Les membres du G8 à L'Aquila. © TF1/LCILes dirigeants du G8 ont trouvé un terrain d'entente en matière de réduction des gaz à effet de serre. Ils se sont engagés sur une division de moitié des émissions mondiales d'ici 2050 par rapport à 1990 et de 80% ou plus pour les pays industrialisés. Ces engagements chiffrés, qui visent à contenir le réchauffement mondial en dessous des 2°C par rapport aux niveaux pré-industriels, corrigent néanmoins le revers infligé par le Forum des Principales économies (MEF) qui associe le G8 et les économies émergentes: le MEF a renoncé, à la veille de son sommet jeudi, à toute annonce datée et quantifiée de réduction des émissions mondiales.
Les huit pays les plus industrialisés du G8, qui ont visiblement bénéficié pour leur sommet de l'entrée en scène du président américain Barack Obama, reconnaissent pour la première fois collectivement la limite des 2°C déjà approuvée par plus d'une centaine de pays dont l'Union européenne. C'est également la première fois que ce groupe - qui représente 13% de la population et 40% des émissions mondiales - adopte un objectif pour les seuls pays industrialisés, considérés comme les "pollueurs historiques" de l'atmosphère, conformément aux recommandations des scientifiques. Cette coupe sombre de 80% pour les pays développés d'ici 2050 a été aussitôt jugée "inacceptable" par un conseiller du président russe Dmitri Medvedev.
"La situation économique reste incertaine"
Concernant la situation économique, les dirigeants du G8 ont averti qu'elle restait incertaine avec les conséquences sociales que cela pourrait avoir. Le G8 a pris acte du léger mieux de la conjoncture tout en restant très prudent sur les chances d'une reprise durable. "La situation reste incertaine et des risques importants continuent de peser sur la stabilité économique et financière", considère le G8 dans son diagnostic très attendu sur la crise. Les dirigeants s'engagent aussi à réfléchir à des "stratégies de sortie" de leurs politiques de relance mais sans fermer la porte à de nouveaux coups de pouce budgétaires.
Sur la question du pétrole, les dirigeants ont appelé les pays producteurs et consommateurs de pétrole à "améliorer la transparence et renforcer leur dialogue" afin d'atténuer la volatilité des prix. Les dirigeants sont tombés d'accord pour estimer qu'un juste prix du pétrole devait se situer entre 70 et 80 dollars le baril. Ils ont enfin affirmé qu'ils ne pouvaient "continuer de tolérer" l'évasion fiscale.
Pas de consensus sur l'Iran
Sur le plan diplomatique, l'Iran devrait échapper à une condamnation malgré la répression qui a suivi la réélection contestée du président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad, la Russie s'opposant à toute ingérence dans les affaires intérieures de Téhéran. Le chef de la diplomatie italienne, Franco Frattini, dont le pays préside le G8, a admis que les "conditions" d'une condamnation de l'Iran "n'étaient pas réunies". La Corée du Nord, qui a procédé à un essai nucléaire en mai et à de nouveaux tirs de missiles sera en revanche "fermement condamnée", selon M. Frattini.
Le G8 s'est également engagé mercredi à respecter ses promesses d'augmenter l'aide publique au développement en faveur de l'Afrique et d'accroître "avec d'autres donateurs" de 25 milliards de dollars par an cette aide sur la période 2004-2010. Ce sommet, initialement prévu en Sardaigne, a été organisé à L'Aquila, dans le centre de l'Italie, en signe de solidarité avec ses habitants, victimes d'un séisme en avril qui y a fait 299 morts.
(D'après agences)
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