Finalement la Bulgare Bokova bat le controversé Hosni

Par D.H. (avec agence), le 22 septembre 2009 à 19h50 , mis à jour le 27 septembre 2009 à 16h57

Il aura fallu 5 tours pour savoir qui prendra la tête de l'Unesco. La Bulgare Irina Bokova a finalement été élue mardi, plutôt que le candidat égyptien Farouk Hosni.

La nouvelle présidente de l'Unesco Gueorguieva BokovaLa nouvelle présidente de l'Unesco Gueorguieva Bokova © LCI

Cette élection était la plus disputée et médiatique depuis la création de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture en 1945. And the winner is... Irina Gueorguieva Bokova. La Bulgare a été élue mardi à Paris directeur général de l'Unesco, au cinquième tour d'un scrutin à rebondissements pour lequel l'Egyptien Farouk Hosni partait favori, a annoncé le président du conseil exécutif de l'organisation.
 
La diplomate bulgare âgée de 57 ans a finalement été élue avec 31 voix, contre 27 pour l'ancien ministre égyptien de la Culture de 71 ans, dont les détracteurs ont stigmatisé les positions anti-israéliennes. Farouk Hosni, ministre de la Culture depuis plus de 20 ans dans son pays, et Irina Bokova, diplomate de carrière, étaient arrivés lundi à égalité au 4e tour, avec 29 voix chacun au sein du Conseil exécutif de l'Unesco. Ils se sont retrouvés face à face après les retraits successifs de l'Autrichienne Benita Ferrero-Waldner et de l'Equatorienne Ivonne Baki. Le nom du successeur du Japonais Koichiro Matsuura doit encore être approuvé, par un vote secret, en octobre par la Conférence générale, l'assemblée plénière des 193 membres de l'organisation, dont le siège est à Paris.

Elle parle cinq langues
 
Irina Bokova est une ancienne communiste, diplomate de carrière, devenue une militante convaincue de la cause européenne, ambassadrice de la Bulgarie en France, à Monaco et auprès de l'Unesco depuis 2005. Cette femme dynamique, l'une des personnalités les plus populaires du Parti socialiste (ex-communiste), aujourd'hui dans l'opposition, a appartenu à la jeunesse dorée aux temps de la dictature communiste : comme il se devait à l'époque, elle a ainsi fait ses études supérieures à Moscou, à l'Institut d'Etat des relations internationales.

Elle a ensuite parfait son parcours universitaire, avant et après la chute du régime en 1989, avec des spécialisations aux Etats-Unis, notamment à la prestigieuse Université de Harvard. Irina Bokova a été premier vice-ministre des Affaires étrangères et coordinateur principal des relations de la Bulgarie avec l'Union européenne (UE) de 1995 à 1997 avant de devenir brièvement chef de la diplomatie bulgare de novembre 1996 à février 1997. Membre du Conseil exécutif de l'Unesco depuis 2007, elle est également vice-présidente du groupe francophone des ambassadeurs auprès de cette institution de l'Organisation des Nations Unies (ONU), chargée de l'éducation, de la science, de la culture et du patrimoine. Parlant couramment anglais, espagnol, français et russe, elle est mariée et mère de deux enfants.

La main tendue de Bokova au monde musulman

A peine élue mardi à la tête de l'Unesco, Gueorguieva Bokova a tendu la main au monde musulman, déçu de la défaite de l'Egyptien Farouk Hosni qui partait pourtant favori.  "Je suis très amie avec le ministre de la Culture Farouk Hosni, avec l'ambassadeur égyptien, je n'ai jamais considéré que la compétition c'est une guerre, une bataille des uns contre les autres. C'est plutôt des idées, travailler, convaincre les membres du conseil exécutif, lancer des projets et après voir qui est le mieux placé selon la préférence du conseil exécutif à occuper ce poste", a-t-elle souligné. Des voix se sont cependant élevées dans les milieux  intellectuels en Egypte pour dire leur déception après cette élection. Mais ni la présidence ni le ministère des Affaires étrangères n'ont réagi. "Pour la première fois, la course (pour la tête de) cette organisation était  politique", a déclaré le président de l'Union des écrivains egyptiens. "Le lobby juif a exercé énormément de pressions, a pris certains  commentaires du ministre et les a placés hors contexte", a-t-il dit, en allusion  à des propos du ministre égyptien de la Culture, Farouk Hosni, selon lesquels il brûlerait "lui-même" les livres en hébreu qu'il trouverait dans les bibliothèques du pays. "C'est la première fois qu'il y a une telle polarisation entre le nord et le  sud et le mouvement sioniste a complètement recruté le nord", a commenté pour sa  part Gaber Asfour, chef du service des traductions au ministère de la Culture. "C'est la première fois que l'Europe s'élève contre le monde arabe avec une  telle férocité. Ce résultat n'est pas un échec complet car il a tant révélé",  a-t-il dit.

Par D.H. (avec agence) le 22 septembre 2009 à 19:50
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4 Commentaires

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  • Sara, le 23/09/2009 à 00h01

    Le monde doit reconnaître l'intelligence et le vigueur des femmes bulgares. Bravo, Irina, bon chance!

  • Luc, le 22/09/2009 à 23h08

    Les lobbys sont entrés en action, comme d'habitude !

  • Bernard, le 22/09/2009 à 21h26

    A Rv, Blois. D'accord. Mais il faut parler cinq langues différentes (Bulgare compris). Toi, tu en parles combien ?

  • Rv, le 22/09/2009 à 20h13

    La place doit être sacrément bonne pour se la disputer comme ça !!

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