 2006.
Ce lundi, Benoît XVI est notamment attendu en fin d'après-midi à Yad Vashem, le mémorial de la Shoah à Jérusalem. Il ne devrait cependant pas visiter tout le mémorial puisqu'il ne cautionne pas la version israélienne sur le silence de Pie XII pendant la Seconde Guerre Mondiale.
Messes
D'ici vendredi, le pape se rendra sur les principaux sites de la chrétienté, du judaïsme et de l'islam, rencontrera les dirigeants politiques israéliens et palestiniens ainsi que les principaux dignitaires religieux des trois religions monothéistes. Il célébrera également des messes publiques à Jérusalem (mardi), Nazareth (jeudi) ainsi qu'à Bethléem, en territoire palestinien (mercredi).
Si les autorités ont déroulé le tapis rouge pour accueillir le souverain pontife, sa venue est en revanche loin de susciter l'enthousiasme qui avait accompagné son prédécesseur.
D'après agence
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