Geert Wilders, leader du PVV, le parti de la droite populiste néerlandaise © ReutersLes Pays-Bas étaient, avec le Royaume-Uni, le premier pays à voter jeudi pour les élections européennes qui se tiendront jusqu'à dimanche dans les 27 pays de l'Union européenne. Près de 13 millions d'électeurs étaient appelés à élire 25 eurodéputés néerlandais, contre 27 en 2004, parmi 289 candidats répartis sur 17 listes. Et lors d'un scrutin marqué par un taux de participation proche de celui de 2004, soit environ 40%, le Parti pour la liberté du député néerlandais d'extrême droite Geert Wilders a obtenu jeudi 16,9% des voix, selon des résultats partiels.
Pour sa première participation à ce vote, le PVV se classe ainsi deuxième après le parti chrétien-démocrate du Premier ministre Jan Peter Balkenende ; il devrait faire son entrée au parlement européen et obtenir quatre députés. Toutefois Geert Wilders, 45 ans, qui occupe la dixième place de la liste du PVV, a déjà fait savoir qu'il renoncerait à son siège de député européen au cas où il serait élu par vote préférentiel.
Polémique à l'échelle de l'UE
Arrivé en tête, le parti chrétien-démocrate CDA du Premier ministre Jan Peter Balkenende totalise 20% des voix, contre 24,4% aux dernières élections européennes en 2004, et obtient 5 sièges au parlement de Strasbourg contre 7 en 2004. Son allié au gouvernement, le parti travailliste PvdA du ministre des Finances Wouter Bos, essuie un revers important avec 12,2% des voix contre 23,6% en 2004. Le PvdA passe de 7 à 3 sièges au parlement européen. Le troisième parti de la coalition gouvernementale, le petit parti chrétien ChristenUnie, progresse légèrement avec 6,9% des voix, soit 2 sièges. En 2006, le PVV avait obtenu 9 des 150 sièges à la chambre basse du parlement pour sa première participation aux législatives. Depuis, la popularité de son leader à la chevelure blond platine, qui vit sous protection policière jour et nuit en raison de menaces de mort, n'a cessé de croître dans les sondages.
Outre la poussée de l'extrême-droite, la publication de ces résultats se double d'une polémique à l'échelle de l'UE. La Commission européenne avait rappelé jeudi matin aux pays de l'UE qu'il était interdit de publier des résultats des élections européennes avant la fin du scrutin dimanche soir, mais les communes néerlandaises avaient annoncé qu'elles publieraient dès jeudi soir leurs premiers résultats.
Demande d'explication
Dans la mesure où les pays européens ne sont pas parvenus à se mettre d'accord pour voter tous le même jour, en raison de traditions différentes, une règle a été définie en 1976 pour les résultats. Elle stipule que les pays ne peuvent publier de résultats officiels "qu'après la clôture du scrutin dans l'Etat membre où les électeurs voteront en dernier". En l'occurrence ce sera dimanche 7 juin à 20 heures GMT. Cette règle n'interdit pas en revanche la publication avant cet horaire de sondages sortie des urnes par les médias ou même d'estimations.
Mais, comme elles l'avaient fait en 2004, les autorités néerlandaises décidé de publier malgré tout les résultats des municipalités, qualifiés de résultats provisoires, faisant ainsi une distinction avec les résultats définitifs officiels qui ne seront publiés qu'ultérieurement. Mais au sein de la Commission cette distinction ne convainc guère. Et les Pays-Bas pourraient s'exposer à des sanctions européennes. L'UE a d'ailleurs demandé officiellement des explications à La Haye vendredi matin.
D'après agences
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