
Après la levée de l'obstacle à la ratification du Traité de Lisbonne, obtenue jeudi soir à l'ouverture du sommet, la validation d'un accord sur une position commune européenne en vue de la réunion de Copenhague sur le climat de début décembre était le principal point au programme du sommet de Bruxelles. La partie n'était pas gagnée d'avance. Elle s'est d'ailleurs étirée, au point que les traditionnelles conférences de presse de clôture, prévues vers 12h30, ont débuté après 14h.
L'Europe se choisit son nouveau visage
Les 27 se réunissent ce soir pour choisir le futur président stable du Conseil européen. Découvrez les principaux favoris et outsiders d'une procédure critiquée pour son opacité.
Publié le 18/11/2009
Le principal point d'achoppement concernait l'argent à verser aux pays pauvres et émergents pour les aider à limiter leurs émissions de CO2 afin de lutter contre le réchauffement climatique. Les "petits" pays d'Europe de l'Est refusaient notamment de passer à la même caisse que les "grandes nations" d'Europe de l'Ouest. Les dirigeants européens se sont finalement mis d'accord sur une enveloppe de 100 milliards d'euros d'aide par an d'ici 2020 au niveau mondial, dont une partie importante devra être financée par les pouvoirs publics.
A l'Est, moins de contribution
En revanche, les 27 ont fait chou blanc pour fixer la part précise de l'UE dans ces 100 milliards d'euros mondiaux. Et encore plus sur la contribution annuelle de chaque pays membre. L'Allemagne, la France et l'Italie refusent notamment toute estimation sonnante et trébuchante en attendant de voir les autres grandes nations, les Etats-Unis de Barack Obama en tête, bouger. Comme ils le souhaitaient, les pays d'Europe de l'Est ont quant à eux obtenu la possibilité de moins payer. Ou du moins d'obtenir des compensations. La formule exacte n'a en effet pas encore été trouvée à ce stade. Comme c'est souvent le cas, la résolution du problème est donc renvoyée à plus tard. Un groupe de travail a ainsi été mis sur pied pour permettre à des experts de travailler sur le sujet et "de définir les détails du mécanisme".
Sans surprise, les dirigeants européens dans leur ensemble se félicitent de cet accord. "L'Union européenne a une position forte pour aller à Copenhague et continue à avoir une position de pointe", affirme Fredrik Reinfeldt, le Premier ministre suédois, président en exercice de l'UE. "Nous sommes prêts pour Copenhague", lui fait écho le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. "Nous irons unis", a renchéri Nicolas Sarkozy. A contrario, les Verts du Parlement européen parlent d'un "résultat calamiteux pour le climat" et accusent les chefs d'Etat et de gouvernement "de refuser de mettre la main au portefeuille".
La position commune générale de l'Union européenne reprend également des éléments déjà acceptés l'an dernier. Comme le but d'une réduction des émissions de gaz à effet de serre d'au moins 20% d'ici 2020, et de 30% si un accord international ambitieux peut être trouvé. Les 27 soutiennent en outre l'objectif de réduire les émissions mondiales de 80 à 95% d'ici 2050, sans fixer de contrainte. Objectif : limiter le réchauffement planétaire à 2 degrés.
Le Traité de Lisbonne en vigueur le 1er décembre ? |
Après la levée des réticences de son président, Vaclav Klaus, à signer le traité, la République tchèque, dernier pays à ne pas encore avoir ratifié le texte, devrait le faire dans les jours qui viennent. Vaclav Klaus doit pour cela encore attendre la décision de la Cour suprême sur un recours déposé par des députés eurosceptiques. Le Traité de Lisbonne pourra donc ensuite entrer en vigueur dans la foulée. Selon Nicolas Sarkozy, cela sera probablement le cas 1er décembre, ou du moins avant la fin de l'année. |
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