Le pape au mémorial Yad à Jérusalem, dédié à la mémoire des six millions de juifs exterminés par les nazis, le 11 mai 2009 © LCIAu premier jour de sa visite en Israël, le pape Benoît XVI a fermement condamné lundi l'antisémitisme et le négationnisme. "Que les noms de ces victimes ne périssent jamais ! Que leur souffrance ne soit jamais niée, discréditée ou oubliée ! Et que toutes les personnes de bonne volonté demeurent attentives à déraciner du coeur de l'homme tout ce qui peut conduire à de telles tragédies !", a déclaré le pape allemand au mémorial Yad à Jérusalem, dédié à la mémoire des six millions de juifs exterminés par les nazis. Le souverain pontife s'est recueilli silencieusement dans la Crypte du Souvenir près de la flamme éternelle qu'il a ravivée, les yeux fermés, avant de se prosterner devant les noms des camps d'extermination, de concentration, et les lieux où périrent des juifs durant la Deuxième guerre mondiale.
Le président de Yad Vashem, l'ancien grand rabbin d'Israël, Israël Lau, rescapé du camp de Buchenwald, a offert au pape un fac-similé d'un tableau peint par un artiste juif, Felix Nussbaum, mort en déportation. Il a toutefois exprimé des réserves sur le discours du pape déplorant qu'il n'ait pas "évoqué expressément les nazis" et parlé de juifs "tués" au lieu "d'assassinés" sans spécifier le nombre de six millions. La visite se déroule sur fond de polémique entre le Vatican et Israël avec la réintégration en janvier par le pape de l'évêque négationniste Richard Williamson. L'Etat juif s'oppose aussi à la béatification, souhaitée par Benoît XVI, de Pie XII accusé de ne pas avoir fait entendre sa voix durant le génocide nazi. Le pape n'a ainsi pas visité à Yad Vashem le musée consacré à la Shoah, tout comme son prédécesseur Jean Paul II, en 2000, apparemment pour éviter de passer devant une photo de Pie XII avec une légende l'accusant d'avoir gardé le silence pendant l'Holocauste.
"Malheureusement, l'antisémitisme continue..."
A son arrivée à l'aéroport Ben Gourion, où il été reçu notamment par le président Shimon Peres et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, il a aussi condamné l'antisémitisme. "Malheureusement, l'antisémitisme continue de relever son visage répugnant dans plusieurs parties du monde. C'est totalement inacceptable", a-t-il dit. Il a aussi plaidé pour une paix entre Israéliens et Palestiniens "afin que les deux peuples puissent vivre en paix dans leur pays respectif" apportant ainsi son soutien à la création d'un Etat palestinien aux côtés d'Israël, un règlement auquel refuse de se plier le nouveau gouvernement de droite de Benjamin Netanyahu. Benoît XVI, qui a entamé son pèlerinage en Terre sainte le 8 mai en Jordanie, passera cinq jours en Israël et en Cisjordanie. A Jérusalem il s'est entretenu pendant quelques minutes à la résidence de Shimon Peres avec les parents du soldat israélien Gilad Shalit détenu par le mouvement islamiste Hamas à Gaza depuis près de trois ans.
Mardi, il doit se rendre au mur des Lamentations et sur l'esplande des Mosquées. Il célébrera des messes publiques à Jérusalem (mardi), Nazareth (jeudi) ainsi qu'à Bethléem en territoire palestinien (mercredi). Ce 12e voyage à l'étranger du pape, âgé de 82 ans, intervient après l'offensive israélienne dans la bande de Gaza (décembre-janvier) qui a fait plus de 1.400 morts palestiniens. Apparemment en raison de la polémique sur Williamson et pie XII, le chef de la Knesset, Reuven Rivlin, troisième personnage de l'Etat, n'a pas participé à l'accueil officiel du pape. Les quatre ministres israéliens issus du parti ultra-orthodoxe Shass ont boycotté la réception chez Shimon Peres en raison de son passé dans les Jeunesses hitlériennes, selon ce parti. Le Hamas qui contrôle Gaza a critiqué la visite du pape en Israël, estimant qu'elle "embellira l'image de l'occupation et affaiblira les chances de voir ses dirigeants poursuivis pour les crimes de guerre", commis selon ce mouvement lors de l'offensive à Gaza.
Retour MYTF1
Chargement en cours...





