Gordon Brown, le 20 mai 2009 © ReutersLes élections de 2004
Le traditionnel duel Tories (droite)-Labour (gauche) avait tourné à l'avantage des premiers. Dans l'opposition comme aujourd'hui, ils s'étaient imposés avec 25% des suffrages, obtenant ainsi 27 sièges sur 78. Le Labour, au pouvoir, avait été distancé de quatre points avec 21% des voix (19 sièges). Les anti-européens du Parti pour l'indépendance (UKIP) avaient fait une entrée remarquée avec plus de 15% (12 députés). Les libéraux-démocrates avaient enfin atteint le joli score de 14% (12 mandats).
Le scrutin
Il a lieu le jeudi 4 juin -le Royaume-Uni est ainsi le premier à voter avec les Pays-Bas- et se déroule à la proportionnelle. Le pays est divisé en 12 circonscriptions électorales. Nombre de députés à élire : 72 (ce nombre passera à 73 si le Traité de Lisbonne entre en vigueur). Les résultats seront dévoilés dimanche soir.
Le contexte actuel
Arrivé au pouvoir il y a deux ans pour remplacer un Tony Blair usé par dix ans de pouvoir, Gordon Brown, le Premier ministre travailliste, peu charismatique, est vite devenu impopulaire. La crise économique, avec son cortège de licenciements, n'a rien arrangé -même si sa décision de nationaliser certaines banques à l'automne dernier a été plutôt bien perçue par l'opinion. Le scandale des notes de frais des députés travaillistes a encore plombé sa popularité, désormais au plus bas. Pendant ce temps, les conservateurs, emmenés par David Cameron, sont revenus sur le devant de la scène.
Le scrutin, doublé de municipales, apparaît donc un comme test à un an des législatives, qui auront lieu au plus tard au printemps 2010. Gordon Brown pourrait d'ailleurs se retrouver sur la sellette pour conduire le Labour à la bataille en cas de très mauvais score pour le parti ce jeudi.
La campagne
Venant s'ajouter à la crise économique, le scandale des notes de frais a fait naître un énième rejet de la classe politique. Dans un pays déjà eurosceptique, cela a renforcé le désintéressement pour la campagne. Les enjeux européens ne sont que très peu abordés. Le scrutin s'apparente donc surtout à un vote-sanction contre Gordon Brown.
Les sondages
Ils sont conformes à la situation politique des derniers mois. Le vent en poupe, les Tories, même en partie touchés par le scandale des notes de frais, surfent au-delà de 30% alors que le Labour peine à dépasser les 20%. Il est même talonné par les libéraux-démocrates.
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