Le pape lors de son départ vendredi 15 mai 2009 © REUTERSFin de pèlerinage en Terre Sainte pour Benoît XVI, qui l'a conduit en huit jours passés en Jordanie, en Israël et en Cisjordanie occupée. Juste avant de s'envoler de l'aéroport Ben Gouriou, près de tel Aviv, pour Rome, le Saint-Père a de nouveau abordé la mémoire de la Shoah. Sujet qui avait rendu sa visite sensible, quelques mois après l'affaire Williamson, cet évêque réintégré dans l'Eglise alors qu'il ne reconnaissait pas l'existence de la Shoah. Dès son arrivée en Israël, il y a 5 jours, le Pape était donc attendu sur le sujet. Mais ses déclarations avaient déçu les Israëliens (lire notre article).
Benoît XVI a donc cherché, avant de partir, à dissoudre tout malentendu, si malentendu il y a. Dans un dernier discours à l'aéroport, le Pape a dénoncé "l'extermination brutale" des juifs par les nazis. Il a ensuite appelé à la réalisation d'une solution à deux Etats pour le conflit israélo-palestinien. "Que la solution à deux Etats devienne une réalité, qu'elle ne reste pas un rêve", a-t-il déclaré lors d'une cérémonie d'adieu. "Permettez-moi d'en appeler à tous les peuples de ces terres : assez d'effusions de sang, assez de combat, assez de terrorisme, assez de guerre", a-t-il dit. "Qu'il soit universellement reconnu que l'Etat d'Israël a le droit d'exister et de jouir de la paix et de la sécurité dans des frontières internationalement acceptées", a poursuivi le chef de l'Eglise catholique. "De la même façon, reconnaissons que le peuple palestinien a le droit à une patrie souveraine et indépendante afin de vivre dans la dignité et se déplacer librement", a-t-il insisté.
"L'amour est plus fort que la mort"
Durant son pèlerinage, le Pape, qui s'est exprimé à plusieurs reprises en faveur de la paix au Proche-Orient, a aussi manifesté un soutien clair aux Palestiniens, utilisant à la fois le terme de "patrie" et d'"Etat" pour décrire leurs aspirations à l'indépendance, leur droit à vivre dans la dignité et sans restrictions de mouvements. Il a aussi qualifié de "tragique" la "barrière de sécurité" érigée en Cisjordanie par les Israéliens, et "l'une des visions les plus tristes pour moi durant ma visite sur ces terres". Le chef de l'Eglise catholique a aussi encouragé les chrétiens à s'accrocher à la terre natale du Christ pour y maintenir leur présence.
Vendredi matin, Benoît XVI a achevé son voyage en lançant un message d'espoir dans l'un des lieux les plus sacrés du christianisme, l'église du Saint-Sépulcre de Jérusalem. "L'amour est plus fort que la mort", a martelé le Pape sur le site englobant le golgotha, la colline de la crucifixion, et le tombeau du Christ (lire notre article).
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