Ce qui pourrait clasher entre Sarkozy et la Suède

Par , le 01 juillet 2009 à 11h02 , mis à jour le 01 juillet 2009 à 11h29

La Suède prend pour six mois la présidence de l'Union européenne. Certains dossiers pourraient entraîner des tensions avec la France.

sarkozy reinfeldtNicolas Sarkozy et Fredrik Reinfeldt, le Premier ministre suédois (archives, juillet 2008) © Reuters

Après une présidence tchèque au bilan jugé très mitigé, l'arrivée de la Suède à la tête de l'Union européenne ce 1er juillet pour six mois est un soulagement pour la plupart des pays membres. Et c'est peu dire que Fredrik Reinfeldt, le Premier ministre suédois conservateur, a du pain sur la planche. Crise économique et lutte contre le chômage, réchauffement climatique, nouveau référendum irlandais avec entrée en vigueur du traité de Lisbonne en cas de "yes" et nomination du futur président fixe du Conseil européen : les dossiers ne manquent pas. Mais Fredrik Reinfeldt devra aussi gérer les éventuelles tensions avec d'autres membres, et notamment la France. Sur ce point, il sera mis dans le bain dès vendredi avec la visite de Nicolas Sarkozy.
 
Le principal point d'achoppement entre Stockholm et Paris devrait être la Turquie. La Suède milite fermement pour l'adhésion d'Ankara, à laquelle s'oppose encore plus Nicolas Sarkozy. Le voyage programmé ce vendredi était d'ailleurs initialement prévu le 2 juin. Il avait été officiellement reporté pour des "questions d'agenda". Mais en fait, une interview de Carl Bildt, le ministre suédois des Affaires étrangères, au Figaro, où il défendait l'entrée de la Turquie, n'aurait pas été appréciée par l'Elysée. Afin d'éviter un clash quelques jours avant les Européennes, les deux parties auraient alors convenu de reporter la visite. Problème : un mois plus tard, rien n'a changé sur le fond de leurs divergences sur le sujet turc.
 
Rigueur ou déficit ?
 
Autre sujet possible d'achoppement : la lutte contre la crise économique. Alors que le déficit budgétaire de 20 pays dépasse la limite des 3% du PIB, la Suède prône le retour à la discipline et donc la rigueur. Un point de vue que ne partage pas du tout Nicolas Sarkozy. Il l'a encore prouvé avec le lancement du vaste emprunt national annoncé la semaine dernière afin de financer des projets d'investissements, censés accélérer le retour de la croissance et donc de l'emploi. Conséquence : Bercy prévoit un déficit public compris entre 6 et 7% ! De quoi donner des sueurs froides à Stockholm.
 
Enfin, si le traité de Lisbonne est adopté par les Irlandais lors du second référendum et s'il entre bien en vigueur en novembre ou en décembre, il faudra alors trouver le président du Conseil européen. Nommé pour deux ans et demi, il doit permettre de donner un visage à l'Europe dans le monde et répondre enfin à la question que posait en 1970 Henry Kissinger, le chef de la diplomatie américaine : "L'Europe, quel numéro de téléphone ?".  Problème : ce président doit-il être un ancien chef de gouvernement de premier plan, qui utilisera la fonction au maximum de ses possibilités ? Ou faut-il au contraire opter pour une personnalité plus neutre ? Nicolas Sarkozy est un ferme partisan de la première solution et a déjà son favori : l'ex Premier ministre britannique Tony Blair. Or la Suède, qui a peur que ce président ne serve surtout les intérêts des "grands pays", penche pour sa part déjà clairement pour la seconde solution.

Par Fabrice Aubert le 01 juillet 2009 à 11:02
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27 Commentaires

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  • Virginie, le 04/07/2009 à 21h02

    Je flippe... Quelqu'un aurait-il une idée d'un lieu où vivre paisiblement en ce bas-monde? Cauchemardesque!

  • Céline, le 02/07/2009 à 21h23

    La Turquie dans l'Union Européenne.....mais pourquoi? Il y a un fossé immense entre l'Europe et ce pays , dans tous les domaines , que ce soit économique , culturel , politique....la Turquie n'est pas encore prête et le sera-t-elle un jour?

  • Fabien, le 02/07/2009 à 03h15

    Non non les Allemands ont la meme dette que nous sinon pire..Faut pas rever meme les Etats Unis sont gravement endetter

  • Phil, le 01/07/2009 à 19h23

    Ca va coincer avec l allemagne dans les années a venir sur notre dette , on va etre les parias de l europe

  • Jean, le 01/07/2009 à 17h38

    Entièrement d'accord avec jean(de Paris )avec en plus si la Turquie venait dans l'UE :guerre ou révolution assurée!!les seuls gagnants :les Pompes Funèbres !! jean.St-Maur ;

  • Titi, le 01/07/2009 à 17h33

    Le premier probleme viendra de la rigueur budgetaire qui est un gros' mot pour notre président qui profite pleinement de la situation à titre personnel passer de 7% de deficit à moins de 3% impliquera une forte rigueur mais il faudra commencer par le "haut" et nous finirons par les plus modestes après mais si le travail est bien fait au début"par le haut" les pauvres seront largement épargnés le deuxieme est la turquie 'mais à ce moment là il faut acheter une carte de géo et regarder ou se trouve la turquie!!

  • Geronimo, le 01/07/2009 à 16h59

    Il n'y a pas de problème avec la Suède qui a plein de bonnes idées, il y a seulement Carl Bildt ce qui n'est pas grand chose. Par contre un Lellouche pro turquie aux affaires européennes, c'est infiniment plus dangereux Les dossiers avanceront par dessous en demandant à Bildt de la mettre en veilleuse.

  • HENRI, le 01/07/2009 à 16h44

    Question : à combien se monte le PIB de la Suède face à celui de la France et de l'Allemagne ???

  • Thevertcitron, le 01/07/2009 à 15h54

    Eux, possède des hommes et femmes politiques qui n'ont pas honte d'afficher ce qu'ils coûtent, ce qu'ils dépensent et en plus généralement ils fournissent du retour sur investissement, mais ce qui va clasher c'est la différence entre jeter de la poudre de yeux ou bosser vraiment car aujourd'hui les seuls établissements qui sortent de la crise sont les banques où est passé la sois disant réforme du capitalisme? Bien sûr en France, nous sommes trop bon pour que les Suédois nous donnent des leçons de gestion!

  • Pol75, le 01/07/2009 à 14h59

    Je rêve, le favori du président français pour une présidence de l'Europe est l'ex Premier ministre britannique Tony Blair !!! C'est du délire. Les anglais ont toujours voulu avoir un statut à part dans l'Europe sans jamais vraiment jouer le jeu, le modèle économique qui est entrain de nous faire couler vient de chez eux et ils ne sont même pas dans l'Euro ! Et un anglais devrait nous diriger tous ? Si cela doit se passer comme ça je vais devenir un anti-européen plus que radical !

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