Benoît XVI et Mahmoud Abbas, à Bethléem, le 13 mai 2009 © ReutersRENDEZ-VOUS LCI et LCI.fr :
le discours du pape à Bethléem cet après-midi à 17h30
Son passage en Israël a laissé des insatisfactions. Ses propos prononcés au mémorial Yad Vashem, perçus comme trop en retrait, "froids" et "abstraits" lors de son hommage aux victimes de l'Holocauste, lui ont notamment valu des critiques (cliquez ci pour lire l'article : "les couacs de la visite de Benoît XVI").
Mais, plus que la Shoah, qu'il avait déjà évoquée à de multiples reprises selon le Vatican, c'est le conflit israélo-palestinien qui est au coeur du voyage de Benoît XVI en Terre sainte, où il s'est d'emblée présenté en "pèlerin de la paix". A son arrivée lundi en Israël, il avait ainsi plaidé pour une réconciliation entre Israéliens et Palestiniens qui permettrait à chaque peuple de "vivre en paix dans (son) pays respectif".
Ce mercredi, le sixième jour du voyage papal est totalement centré sur la question palestinienne. En début de matinée, le souverain pontife s'est rendu en Cisjordanie occupée, précisément à Bethléem, ville natale du Christ. Il y a été accueilli par le président palestinien Mahmoud Abbas. Celui-ci a dénoncé une nouvelle foi l'occupation israélienne et affirmé qu'il était "grand temps de mettre fin aux souffrances" palestiniennes.
"Garder vivante la flamme de l'espérance"
En réponse, le pape a assuré la population de la bande de Gaza de sa "profonde compassion" après l'offensive israélienne meurtrière en décembre-janvier. "Cet après-midi, je me rendrai au camp de réfugiés d'Aïda, afin de manifester ma solidarité avec les gens qui ont tout perdu. A ceux d'entre vous qui sont dans le deuil pour la perte de membres de leur famille et d'êtres chers à cause des hostilités - je pense en particulier au récent conflit à Gaza -, j'offre l'assurance de ma profonde compassion et de mon souvenir dans la prière", a déclaré le pape.
Benoît XVI a également réitéré son soutien à l'établissement d'une "patrie palestinienne souveraine sur la terre de ses ancêtres, sûre et en paix avec ses voisins, à l'intérieur de frontières reconnues au niveau international". Et tout en engageant les Palestiniens "à garder vivante la flamme de l'espérance, l'espérance qu'un moyen pourra être trouvé pour satisfaire les légitimes aspirations, tant des Israéliens que des Palestiniens, à la paix et à la stabilité", il les a aussi exhortés à avoir "le courage de résister à toutes les tentations que vous pourriez ressentir de vous livrer à des actes de violence ou de terrorisme" (écoutez un extrait de son discours ci-dessous).
Benoît XVI a ensuite célébré une messe en plein air devant la basilique de la Nativité, la plus ancienne en Terre sainte, devant 5000 fidèles dont 95 chrétiens de la bande de Gaza qui ont été autorisés à se rendre en Cisjordanie. Abordant une nouvelle fois le conflit israélo-palestinien, il a assuré qu'il priait pour que le blocus israélien de Gaza soit "bientôt" levé.
Un amphithéâtre près du mur de séparation
Après une prière personnelle dans la grotte de la Nativité, il se rendra dans l'après-midi au camp d'Aïda, à l'entrée de la ville, où vivent 4600 réfugiés palestiniens près du mur de séparation construit par Israël. Les habitants du camp, originaires de 43 villages rasés par les forces israéliennes lors de la création de l'Etat hébreu en 1948, veulent profiter de cette visite pour attirer l'attention du monde sur leurs difficultés. Pour faire comprendre l'impact de l'occupation israélienne sur leurs vies, des Palestiniens ont mis en place un petit amphithéâtre à côté d'un haut mur de béton qui fait partie de la clôture construire par Israël dans et autour de la Cisjordanie pour empêcher les attentats suicide et autres menaces contre la population. Les Palestiniens disent ne pas avoir tenu compte de l'ordre donné par Israël de ne pas achever l'amphithéâtre. On ne sait pas si le pape utilisera cette installation pour son discours au camp de réfugiés d'Aïda.
En fin de journée, Benoît XVI retrouvera Mahmoud Abbas au palais présidentiel de Bethléem pour un entretien suivi d'un discours, à suivre en direct sur LCI et LCI.fr à 17h30. Cette rencontre sera la troisième entre les deux hommes. En décembre 2005, Mahmoud Abbas avait invité le chef de l'Eglise catholique à visiter Jérusalem et les Lieux saints et lui avait symboliquement remis un passeport palestinien.
D'après agences
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