José Manuel Barroso/Image d'archives © ReutersEn une phrase, un diplomate français pose le décor : "On a écouté Barroso présenter son programme. Puis il a quitté la salle mais on l'a quand même laissé finir son dessert". Jusqu'au bout, le président de la Commission européenne aura donc dû subir l'humiliation imposée notamment par le "Directoire" des grands Etats membres. Question de lui montrer, si cela était encore nécessaire, qui sont les vrais chefs à Bruxelles. Pas déstabilisé pour un sou, José Manuel Barroso s'est néanmoins déclaré "heureux" à l'issue de ce pathétique entretien d'embauche.
Barroso a-t-il dilapidé l'argent du contribuable européen ?
Le président de la Commission européenne a dépensé 720.230 euros en missions et frais de représentation en 2009. Beaucoup plus que n'importe quel autre commissaire européen.
Publié le 13/02/2010
Voilà, l'essentiel était donc fait dès le jeudi soir, au 1er jour du sommet. Le Parlement européen validera probablement cette candidature, à moins que... Mais peu importe. Pour les 27, l'objectif est atteint : le président de la Commission est leur marionnette. Il ne tient sa légitimité que d'eux et peu importe si la crédibilité de la Commission en souffre. "Les 27 et Barroso viennent d'infliger un coup fatal à la future Commission", déclare, amer, un haut fonctionnaire européen qui en a pourtant vu des conseils et des présidents de Commission.
Jeu de dupes
Les 27 ont joué le simulacre jusqu'au bout, avec l'incroyable complicité de leur victime. Le Portugais est venu présenter son "programme" lors du dîner. Deux feuillets, rédigés en anglais, écrits au cours de la nuit précédente. Une litanie de bonnes résolutions, d'engagements vagues, de beaux principes sur l'ambition européenne. Quelques mots sur l'agriculture pour faire plaisir aux Français, sur la compétitivité pour faire plaisir aux Britanniques. Mais rien sur l'élargissement, sur le développement, la Méditerranée, la libéralisation des échanges, les voisins du Sud et de l'Est. Rien non plus qui ne puisse choquer les diplomates français, qui ne peuvent aujourd'hui s'empêcher d'évoquer cette lettre avec ironie. Car tout cela n'est qu'un jeu de dupes.
A l'heure du déjeuner, il n'y avait qu'un porte-parole de la Commission, plus aveugle que jamais, pour faire les louanges du président de la Commission : "vous êtes de mauvaise foi, vous, les journalistes. Vous savez bien que tout ce qui n'est pas dans la lettre sera quand même prioritaire pour la prochaine Commission. Notre ambition est intacte". Alea jacta est....
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