Battu, Farouk Hosni pointe les "pressions sionistes"

le 23 septembre 2009 à 15h13 , mis à jour le 27 septembre 2009 à 16h59

Au lendemain de sa défaite au poste de directeur général, le ministre de la Culture égyptien affirme que l'organisation est "politisée".

Farouk HosniFarouk Hosni © Reuters

D'un côté, il y a ceux, comme Bernard Henri-Lévy ou Elie Wiesel, qui se félicitent de la défaite de Farouk Hosni face à Irina Bokova pour devenir patron de l'Unesco en raison de ses anciennes déclarations jugées antisémites.

En revanche, en Egypte, la perception de la situation n'est évidemment pas la même. Dans sa première déclaration après les résultats, Farouk Hosni a accusé mercredi après-midi l'organisation d"être politisée". "Le candidat égyptien avait contre lui tous les journaux et les pressions sionistes", a-t-il déclaré à des journalistes à son arrivée à l'aéroport du Caire, en parlant de lui à la 3e personne. Il a également reproché à l'ambassadeur américain à l'Unesco de s'être "activé avec force et avec tous les moyens à sa disposition" contre lui.

"Lobby juif"

Auparavant, la presse et les intellectuels se sont déchaînés contre ce qu'ils qualifient de "lobby juif" et de "choc des civilisations".   Le quotidien gouvernemental Al-Ahram al-Messai parle par exemple "d'attaques indignes de la part d'intellectuels juifs en France" et dénonce les efforts de sape "de l'ambassadeur américain à l'Unesco et des médias sionistes en Europe et aux Etats-Unis". La presse d'opposition partage peu ou prou la même opinion.  Le journal Al-Ahrar se lâche ainsi contre la "campagne féroce de l'administration américaine, sous pression juive". Pour Al-Masry al-Youm (indépendant), la bataille a été "déterminée par un choc des civilisations" entre Occidentaux et pays en développement.

Des voix se sont aussi élevées dans les milieux intellectuels égyptiens pour fustiger le "mouvement sioniste" et le peu de considération des Occidentaux pour les pays du Sud. "Pour la première fois, la course était politique", affirme Mohammed Salmaoui, président de l'Union des  écrivains. "C'est la première fois qu'il y a une telle polarisation entre le nord et le sud", note de son côté Gaber Asfour, chef du service des traductions au ministère de la Culture. "C'est la première fois que l'Europe s'élève contre le monde arabe avec une telle férocité", ajoute-t-il. 

Vives critiques de François Bayrou

Le leader du Modem qualifie de "camouflet" pour le gouvernement français l'échec de Farouk Hosni. La question est "pourquoi on avait choisi de défendre ce candidat-là, dont on connaissait depuis des semaines les déclarations inacceptables", a relevé François Bayrou sur France-Info, en référence aux propos du ministre égyptien de la Culture qui s'était dit prêt à brûler les livres en hébreu. "On voulait sauver la moribonde Union pour la Méditerranée en faisant des concessions peut-être excessives", suppose-t-il. "La diplomatie de la France, qui est une grande diplomatie, exige équilibre et mesure. Chaque fois qu'on entre dans une situation de confrontation publique extrêmement forte, y compris avec ses propres valeurs, on est en situation de fragilité", conclut-il.

le 23 septembre 2009 à 15:13
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5 Commentaires

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  • Plume63, le 23/09/2009 à 21h09

    Qu'on ne place pas des gens comme ça à des postes aussi importants !

  • Martin, le 23/09/2009 à 19h04

    Il faut des détecteurs de bonnes actions et de bonnes paroles.

  • Phil, le 23/09/2009 à 18h14

    Au debut il etait favori puis le vote se faisait attendre pour finalement designer quelqu un d autre .. que dire sinon en effet que certains interets ont oeuvré dans la coulisse ..

  • Champaloux, le 23/09/2009 à 18h04

    Et bien heureusement que cette personne n'a pas été élue à la tete de l'UNESCO !

  • Bernard, le 23/09/2009 à 16h44

    L'Union pour la Méditerranée était une "cornichonnerie" car elle faisait double-emploi avec des initiatives existantes, notamment le Processus de Barcelone. François Bayrou a bien raison.

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