Frank Steinmeier et Angela Merkel, le 27 mai 2009 © ReutersLes élections de 2004
Alors dans l'opposition, la CDU (centre-droit) avait profité de l'usure du pouvoir de Gerhard Schröder pour arriver largement en tête avec plus de 36% des voix, obtenant ainsi 40 sièges sur 99. Les sociaux-démocrates du SPD du chancelier en poste avaient été repoussés à plus de 15 points, avec seulement 21% (23 sièges). Grüne (écologistes) complétait le podium avec presque 12% (13 mandats), suivi de la CSU, l'alliée bavarois de la CSU (8%, 9 sièges).
Le scrutin
Il a eu lieu le dimanche 7 juin et se déroule à la proportionnelle. Contrairement notamment à la France, divisée en plusieurs grandes circonscriptions régionales, le pays entier ne représente qu'une seule circonscription. Nombre de députés à élire : 99 (chiffre qui sera ramené à 96 si le Traité de Lisbonne entre en vigueur).
Le contexte actuel
Conséquence du résultat très serré des législatives de septembre 2005, où l'alliance CDU-CSU a devancé d'un cheveu le SPD, le pays est gouverné par une grande coalition droite-gauche. Angela Merkel est chancelière tandis que Frank Steinmeier, le leader de la gauche, est vice-chancelier et ministre des Affaires étrangères. Cette "cohabitation" compliquée prendra fin avec les législatives prévues le 27 septembre prochain.
Les Européennes, couplées avec des municipales dans plusieurs Länder (Régions), apparaissent donc comme la répétition générale de la bataille de l'automne. Angela Merkel et Frank Steinmeier vont ainsi tester leur rapport de force. Pour l'instant, Angela Merkel est la mieux placée pour se succéder à elle-même.
La campagne
Comme partout dans l'UE, les Allemands se passionnent peu pour le scrutin. Les partis restent généralement assis sur leurs positions classiques, pas forcément liées au scrutin. La CDU prône une Europe forte et s'oppose à l'entrée de la Turquie dans l'Union, le SPD plaide pour un Pacte social européen, le FDP (libéraux) refuse l'augmentation des impôts et Die Linke, le Parti de gauche, réclame une politique plus sociale.
La CDU sait déjà qu'elle ne pourra pas renouveler son score de 2004. Son objectif est simplement d'arriver en tête pour mettre Angela Merkel sur orbite pour les législatives. Le meeting commun Angela Merkel-Nicolas Sarkozy, le 10 mai à Berlin, a ainsi été organisé autant dans cette optique que dans celle des Européennes. Les deux dirigeants ont également publiés un document commun détaillant leur vision de l'avenir du continent.
Les sondages
La CDU semble avoir fait le trou : les sondages la créditent en d'environ 39% des intentions de vote, soit plus de dix points d'avance. Les scores sont quasi-identiques pour les législatives.
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