Les enjeux : après Barroso I, Barroso II par défaut ?

Par Hughes BEAUDOUIN, correspondant à Bruxelles, le 06 juin 2009 à 05h45 , mis à jour le 05 juin 2009 à 18h13

SERIE - LCI.fr vous propose de faire le point sur les enjeux du scrutin. Aujourd'hui, la nomination du futur président de la Commission.

josé manuel barrosoJosé Manuel Barroso, le 3 juin 2009 © Reuters
 

 Retrouvez
toute l'actu de Bruxelles avec Hughes Beaudouin

 

En dehors d'un appel tardif à aller voter, José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, est resté très discret durant cette campagne. Mais, en coulisses, il s'active et... s'inquiète. Son avenir à la tête de la Commission est en effet suspendu aux résultats des urnes. La Commission ne doit être renouvelée qu'en fin d'année, Traité de Lisbonne ou pas, et l'actuel titulaire est candidat à sa succession. La totalité des Etats membres lui ont, semble-t-il, donné des assurances. Sauf que le Parlement européen doit valider ce choix. Et, à ce jour, rien n'est joué.

Le "Tout Sauf Barroso" est en effet très à la mode en ce moment à Bruxelles. Beaucoup de députés européens socialistes pourraient se désolidariser de leur chef de gouvernement respectif et soutenir une candidature alternative. Les Libéraux, les Verts souhaitent également ouvrir le jeu. En début de semaine, José Manuel Barroso a eu ainsi quelques sueurs froides en apprenant que d'anciens Premier ministres socialistes, parmi lesquels José Socrates, Felipe Gonzales et Lionel Jospin, ont appelé à une candidature socialiste.
 
Division des dirigeants socialistes, division des droites
 
En revanche, c'est l'embarras à Londres, Madrid et Lisbonne, où les gouvernements, socialistes, soutiennent le sortant. La situation est encore plus ubuesque à Berlin. Les instances dirigeantes du SPD valident une seconde Commission Barroso, mais la base renâcle. Le président allemand du groupe socialiste au Parlement européen, Martin Schultz,  veut lui s'accommoder les bonnes grâces du président de la Commission pour des raisons très personnelles : son ambition est de devenir commissaire européen. Il  a donc besoin du soutien de son meilleur "ennemi" Barroso. La gauche progressiste part donc divisée. Pas simple pour obtenir une majorité de voix à l'automne.

Autre difficulté pour le Portugais : la division des droites. Les conservateurs britanniques, tchèques et polonais vont quitter le groupe des droites européennes au Parlement et créer leur propre groupe. Pas sûr que ce groupe très eurosceptique le soutienne. La future configuration de l'Assemblée européenne pourrait être ainsi très compliquée. José Manuel Barroso l'a bien compris. Alors qu'il a fait savoir officiellement qu'il était candidat à sa propre succession il y a quelques semaines, il se refuse maintenant à toute déclaration. Au vu du camouflé qu'il a dû déjà encaisser lors de sa première nomination en 2004, il pourrait cette fois-ci renoncer s'il n'a pas la garantie d'obtenir une majorité au Parlement.  
 
"Grand Secrétaire du Directoire"
 
Mais que reproche-t-on finalement à ce Portugais soutenu unanimement par les gouvernements européens ? Et bien justement, d'être trop soutenu par les Etats. C'est toujours suspect pour les parlementaires européens. Le rôle effectif du président de la Commission est de représenter l'intérêt général européen. Or l'actuel président de la Commission s'est trop souvent fait uniquement le porte-parole des desiderata des grands Etats membres. Ne le surnomme-t-on pas dans les cénacles bruxellois le "Grand Secrétaire du Directoire" (FranceAllemagne, Italie, Royaume-Uni) ?

Enfin, tare impardonnable pour beaucoup d'Européens : José Manuel Barroso est le dernier responsable européen encore aux responsabilités à avoir soutenu la guerre en Irak. Certains aimeraient bien lui faire payer ce soutien six ans plus tard... A ce stade, sa seule chance est qu'il n'y ait aucune candidature alternative crédible. L'opposition à l'ancien Premier ministre portugais est probablement majoritaire mais incapable de se mettre d'accord sur un nom.

Par Hughes BEAUDOUIN, correspondant à Bruxelles le 06 juin 2009 à 05:45
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

3 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Laurent d aquitaine, le 07/06/2009 à 19h25

    Il est temps que ce portugais arrogant qui ne fait rien pour l'Europe donne sa place à quelqu'un de plus compétent - Sa stature imposante d'évangéliste ne doit plus diriger l'Europe, d'autant que le Portugal est un pays pauvre qui ne doit son salut que grace aux abondantes subventions européennes notamment dans le domaine de la pêche - Alors au revoir Barroso et le Portugal au travail comme nous et vos voisins espagnols

  • LeMagouilleur, le 06/06/2009 à 08h34

    Il va le garder son poste, beaocoup de poussins tournent autour de la poule aux oeufs d'or .

  • LeMagouilleur, le 06/06/2009 à 08h32

    Il a peur que la poule aux oeufs d'or s'arrete pour lui ?

Lire tous les commentaires

      logAudience