Blair ou pas ? L'UE discute

Par , le 29 octobre 2009 à 05h45 , mis à jour le 02 novembre 2009 à 17h09

Dossier : UE

Réunis à Bruxelles pour leur sommet trimestriel, les dirigeants européens reprennent de manière informelle les tractations sur le futur président du Conseil.

Tony Blair au Conseil national de l'UMPImage d'archives © TF1/LCI

Après le "oui" irlandais au début du mois, la longue marche du traité de Lisbonne a repris son

  • Blair rattrapé par la guerre en Irak

    L'ancien Premier ministre britannique va témoigner début 2010 devant la commission d'enquête sur la participation du Royaume-Uni à la guerre en Irak.

    Publié le 13/11/2009 Blair rattrapé par la guerre en Irak
  • Herman Van Rompuy, le Belge qui va sauver l'UE ?

    <b> Analyse -</b> L'actuel Premier ministre belge, qui a remis de l'ordre dans le désordre politique de son pays, est désormais le favori pour le poste de premier président stable du Conseil européen

    Publié le 04/11/2009 Herman Van Rompuy, le Belge qui va sauver l'UE ?
  • L'Europe se choisit son nouveau visage

    Les 27 se réunissent ce soir pour choisir le futur président stable du Conseil européen. Découvrez les principaux favoris et outsiders d'une procédure critiquée pour son opacité.

    Publié le 18/11/2009 L'Europe se choisit son nouveau visage
Plus d'infos

 
Conférence de presse
de clôture de Nicolas Sarkozy,
vendredi, vers 12h45

cours. En attendant l'entrée en vigueur définitive du texte, encore suspendue à la signature du très eurosceptique président tchèque Vaclav Klaus, le Conseil européen trimestriel, qui se tient à Bruxelles ce jeudi et vendredi, va donc permettre aux dirigeants des 27 pays de lancer en coulisses la suite des opérations. La plus importante, même si elle ne figure pas au programme officiel : la nomination du futur président du Conseil européen et, à un degré moindre, du haut représentant aux affaires étrangères.
 
Le président du Conseil, élu par les 27, sera en fonctions pendant deux ans et demi. Objectif : mettre fin à la présidence actuelle de six mois occupée par chaque Etat membre à tour de rôle et incarner une Europe stable. Reste désormais à trouver le candidat adéquat. Etant donné que le traité de Lisbonne est imprécis sur ce point -seule condition, n'exercer aucun mandat national-, deux options s'affrontent en coulisses : un président reconnu dans le monde entier et doté d'une personnalité forte. Ou un président plus effacé médiatiquement mais plus consensuel. A quelques semaines de l'échéance, deux noms, un pour chaque option, se dégage.
 
Blair, le "numéro de téléphone" de l'Europe ?
 
Tout d'abord, Tony Blair. L'ancien Premier ministre britannique, poussé par Nicolas Sarkozy, incarnerait parfaitement le "numéro de téléphone de l'Europe" qu'Henry Kissinger, l'ancien ministre américain des Affaires étrangères de Richard Nixon dans les années 1970, disait chercher désespérément à joindre... pour mieux souligner le faible poids politique que représentait à l'époque la CEE. Outre évidemment Londres et Paris, il a également le soutien de Rome.
 
Problème : Tony Blair fait face à une forte opposition, intérieure et extérieure. Chez lui, les eurosceptiques Tories (droite), qui devraient revenir au pouvoir au printemps prochain, le détestent. Et dans plusieurs pays -Pologne, Suède, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg- son engagement pour la guerre en Irak aux côtés de George W. Bush ne passe pas, tout comme le fait que le Royaume-Uni ne fasse ni partie de la zone euro ni de l'espace Schengen. Certains craignent également qu'il soit essentiellement le président des "grandes" nations.

Dès jeudi soir, avant l'ouverture officielle du sommet, un rude coup a été porté aux chances de Tony Blair d'accéder à la présidence de l'UE, lorsque José Luis Rodriguez Zapatero a indiqué que les socialistes européens s'inclinaient plutôt pour le poste de haut représentant pour les Affaires étrangères. Le président du gouvernement espagnol et ses homologues belge et hongrois, Herman Van Rompuy et Gordon Bajnai, ont dressé un portrait de leur candidat idéal qui ne ressemble nullement à celui de l'ancien Premier ministre britannique. "Je veux un président réellement européen", a dit José Luis Zapatero.
 
Merkel en faiseur de roi
 
Comme une antithèse se pose Jean-Claude Juncker, l'actuel Premier ministre luxembourgeois et président de l'Eurogroupe. Contrairement à Tony Blair, son engagement européen passé ne souffre d'aucune discussion. Son art du compromis et du consensus permettrait également aux "petits" pays de se sentir représentés face aux "grands" au moment des décisions cruciales. Inconvénient : il semble avoir moins de poids face à un Barack Obama ou un Vladimir Poutine. Sans surprise, il est surtout soutenu par les opposants à Tony Blair et refusé par les partisans de l'ancien Premier ministre britannique.
 
A ce stade des discussions, il semble que la position d'Angela Merkel soit primordiale. Selon de nombreux diplomates, la chancelière allemande, fraîchement réélue, n'a pas encore fait son choix. Nicolas Sarkozy arrivera-t-il à la convaincre en faveur de Tony Blair ? Si oui, l'ancien locataire du 10 Downing Street a toutes ses chances. Sinon, le duel Blair-Juncker pourrait finalement faire l'affaire, par défaut, d'un troisième larron. Réponse probable d'ici à la fin de l'année.

Position commune sur le climat ?

Principale question au programme officiel du sommet : la répartition au sein de l'UE des efforts en matière de financement de la lutte contre le changement climatique, en vue du sommet de Copenhague début décembre.

Un groupe de neuf pays emmené par la Pologne refuse que les Européens s'engagent sans connaître au préalable le montant des efforts qu'ils devront fournir et quel sera le sort réservé aux millions de quotas d'émissions de CO2 obtenus sous le protocole de Kyoto et non utilisés. De son côté, l'Allemagne estime qu'il est prématuré de coucher des chiffres sur le papier. Elle propose, avec la France notamment, un engagement de principe auprès de ces pays de mettre en place un mécanisme de compensation européen si leur dépendance au charbon venait à trop les désavantager.

Par Fabrice Aubert le 29 octobre 2009 à 05:45
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

24 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Caroline, le 29/10/2009 à 22h20

    Je suis contre Blair comme je l'ai déjà dit, mais dire que la Grande Bretagne est contre l'Europe est plutôt faux sachant que ses frontières sont ouvertes á TOUS les Européens, ce qui n'est pas le cas en France: á moins que ca ait changé... Et puis la Grande Bretagne donne un paquet de fric á l'Europe, ca ce compte en milliard. Essayez de ne donner de vrais faits, s'il vous plait.

  • AnneLouise, le 29/10/2009 à 20h33

    Le président de l'UE doit être un européen convaincu, défenseur des valeurs européennes, charismatique, diplomate et bien introduit sur la scène internationale....c'est à dire un personnage qui compte et qui en impose face aux Etats-Unis, à la Chine, au Japon et à la Russie, plus face à l'Afrique du Sud, au Brésil et à la Corée. Tony Blair parait correspondre à ces critères....

  • Zonzon27, le 29/10/2009 à 19h52

    Le Royaume-Uni, Pays qui se sert de l'Europe quand ça l'arrange......et on veut proposer son ancien premier Ministre comme futur Président du conseil Européen ? Le Général de Gaulle va se "retourner dans sa tombe". J'vous dis pas ! ! L'état lamentable de ce pays d'aujourd'hui,c'est l'Europe de demain. Entre les intérêts des Européens et ceux des Américains inutile de deviner de quelle côté la balance va pencher. Mettons plutôt à la tête de l'Union Européenne un vrai Européen.

  • Narmer, le 29/10/2009 à 19h31

    Les mains de tony blair sont tacher de sang, Afganistant,irak,palestine il devrait plutot se Faire tout petit,petit..............! et prendre sa retraite Politique merci de me publier

  • Man, le 29/10/2009 à 18h53

    Il est ou mon vote "non" , il est le non des irlandais ? elle est ou la démocratie ???? et que je te magouille des elections et que je m arange comme je le sens , c est sa l europe ? c est sa votre democratie ??? l europe n existe que pour leurs fric et c est tout rien d autre , quedal . a mort l ue

  • Llfranckll, le 29/10/2009 à 18h42

    Pour Marc t'inquiète nous ont avais voté contre^^ une coalition aurait été suffisante vous avez crée UE sans vraiment la gérer résultat ont évolue pas bien au contraire tout sa pour dire qu'ils s'en tape de se que l'ont peux penser vraiment et au vue des objectif et de la gestion ont court au drame voila bon courage a tous;)

  • Jl, le 29/10/2009 à 18h37

    Quel choix cornélien !!! Entre un ancien premier ministre briitanique, pays qui n'a toujours par adopté l'euro et le premier ministre d'un des principaux paradis ficaux et qui lutte de toutes ses forces contre la levée du secret bancaire.... On nous parle d'Europe. Un peu de sérieux svp. Il est clair qu'avec des choix pareil nous alllons droit le mur.

  • Noémie, le 29/10/2009 à 16h15

    Comment choisir Tony Blair qui est l'homme du libéralisme anglais et de l'isolement du Royaume-Uni dans l'Europe ? Il nous faut un vrai politique européen, qui cherche avant tout le bien commun et l'unité et la force de notre Union Européenne. On s'en fout du charisme et de la communication. Choisissez un bon politique ! Le gars du Luxembourg, que je ne connais pas plus que ça, me paraît bien mieux...

  • Analyse, le 29/10/2009 à 14h28

    La place de Blair est d'être devant un tribunal ... Que Blair, le promoteur de la guerre en Irak, doive être écarté du poste de Président de l'Union, est une évidence pour tout le monde sauf pour nos politiques. La place de Blair est d'être avec Bush : inculpé au Tribunal de La Haye pour crimes contre l'Humanité. Mais aussi pourquoi vouloir attribuer à la Grande-Bretagne le poste de « Haut Représentant » ? Ce pays depuis 30 ans a fait la preuve de son anti-européanisme et profité de toutes les concessions et de toutes les responsabilités qui lui ont été attribuées pour mieux torpiller l idée de Europe, et ne considérer que ses intérets les plus mesquins. Qu'on aille pas nous dire que cela rendrait les Anglais plus européens, c'est une illusion déja servie ...

  • Martin, le 29/10/2009 à 13h22

    Question subsidiaire, Il est bien le Blair d'hier et d'aujourd'hui? Cependant il est comparé a Nicolas ou Jean Sarkozy, c'est un sentiment de l'ordre établit dans le continent européen. Qu'en pense vos voisins, amis et connaissances de l'Angleterre? Il flotte l'acquis de Churchill, il faut chercher l'inné a présent.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      • Le grand quiz de l'info
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        Nous recommandons
        logAudience