José Manuel Barroso, le 3 juin 2009 © ReutersRENDEZ-VOUS LCI.fr Le président de la Commission européenne a dépensé 720.230 euros en missions et frais de représentation en 2009. Beaucoup plus que n'importe quel autre commissaire européen.
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la conférence de presse de Nicolas Sarkozy à l'issue du sommet,
vendredi à 12h20
Nommé au forceps et par défaut. Décidément, José Manuel Barroso ne suscite aucun enthousiasme en Europe. C'est l'apathie de la social-démocratie européenne qui semble être à ce jour son principal atout. Réunis à Luxembourg lundi pour notamment préparer le sommet européen qui se tient ces jeudi et vendredi, les 27 ministres des Affaires étrangères ont fait le service minimum et n'ont concédé au président de la Commission qu'un adoubement politique, lui refusant une nomination légalement contraignante. Ils se laissent ainsi la possibilité de changer d'avis si les choses tournaient mal au Parlement européen mi-juillet.
Cette nomination, qui n'en est pas une, tient compte des réticences franco-allemandes. Paris et Berlin n'ont jamais adoré l'ancien Premier ministre portugais. Il n'était pas leur candidat en 2004, mais celui de Tony Blair. C'est aussi un moyen de maintenir la pression sur le très malléable président de la Commission afin d'obtenir les postes convoités au sein du collège des commissaires. C'est aussi un signe dans la direction des parlementaires européens. Car même si la droite modérée a remporté une victoire nette et précise, elle est loin d'être majoritaire : 264 voix sur 736 (35% des sièges).
Un parcours en 3 étapes
Ayant constaté qu'il avait bien une majorité parlementaire, José Manuel Barroso s'est porté candidat au lendemain du scrutin européen "à la demande de la présidence tchèque du Conseil" (formule qui a bien fait sourire à Bruxelles). Conformément aux procédures et au calendrier qu'il s'était fixé, le Conseil européen va de son côté probablement suivre l'avis des chefs de la diplomatie.
Une fois ce premier set gagné, José Manuel Barroso va devoir affronter le 2e et le 3e. Le 2e devrait être à sa portée. Il s'agit simplement d'obtenir une majorité sur son nom au Parlement européen à la mi-juillet. Il a d'ores et déjà les 264 voix du Parti populaire européen. Il lui manque donc une centaine de voix pour atteindre une majorité de 368 parlementaires. Voix qu'il devrait pouvoir obtenir, s'il n'est pas trop maladroit, auprès des Libéraux et de certains conservateurs eurosceptiques britanniques et tchèques. Il n'est pas dit non plus que certains socialistes ne lui accordent pas quelques voix. On pense notamment aux Allemands puisque la direction du SPD lui a apporté son soutien -il est vrai avant la déconfiture électorale du 7 juin. Reste à savoir si le Parlement votera bien cette reconduction le 14 ou 15 juillet. Jeudi, son président sortant, Hans-Gert Pöttering, a encore laissé planer le doute.
L'épreuve des auditions parlementaires
C'est le 3e set qui s'annonce plus problématique. Comme le soulignait la semaine dernière un commissaire européen, "Barroso ayant un sens politique assez particulier, il est capable de ne pas être à la hauteur sur cette étape". Il s'agira en fait de faire approuver à l'automne le collège des 26 autres commissaires par le Parlement européen. Entre la mi-juillet, date de sa confirmation par l'Assemblée de Strasbourg et début novembre, à l'issue du mandat de l'actuelle Commission, José Manuel Barroso va devoir constituer son équipe.
Or on se rappelle qu'en 2004 il avait fait preuve d'une incroyable arrogance et d'une absence totale de sens politique. Certains des commissaires avaient été récusés par les commissions parlementaires, soit pour incompatibilité avec la fonction, soit pour incompétence. En plein milieu de la nuit, l'ancien Premier ministre portugais avait dû céder pour éviter le risque de voir la totalité de la Commission rejetée par les parlementaires. Une reculade forcée qui l'a poursuivi tout au long de son mandat. Avec un Parlement encore plus dispersé, et des Verts requinqués, les auditions des Commissaires s'annoncent sportives.
Fonction modifiée
Il s'agit donc d'un exercice périlleux car le président élu de la Commission n'a pas forcément les mains libres. Ce sont les gouvernements qui lui proposent des noms, et le plus souvent un seul. Donc pas de marge de manœuvre alors que les Traités précisent bien que la discussion est possible. Ensuite il faut répartir les portefeuilles et les vice-présidences. Et, là aussi, les Etats ont leurs exigences. On ne peut pas confier tous les portefeuilles importants (concurrence, marché intérieur, commerce, agriculture, transports) à des grands Etats. Mais on ne peut pas non plus les éliminer complètement. C'est donc une discussion assez tendue qui se déroule entre les capitales et le président de la Commission. Il faut respecter plusieurs types d'équilibre : Nord/Sud, Est/Ouest, petits/grands, hommes/femmes... Enfin, il faut prendre en compte la diversité politique de l'Europe. Même en recul notable, la social-démocratie demeure une force majeure. Il faut donc lui confier des portefeuilles importants. Ainsi qu'aux Libéraux qui dirigent plusieurs gouvernements.
José Manuel Barroso aura-t-il la volonté et la force de ne pas se faire imposer ses commissaires ? Rien n'est moins sûr. En un mandat, il a en effet véritablement modifié la nature de sa fonction. Il est devenu une sorte d'exécutant des Etats ou de coalitions d'Etats. On l'imagine mal se découvrir soudainement l'héritier de Jacques Delors alors qu'il n'a eu de cesse de trahir son héritage depuis 2004.
Irlande, climat et régulation financière |
Outre la nomination de José Manuel Barroso, les 27 devraient lancer lors du sommet un appel à une réforme rapide et ambitieuse de la supervision financière. Ils formaliseront également une série de garanties à l'Irlande en vue de l'organisation d'un second référendum sur le traité de Lisbonne à l'automne et avanceront sur la position européenne avant les négociations de Copenhague sur le changement climatique. |
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