Barack Obama à Copenhague, le 2 octobre 2009 © LCI
"Guerre et paix" selon Obama
Lors de la cérémonie de remise de son Prix Nobel de la Paix, le président américain a délivré sa vision du monde et des conflits. "La guerre est parfois nécessaire (...) mais elle n'est jamais glorieuse", a-t-il notamment lancé dans une intervention très générale.
Publié le 10/12/2009
Obama, Prix Nobel de la Paix "impoli" ?
Les Norvégiens n'apprécient pas la décision du président américain, qui reçoit aujourd'hui sa récompense à Oslo, d'écourter le programme suivi habituellement par le lauréat.
Publié le 10/12/2009
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| La réaction de Barack Obama Un Nobel surprise Pourquoi cette récompense ? |
Plus que pour un bilan, c'est pour "l'espoir" qu'il incarne que Barack Obama a reçu le prix Nobel de la Paix, estiment de nombreux éditorialistes de la presse française, alors que d'autres, au-delà du mérite, jugent que cette distinction ne lui rendra pas service. "Il le mérite parce qu'il est Obama, avec une vie qui court symboliquement sur trois continents" et "parce que sa réussite est devenue synonyme de dignité et d'espoir", se réjouit dans Libération François Sergent, qui, pragmatique, note le "défi" lancé au président américain : "Un prix Nobel de la Paix pourra-t-il décider de bombarder l'Iran ?"
Dans l'Humanité, Patrick Le Hyaric estime que le prix récompense "une grande promesse ou, plus, un espoir en un avenir meilleur". "Le Nobel est donc un appel au courage politique, à la fermeté, pour que les Etats-Unis (...) s'engagent plus avant dans la résolution des graves problèmes actuels", veut-il, justement, espérer. Pour François Régis Hutin (Ouest-France), le comité Nobel salue le succès électoral d'Obama "qui contribue au rapprochement entre les hommes dans ce pays et qui augure bien du rapprochement qui pourrait s'effectuer entre les peuples du monde".
"Le Nobel des promesses doit maintenant les tenir"
"La formidable vision du jury (...) va bien au-delà d'un simple geste en affirmant que la paix est dans la convergence des civilisations qu'incarne Barack Obama", écrit Daniel Ruiz dans La Montagne, qui ose la boutade : Obama a été décoré... "pour l'ensemble de l'oeuvre qui lui reste à accomplir". François Martin parle même, dans Le Midi Libre, du "prophète" Obama et estime que "le comité norvégien parie sur sa vision d'un monde multilatéraliste et dénucléarisé". Mais cela ne lui épargne pas ce regret : "Too much. C'est trop. Trop fort. Trop tôt".
Effectivement, alors que plusieurs éditorialistes estiment qu'Obama profite là d'un "coup de pouce", Hervé Chabaud croit que cela "ne facilitera pas son travail". "Ce n'est pas forcément un cadeau fleuri pour Barack Obama. Ce Nobel lui met la pression", avertit Patrick Fluckiger dans L'Alsace, surtout au moment où le président se trouve face au "dilemme" d'envoyer ou non des renforts en Afghanistan. D'ailleurs, pour Philippe Waucampt (Le Républicain lorrain), "le paradoxe est total, puisque le Nobel de la paix récompense un homme en train de conduire deux guerres à la fois".
"Le Nobel des promesses doit maintenant les tenir", note Michel Vagner dans L'Est Républicain, alors que Francis Brochet du Progrès "le plaindrait plutôt, comme ces gamins de vingt ans baptisés joueur du siècle après deux buts". Le prix "n'est pas un cadeau" pour le "gendarme de la planète" qui devra se "montrer un jour ou l'autre plus faucon que colombe". Et au fait, s'interroge-t-il, "quel prix pourra-t-on bien décerner à Barack Obama lorsqu'Israël et la Palestine vivront paisiblement en Etats voisins et souverains ?" "En une dizaine de mois seulement, il aura davantage remué ciel que terre", persifle Didier Pobel dans Le Dauphiné Libéré. Et Dominique Garraud d'enfoncer le clou dans La Charente Libre : "C'est comme si Nicolas Sarkozy avait reçu le Nobel d'Economie pendant sa campagne électorale sur son thème fétiche de la rupture".
D'après agence
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