Silvio Berlusconi, le 28 mai 2009 © ReutersLes élections de 2004
La gauche, alors dans l'opposition et en grande partie réunie dans la coalition de L'Olivier, était arrivée en tête avec 31% des voix, obtenant ainsi 25 sièges sur 78. Elle avait profité de la division de ses adversaires. La droite s'était en effet répartie entre Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi, avec environ 21% (16 députés), l'Alliance nationale avec 11% (9 mandats) et la Ligue du Nord avec un peu moins de 5% (4 sièges).
Le scrutin
Il a lieu les samedi 6 et dimanche 7 juin, jusqu'à 22h, heure française. Il se déroule à la proportionnelle. Le pays est divisé en cinq circonscriptions électorales : Nord-Ouest, Nord-Est, Centre, Sud, îles. Nombre de députés à élire : 72 (il sera augmenté à 73 si le Traité de Lisbonne entre en vigueur).
Le contexte actuel
Depuis le printemps 2008, le pays est dirigé par le Peuple de la liberté (PdL), la coalition de droite créée par Silvio Berlusconi -elle s'est transformée en parti classique en avril. Grâce à sa nette victoire aux législatives, le Cavaliere, qui s'appuie également sur la Ligue du Nord, applique un programme très marqué à droite. Il met progressivement en œuvre des mesures correspondant à ses promesses de campagne, notamment en matière de lutte contre l'immigration clandestine et de droit du travail.
Malgré les vives critiques de la gauche et des syndicats, malgré ses ennuis judiciaires, malgré ses dérapages verbaux plus ou moins contrôlés, malgré la crise économique, sa cote de popularité est très élevée. Surtout, presque toutes les élections partielles, législatives ou locales, ont vu la victoire des candidats de sa formation, parfois dans des bastions de l'opposition.
La campagne
Silvio Berlusconi a de fait phagocyté les débats en tentant un pari : il est en effet tête de liste du Peuple de la liberté dans toutes les circonscriptions du pays ! C'est d'ailleurs le seul dirigeant d'un des "grands" pays de l'UE à se présenter devant les électeurs. Son objectif : transformer le scrutin en plébiscite, voire en référendum, en sa faveur, à la fois sur sa personne et sur son programme politique. Il espère que son parti dépassera les 50% et qu'il recueillera quatre millions de voix sur son propre nom grâce au système du vote préférentiel à l'intérieur des listes. La gauche dénonce une "anomalie démocratique" puisque le chef du gouvernement ne siègera ni à Strasbourg ni à Bruxelles.
L'Europe est quant à elle quasiment absente des discussions : toute la campagne se cristallise autour du Premier ministre et le vote sera en fait un test sur sa popularité. Une stratégie à double tranchant : son divorce et l'affaire Noemi, du nom de la jeune fille de 18 ans qu'il aurait contactée, voire plus, sont désormais à la Une des journaux et pourraient lui coûter plusieurs points, tout comme la condamnation de son ancien avocat. Face à l'exaspération d'une partie de ses électeurs, notamment catholiques. Silvio Berlusconi s'est d'ailleurs fait plus discret sur la fin de la campagne. Une fin de campagne marquée ce vendredi par la publication dans la presse espagnole de photos "chaudes" prises dans sa villa de Sardaigne
Les sondages
Malgré les polémiques, le Peuple de la Liberté est donné largement gagnant : le parti mené par Silvio Berlusconi obtiendrait environ 40% des suffrages -contre 37% aux législatives de 2008. Sans surprise, l'objectif des 50% restera une utopie. Le Premier ministre pourrait également se retrouver avec une Ligue du Nord en progression sur sa droite et donc devoir encore durcir sa politique.
Le Parti démocrate, principale formation de gauche, est de son côté loin derrière avec au mieux 29% -contre 33% en 2008. L'Italie des Valeurs (Idv), de l'ex-juge anti-corruption Antonio Di Pietro, pourrait enfin tirer profit de son opposition frontale à Silvio Berlusconi avec un score estimé à 8%.
Retour MYTF1
Chargement en cours...





