Nicolas Sarkozy au G8 à L'Aquila, le 9 juillet 2009 © TF1-LCI
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Un G14 pour réunir 90% de la richesse mondiale et arriver à des décisions communes, un système monétaire diversifié, une organisation mondiale pour l'environnement... Nicolas Sarkozy a fait jeudi, lors d'une conférence de presse avec les journalistes français, le tour des sujets chauds du G8 qui se tient jusqu'à vendredi à L'Aquila, ainsi que quelques dossiers qui touchent les français. Résumé :
- Le président français, soutenu par le Brésil, réclame une évolution du G8 (Groupe des Huit pays les plus industrialisés) et l'institutionalisation "le plus vite possible" du G14, qui regroupe le G8 et les grandes puissances émergentes : G8 (Etats-Unis, Japon, Canada, France, Allemagne, Grande-Bretagne, Italie et Russie) + le G5 (Chine, Inde, Afrique du Sud, Brésil et Mexique) + l'Egypte, soit la configuration adoptée de facto ce jeudi à L'Aquila. "Non pas que le G8 ne présente pas d'utilité mais clairement la représentativité du G8 n'est pas suffisante" pour répondre aux grands défis, plaide-t-il. "Je ne vois pas comment on peut convaincre un pays de un milliard d'habitants comme l'Inde de prendre sa part à la lutte contre le changement climatique si on l'invite seulement à la fin d'un sommet pour payer l'addition", a fait valoir le président français lors du sommet du G8. "Dès le prochain sommet (du G8) au Canada, j'espère que les choses vont changer", a-t-il souhaité. Sinon, en 2011, lorsque la France est censée recevoir le G8.
- La demande chinoise d'une réflexion sur une nouvelle monnaie de réserve internationale pour remplacer le dollar n'a pas trouvé place dans la déclaration commune du G8. Mais elle a trouvé un soutien de poids avec la France. "On ne peut pas rester avec une seule monnaie", lance Nicolas Sarkozy en référence au dollar. Il appelle à une diversification du système monétaire international car "un monde multipolaire doit correspondre à un monde multimonétaire". Le président français dit en avoir parlé avec le directeur général du Fonds monétaire international, le Français Dominique Strauss-Kahn, également présent à L'Aquila.
- Si le G8 a enrôlé jeudi les grands pays émergents dans la quête d'une reprise économique mondiale équilibrée, le consensus est en revanche plus difficile sur le plan de l'écologie, en particulier la lutte contre le réchauffement climatique. Une déception sur le dossier Climat que le président français souligne, appelant à "une organisation mondiale de l'environnement". "J'ai été très heureux d'entendre le président Obama parler de la taxe carbone", ajoute-t-il, alors que les Etats-Unis de l'ère Bush faisaient de la résistance sur le dossier. Les dirigeants du G8 n'ont pas réussi à convaincre leurs homologues des pays émergents de se rallier à un objectif chiffré de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Contrairement au G8, qui s'est accordé mercredi sur un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 50% d'ici 2050 au niveau planétaire et de 80% pour les pays développés ("un consensus historique", pour le président Barack Obama), ils ne prennent aucun engagement chiffré, considérant que la pollution atmosphérique est historiquement et essentiellement le fait des principaux pays industrialisés (lire notre article).
- Alors que sa femme a décidé de bouder le programme officiel des conjoints des dirigeants du G8 (lire notre article), Nicolas Sarkozy commente : "je suis reconnaissant à Carla pour son programme humanitaire et non touristique".
- Le président français souhaite à nouveau que la Française Florence Cassez, emprisonnée au Mexique pour enlèvement, "effectue sa peine de prison en France"."Je suis prêt à donner des garanties aux autorités mexicaines mais ça ne peut pas être 'on ferme la porte', ce n'est pas possible, en tous cas de leur côté", dit-il, alors que le Mexique se refuse à la transférer en France, possibilité prévue par une convention de 1983 signée par les deux pays. Cette Française, qui clame son innocence, a été condamnée à 60 ans de prison.
- Le chef de l'Etat français assure qu'il n'y aura "pas de secret défense" concernant l'assassinat en 1996 des moines de Tibéhirine en Algérie, alors que l'enquête sur ce crime vient de connaître un nouveau rebondissement (lire notre article).
- Une frappe unilatérale d'Israël contre l'Iran, accusé de vouloir se doter de l'arme nucléaire, serait une "catastrophe absolue", affirme Nicolas Sarkozy, précisant que les dirigeants israéliens ne lui ont pas donné l'assurance qu'ils ne procèderaient pas à une telle attaque. "Israël n'est pas seul" et il faut "regarder tout ceci avec calme", insiste le président français. Le G8 a donné mercredi une nouvelle chance aux tentatives de dialogue avec l'Iran sur son programme nucléaire jusqu'à la fin septembre. Faute de résultats, de nouvelles sanctions contre Téhéran pourraient être alors envisagées. "C'est aux Iraniens de réfléchir", souligne Nicolas Sarkozy. "En août le président iranien (Mahmoud Ahmadinejad, fraîchement réélu) prêtera serment, un nouveau gouvernement sera présenté. Est-ce qu'il veut la discussion ou est-ce qu'il ne la souhaite pas ? S'il ne la souhaite pas, il y aura des sanctions."
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