Archives : Mouammar Kadhafi, le 1er septembre 2009, à Tripoli © ReutersBeligh Nabli, spécialiste du droit international, est maître de conférence en droit public et chercheur à l'Institut des relations internationales et stratégiques (Iris).
Fin de l'odyssée de l'otage suisse de Kadhafi
L'homme d'affaires Max Göldi, retenu près de deux ans en Libye en représailles à l'arrestation à Genève d'un des fils du dirigeant libyen, est de retour en Suisse.
Publié le 14/06/2010
Le "djihad" de Kadhafi contre la Suisse ne passe pas
La Suisse a reçu ce vendredi le soutien des Nations unies et de l'Union européenne après l'appel à la guerre sainte économique lancée jeudi par le président libyen, en pleine crise diplomatique avec Berne.
Publié le 26/02/2010
LCI.fr : Que peut-on attendre de cette 64e assemblée générale de l'ONU, notamment sur la question de la réforme de l'organisation ?
Beligh Nabli : La question de la réforme de l'ONU est assez récurrente. Mais il faut bien constater l'échec des différents acteurs, qui n'ont proposé aucune solution, aucun compromis sur le sujet. Le problème reste néanmoins parfaitement à l'ordre du jour. Le président de l'Assemblée générale, Ali Triki, en a ainsi officiellement réaffirmé l'importance, en mettant l'accent sur le Conseil de sécurité. Pour l'Afrique, qui n'est toujours pas représentée au sein de l'institution, c'est une priorité.
LCI.fr : Qu'est-ce qui aujourd'hui bloque l'avancée de cette réforme du Conseil de sécurité ? Ne devrait-il pas évoluer comme le G8, transformé en G20 ?
B.N. : La difficulté provient surtout de la concurrence institutionnelle entre les différentes organisations. Or le phénomène général actuel tend vers la multiplication d'organisations internationales, plus ou moins spécialisées. D'où le problème de l'ONU, organisation à vocation universelle, ouverte à tous les Etats (ndlr : elle est composée de 192 membres). Elle tend donc à s'intéresser à pratiquement toutes les questions. Or, certaines sont particulièrement complexes mais sont traitées par des groupes restreints. C'est pourquoi le G8, et aujourd'hui le G14 et le G20, peuvent s'avérer plus efficaces pour traiter les problèmes pointus d'ordre économique.
| "Obama envoie un signe vers l'Afrique" |
| Beligh Nabli, spécialiste en droit international |
LCI.fr : Cette 64e assemblée s'ouvrira également sur la toute première intervention de Barack Obama.
B.N. : Elle est très attendue. Il a lui-même manifesté et exprimé l'importance que représente à ses yeux le fait de s'exprimer à la tribune. Il va pouvoir réaffirmer une approche plus multilatérale qu'auparavant afin de marquer une rupture par rapport à l'administration Bush. Ce sera aussi l'occasion pour lui de manifester une nouvelle approche envers l'Afrique puisqu'il a exprimé la volonté de rencontrer certains dirigeants à New York en marge des débats. Il envoie là un signe vers le continent, et plus globalement vers le monde entier. Les Etats-Unis affichent donc désormais un nouveau visage, plus ouvert et donc plus fort.
LCI.fr : La Libye préside cette année l'Assemblée générale, avec le risque d'assister à un "show" de Mouammar Kadhafi, présent pour la première fois à la tribune depuis son arrivée au pouvoir en 1969.
B.N. : Sa présence est en effet historique Il faut rappeler qu'elle s'inscrit dans un mouvement plus général : celui de la tentative de l'Etat libyen de se repositionner sur l'échiquier international afin de regagner sa légitimité. Il faut savoir également que la Libye préside d'autres organisations. Sur le plan institutionnel et international, elle va donc se retrouver en même temps à la tête de l'Assemblée générale des Nations unies, mais aussi de l'Union du Maghreb Arabe (UMA) et d'autres organisations africaines. C'est donc assez impressionnant et spectaculaire d'un point de vue institutionnel. Sur ce point, la victoire libyenne est manifestement importante.
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