Herman Van Rompuy © TF1/LCITony Blair définitivement mis sur la touche, c'est le chef du gouvernement belge Herman Van Rompuy qui pourrait devenir le premier président de l'Union européenne. Un consensus est en effet apparu sur son nom lors du sommet des chefs d'Etat et de gouvernements de l'UE jeudi et vendredi de Bruxelles jeudi et vendredi. Si tant est qu'il survive au jeu de massacre dont tous les favoris ont été victimes jusque-là.
Herman Van Rompuy, le Belge qui va sauver l'UE ?
<b> Analyse -</b> L'actuel Premier ministre belge, qui a remis de l'ordre dans le désordre politique de son pays, est désormais le favori pour le poste de premier président stable du Conseil européen
Publié le 04/11/2009
"Il y a un consensus sur son nom, ce qui est rare à 27. Personne d'autre ne fait l'unanimité", a affirmé un des diplomates présent au dernier sommet bruxellois. "Personne ne s'oppose à lui et beaucoup lui demandent d'accepter", a ajouté un autre. Toutefois dans l'entourage de l'intéressé, on adopte un mutisme de rigueur : "Aucun commentaire !", a ainsi répondu le porte-parole du Premier ministre belge, interrogé à ce sujet lundi. Pour l'heure, une chose est sûre, Herman Van Rompuy, qui a eu 62 ans le 31 octobre, a fait l'objet de sollicitations très claires.
Une partie de la presse belge est d'ailleurs revenue lundi sur cette hypothèse. Herman Van Rompuy "n'est pas candidat mais il est favori", écrit ainsi le quotidien flamand De Standaard. Il "pourrait être le candidat le plus acceptable dans un deal franco-allemand", ajoute-t-il, en citant une analyse de son confrère britannique The Guardian. "Herman van Rompuy for president !", titre pour sa part le quotidien populaire francophone La Dernière Heure.
Embarrassé
Pourtant il y a peu, c'est l'ancien Premier ministre travailliste britannique Tony Blair qui faisait encore figure de grand favori. Mais l'euroscepticisme de son pays, qui n'est pas membre des zones euro et Schengen, ou le souvenir de son engagement dans la guerre en Irak, ont réduit fortement ses chances. Les dirigeants du Benelux -Belgique, Pays-Bas et Luxembourg- ont pris la tête de l'opposition à Blair, à laquelle la chancelière allemande Angela Merkel était également réticente. Autres candidats pressentis, le Néerlandais Jan Peter Balkenende et le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker. Là, c'est Paris qui fait grise mine. En effet, Nicolas Sarkozy reprocherait à Juncker sa passivité face à la crise bancaire et ses réticences quant à la fin du secret bancaire. Quant à son homologue néerlandais, c'est le "non" de son pays lors du référendum du 29 mai 2005 sur la Constitution européenne qui le handicape sérieusement.
Seul dirigeant du Benelux à rallier un consensus sur son nom, Herman Van Rompuy fait donc désormais figure de recours. Mais, selon un diplomate, le Premier ministre belge est embarrassé, car il s'était donné pour mandat de déminer dans les mois à venir la querelle entre les francophones et les Flamands (néerlandophones) sur l'arrondisssement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde, qui risque de mettre une fois de plus son pays au bord de l'implosion. Ce chrétien-démocrate flamand, connu pour bien cacher son jeu derrière une apparente timidité, est considéré sur la scène belge comme un as du compromis.
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