Benoît XVI, entouré de Benjamin Netanyahu (à g.), le Premier ministre, et de Shimon Peres (à d.), le président, à son arrivée en Israël, le 11 mai 2009 © TF1/LCIAprès la Jordanie, où il a renouvelé son appel à la tolérance à son départ, Benoît XVI, mettant toujours ses pas dans ceux de Jean-Paul II, entame ce lundi la partie la plus sensible de son voyage en Terre sainte : Israël. Il est arrivé à l'aéroport de Tel Aviv vers 10h, heure française, où il a été accueilli par Shimon Peres, le président, et Benjamin Netanyahu, le Premier ministre.
Si les autorités ont déroulé le tapis rouge pour accueillir le souverain pontife, sa venue est en revanche loin de susciter l'enthousiasme qui avait accompagné son prédécesseur. D'ici vendredi, il doit visiter les principaux sites de la chrétienté, du judaïsme et de l'islam en Terre sainte, rencontrer les dirigeants politiques israéliens et palestiniens ainsi que les principaux dignitaires religieux des trois religions monothéistes.
Ce lundi, il est notamment attendu à Yad Vashem, le mémorial de la Shoah à Jérusalem, alors qu'Israël a mobilisé 60.000 policiers et gardes-frontières pour sa sécurité. Benoît XVI va aussi visiter les lieux symboliques de l'Ancien et du Nouveau testament et célébrer des messes publiques à Jérusalem (mardi), Nazareth (jeudi) ainsi qu'à Bethléem, en territoire palestinien (mercredi).
Le pape "arrive à un moment délicat"
Sa première visite en Terre sainte depuis son pontificat en 2005 est destinée à soutenir les chrétiens de la région, toujours moins nombreux, mais est aussi l'occasion d'appeler à la paix et de promouvoir le dialogue interreligieux. "Je viens simplement avec une intention, une espérance: prier plus particulièrement pour le don précieux de l'unité et de la paix très spécialement au Moyen-Orient", a déclaré Benoît XVI durant l'étape jordanienne de son pèlerinage.
Pour autant sa visite suscite des réserves, notamment du fait de sa proximité avec l'offensive israélienne à Gaza (27 décembre-18 janvier) qui a tué plus de 1400 Palestiniens. Le pape "arrive à un moment délicat", a reconnu, avec un art consommé de la litote, le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Fouad Twal.
Israël, qui a accueilli en 2008 trois millions de visiteurs dont un tiers de pèlerins, compte profiter de cette visite pour améliorer son image. Mais les sujets de tension avec le Saint-Siège ne manquent pas. Israël a été heurté par la décision du pape de lever l'excommunication de l'évêque intégriste négationniste Richard Williamson et s'oppose à la volonté de Benoît XVI de béatifier Pie XII, coupable selon Israël d'avoir gardé le silence durant la Shoah. Au plan bilatéral, Israël et le Vatican ne sont pas parvenus à signer le volet économique de "l'Accord fondamental" devant fixer le statut juridique et fiscal des institutions de l'Eglise catholique en Terre sainte.
D'après agence
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