Préparatifs du sommet du G8 à L'Aquila, 7 juillet 2009 © ReutersLe 7 avril dernier, L'Aquila, la capitale des Abruzzes, était victime d'un terrible séisme faisant près de 300 morts et des milliers de sinistrés. Quelques semaines plus tard, Silvio Berlusconi décidait d'y organiser le sommet du G8, prévu au départ en Sardaigne. "Capitale de la douleur, L'Aquila va devenir capitale du monde car 90% de l'économie mondiale sera représentée", se félicitait le Premier ministre italien la semaine dernière. "Tout est prêt, je suis totalement serein", a-t-il ajouté mardi, à la veille d'un sommet de fait unique en son genre.
Loin des logements luxueux auxquels ils sont habitués lors de ce type de rendez-vous internationaux, les chefs d'Etats des huit pays les plus riches au monde (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Allemagne, Italie, Canada, Russie, Japon) logeront ainsi dans une caserne de gendarmerie. Située juste à l'extérieur de la ville, c'est l'un des seuls bâtiments à ne pas avoir été détruits par la secousse. Barack Obama, Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et leurs homologues tiendront donc leur réunion à seulement quelques centaines de mètres des camps de tente où sont encore hébergés provisoirement les sinistrés. Outre ce qu'ils considérent comme un "coup de com'" du Premier ministre, les victimes critiquent d'ailleurs la lenteur de la reconstruction promise par Silvio Berlusconi et l'argent dépensé pour organiser le sommet.
Evacuation ?
Surtout, les dirigeants ne sont pas à l'abri d'un nouveau tremblement de terre et d'une évacuation. La protection civile italienne souligne que les participants seront immédiatement évacués en cas de séisme d'une magnitude supérieure à 4. Or, vendredi dernier, une secousse de 4,1 sur l'échelle de Richter a été enregistrée, avec un épicentre à seulement 1 km de la caserne où se tient la réunion.
Comme c'est désormais le cas presque à chaque fois, des mesures de sécurité drastiques ont été mises en place pour faire face aux manifestations d'altermondialistes. Des rassemblements sont en effet prévus près de L'Aquila et à Rome, huit ans après le dernier G8 tenu en Italie. Les heurts entre protestataires et forces de l'ordre avaient alors fait un mort à Gênes.
L'Iran en entrée
Sur le fond, ce G8, désormais coincé entre les sommets du G20, perd de sa puissance, voire sa raison d'être. Il s'agrandira ainsi jeudi et vendredi au G5 (Afrique du Sud, Brésil, Chine, Inde, Mexique), à l'Australie, l'Indonésie et la Corée du Sud. Mercredi soir, l'Iran sera le sujet principal du dîner. Le G8 devrait réaffirmer la condamnation des violences qui ont suivi la présidentielle. La relance de l'économie mondiale, la lutte contre le réchauffement climatique et l'aide au développment constitueront ensuite le gros du travail.
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