Les dirigeants du G5 à L'Aquila, 8 juillet 2009. De gauche à droite : Manmohan Singh (Inde), Luiz Inacio Lula da Silva (Brésil), Felipe Calderon (Mexique), Jacob Zuma (Afrique du Sud) et Dai Bingguo (Chine). © ReutersFaute d'engagements à moyen terme et en dépit des progrès accomplis sur la réduction des émissions polluantes d'ici 2050, le G8 de L'Aquila laisse le sentiment d'un rendez-vous manqué sur le changement climatique à cinq mois de l'accord attendu à Copenhague. Prenant acte des travaux de plus en plus alarmants des scientifiques, les dirigeants des huit pays industrialisés ont approuvé mercredi la limite de 2°C maximum de réchauffement et, pour la respecter, accepté de viser une division de moitié des émissions mondiales de gaz à effet de serre d'ici 2050 et de 80% ou plus pour les pays industrialisés.
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Publié le 07/08/2010
"Un consensus historique", pour le président Barack Obama, dont c'était le premier G8. D'autant que l'engagement américain a permis de convaincre le Japon, le Canada ou la Russie, qui n'avaient jamais souscrit à pareil objectif. M. Obama présidait en parallèle le Forum des principales économies sur le climat et l'énergie (MEF, 16 pays dont le G8 et les grands émergents, soit 80% des émissions mondiales) qui s'est également rallié aux 2°C. "Cet objectif est désormais gravé dans le marbre", s'est félicité le président de la Commission européenne José Manuel Barroso. L'UE et une centaine de pays l'avaient d'ailleurs déjà approuvé. Mais pour le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, qui salue aussi l'engagement sur les 2 degrés, "les résultats du G8 sont insuffisants". "Il nous faut un objectif à moyen terme assurant que nous sommes sur la bonne voie pour atteindre les objectifs de 2050", a-t-il jugé. Les leaders du G8 "avaient une occasion unique qui risque de ne plus se représenter".
"Les projections prêtent aux pays émergents la majeure partie des émissions à l'avenir"
Ce manque d'engagement dans un avenir proche a été mal reçu par les grands émergents comme le Brésil : "Nous ne pouvons accepter cet objectif de 2050 sans un engagement solide à moyen terme", a estimé le responsable brésilien des négociations climat, Luiz Alberto Figuereido Machado, pour qui c'est une question de "crédibilité" des pays riches. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les pays en développement du MEF, dont la Chine, devenue le premier émetteur mondial de CO2, ont renoncé à endosser un objectif de réduction de 50% des émissions d'ici 2050.
Mais pour Barack Obama, les grands pays en développement devront eux aussi prendre leur part dans le prochain accord climat. "Parce que les projections prêtent aux pays émergents la majeure partie des émissions à l'avenir, leur participation active est la condition préalable à une solution", a-t-il prévenu. Il a également annoncé que les ministres du G8 devraient faire des propositions sur le financement de la lutte contre le réchauffement lors du sommet du G20, en septembre aux Etats-Unis. "Il nous faut aider les pays les plus affectés à s'adapter et en particulier ceux qui sont le moins à même de le faire faute de ressources", a-t-il indiqué. "Aussi, nous cherchons à leur apporter une aide financière significative", a-t-il promis, palliant ainsi l'absence de déclaration du G8 sur ce point crucial pour les pays en développement.
"L'absence d'objectif chiffré dans la déclaration du MEF montre bien que les pays en développement ne font pas confiance aux industrialisés", constate Alden Meyer, directeur de l'Union for concerned scientists, une ONG américaine. "Le sommet du G20 est le dernier avant Copenhague. Si cette réunion permet d'avancer sérieusement sur la question du financement, ça pourrait changer la donne". Ban Ki-moon, qui "refuse de considérer la possibilité d'un échec à Copenhague", mise de son côté sur le sommet climat qu'il organise en septembre à New York, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, pour arracher un nouvel engagements aux pays industrialisés.
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