Benoît XVI : "Ne jamais nier ou oublier" la Shoah

le 11 mai 2009 à 18h47 , mis à jour le 11 mai 2009 à 19h40

Le pape au mémorial Yad à Jérusalem, dédié à la mémoire des six millions de juifs exterminés par les nazis, le 11 mai 2009Le pape au mémorial Yad à Jérusalem, dédié à la mémoire des six millions de juifs exterminés par les nazis, le 11 mai 2009 © LCI

Au premier jour de sa visite en Israël, le pape Benoît XVI a fermement condamné lundi l'antisémitisme et le négationnisme. "Que les noms de ces victimes ne périssent jamais ! Que leur souffrance ne  soit jamais niée, discréditée ou oubliée ! Et que toutes les personnes de bonne volonté demeurent attentives à déraciner du coeur de l'homme tout ce qui peut conduire à de telles tragédies !", a déclaré le pape allemand au mémorial Yad à Jérusalem, dédié à la mémoire des six millions de juifs exterminés par les nazis. Le souverain pontife s'est recueilli silencieusement dans la Crypte du  Souvenir près de la flamme éternelle qu'il a ravivée, les yeux fermés, avant de se prosterner devant les noms des camps d'extermination, de concentration, et  les lieux où périrent des juifs durant la Deuxième guerre mondiale.

Le président de Yad Vashem, l'ancien grand rabbin d'Israël, Israël Lau,  rescapé du camp de Buchenwald, a offert au pape un fac-similé d'un tableau peint  par un artiste juif, Felix Nussbaum, mort en déportation. Il a toutefois exprimé des réserves sur le discours du pape déplorant qu'il n'ait pas "évoqué expressément les nazis" et parlé de juifs "tués" au lieu "d'assassinés" sans spécifier le nombre de six millions. La visite se déroule sur fond de polémique entre le Vatican et Israël avec  la réintégration en janvier par le pape de l'évêque négationniste Richard Williamson. L'Etat juif s'oppose aussi à la béatification, souhaitée par Benoît XVI, de Pie XII accusé de ne pas avoir fait entendre sa voix durant le génocide nazi. Le pape n'a ainsi pas visité à Yad Vashem le musée consacré à la Shoah, tout comme son prédécesseur Jean Paul II, en 2000, apparemment pour éviter de passer devant une photo de Pie XII avec une légende l'accusant d'avoir gardé le silence pendant l'Holocauste.

"Malheureusement, l'antisémitisme continue..."

A son arrivée à l'aéroport Ben Gourion, où il été reçu notamment par le président Shimon Peres et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, il a aussi condamné l'antisémitisme. "Malheureusement, l'antisémitisme continue de relever son visage répugnant  dans plusieurs parties du monde. C'est totalement inacceptable", a-t-il dit. Il a aussi plaidé pour une paix entre Israéliens et Palestiniens "afin que les  deux peuples puissent vivre en paix dans leur pays respectif" apportant ainsi  son soutien à la création d'un Etat palestinien aux côtés d'Israël, un règlement  auquel refuse de se plier le nouveau gouvernement de droite de Benjamin Netanyahu. Benoît XVI, qui a entamé son pèlerinage en Terre sainte le 8 mai en Jordanie, passera cinq jours en Israël et en Cisjordanie. A Jérusalem il s'est entretenu pendant quelques minutes à la résidence de Shimon Peres avec les parents du soldat israélien Gilad Shalit détenu par le mouvement  islamiste Hamas à Gaza depuis près de trois ans.

Mardi, il doit se rendre au mur des Lamentations et sur l'esplande des  Mosquées. Il célébrera des messes publiques à Jérusalem (mardi), Nazareth  (jeudi) ainsi qu'à Bethléem en territoire palestinien (mercredi). Ce 12e voyage à l'étranger du pape, âgé de 82 ans, intervient après l'offensive israélienne dans la bande de Gaza (décembre-janvier) qui a fait plus  de 1.400 morts palestiniens. Apparemment en raison de la polémique sur Williamson et pie XII, le chef de la Knesset, Reuven Rivlin, troisième personnage de l'Etat, n'a pas participé à  l'accueil officiel du pape. Les quatre ministres israéliens issus du parti ultra-orthodoxe Shass ont  boycotté la réception chez Shimon Peres en raison de son passé dans les Jeunesses  hitlériennes, selon ce parti. Le Hamas qui contrôle Gaza a critiqué la visite du pape en Israël, estimant  qu'elle "embellira l'image de l'occupation et affaiblira les chances de voir ses  dirigeants poursuivis pour les crimes de guerre", commis selon ce mouvement lors  de l'offensive à Gaza.

le 11 mai 2009 à 18:47
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5 Commentaires

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  • Aelred, le 12/05/2009 à 08h08

    Les paroles et les actes posés par Benoît XVI sont bien loin des commentaires haineux repris en coeur par une grande partie de la presse et des milieux anti-catholiques français. Les propos du Pape ont toujours été clairs concernant sa condamnation totale de l'antisémitisme et du racisme. Les mots prononcés par ce dernier à Yav Vashem prennent alors tout leur sens. Quant à la polémique ridicule qui vise à enfermer le Pape dans une iimage d'un Allemand qui a été enrôlé dans les jeunesses hitlériennes et qui ne serait donc pas légitime pour aborder sereinement de tels sujets, je la trouve d'une totale mauvaise foi. Quels sont les garçons de son âge qui ont pu à l'époque écahpper à ces organisations d'embrigadement de la jeunesse ? C'est le lot commun à toutes les dictatures, de droite comme de gauche (jeunesses communistes en URSS, par exemple). Laissons donc le Pape mener à bien son pélerinage en Terre Sainte et oeuvrer à l'établissement de la paix en tant qu'autorité morale majeure de ce monde en quête de repères moraux et spirituels. Que les acteurs politiques de tous horizons, qui ont jusqu'à présent tous échoué lamentablement, prennent acte de ses efforts et soutiennent son action au lieu de se gausser et de rire sous caoe ...

  • Louis-Marie, le 11/05/2009 à 22h43

    Les paroles fortes du Pape pourront enfin faire taire toute cette polemique autour des "affaires" montées de toute pièce avec la volonté de salir l'image de Benoit XVI. Il pronne la religion de l'amour,du respect de la vie et de la paix entre les religions.

  • Pierre, le 11/05/2009 à 20h25

    Les religions ? il faudrait les interdir car elles sont la cause de toutes les guerres.

  • DIDIER, le 11/05/2009 à 19h41

    Alors s'il ne veut pas rester dans des discours mielleux qu'il prenne une position forte pour sanctionner de façon exemplaire son évêque. L'église aussi doit prendre ses responsabilités et lorsque son plus haut dignitaire affirme une chose : ses paroles doivent être suivies d'actes.

  • Orphee, le 11/05/2009 à 19h38

    Ne pas oublier la shoah c'est normal mais je ne trouve pas normal que toutes les autres victimes des nazzis n'aient pas droit au même devoir de mémoire.

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