Barack Obama reçoit le Prix Nobel de la Paix 2009 (Oslo, 10/12/09) © ReutersPour Barack Obama, l'exercice était difficile, à la limite de l'équilibrisme politique et diplomatique. Comment recevoir un Prix Nobel de la Paix alors qu'on vient de décider d'envoyer 30.000 hommes en renfort en Afghanistan ? Résultat : pendant trente minutes, après avoir écouté le comité Nobel défendre son choix controversé, le président américain a livré ce jeudi à Oslo un discours très (trop ?) général.
L'homme de l'année qui coiffe Bolt et Obama au poteau
Le patron de la banque centrale américaine Ben Bernanke a été sacré "personnalité de l'année" 2009 par le magazine Time. A son crédit : la manière dont il a géré la crise.
Publié le 16/12/2009
Un Nobel de l'espoir qui met Obama sous pression
Le Nobel de la paix reçu par Barack Obama lui rendra-t-il service, où va-t-il au contraire le gêner dans son action ? Au-delà de l'espoir qu'il incarne, est-ce un Nobel reçu trop tôt ?
Publié le 10/10/2009
Ce Nobel de la Paix, un appel à l'action pour Obama
Le président américain a dit vendredi accueillir "avec surprise et une profonde humilité" la nouvelle qu'il avait été choisi pour le Nobel de la Paix, un prix qu'il a dit ne pas mériter par rapport aux lauréats antérieurs.
Publié le 09/10/2009
Obama, Prix Nobel de la Paix "impoli" ?
Les Norvégiens n'apprécient pas la décision du président américain, qui reçoit aujourd'hui sa récompense à Oslo, d'écourter le programme suivi habituellement par le lauréat.
Publié le 10/12/2009
Jouant profil bas, limite modeste face aux critiques qualifiant sa récompense de "Prix Nobel des bonnes intentions", il a tout d'abord souligné que d'autres candidats étaient "peut-être plus méritants" que lui pour se voir décerner la récompense. Il a ensuite noté qu'il ne se considérait pas comme l'égal d'anciens lauréats, citant nommément Nelson Mandela et Martin Luther King.
"Même justifiée, la guerre est une tragédie humaine"
Dans la foulée, comme pour justifier sa décision afghane, il a affirmé que "la guerre est parfois nécessaire". "Les outils de guerre ont un rôle à jouer pour préserver la paix", a-t-il noté. Avant d'enchaîner : "Mais la guerre n'est jamais glorieuse. Aussi justifiée soit-elle, elle promet une tragédie humaine".
Ponctué de quelques références historiques sur le "mal" (un terme souvent utilisé par son prédécesseur George W. Bush), accolé notamment à Hitler et Al-Qaïda, le discours a abordé, de manière plus ou moins allusive, les questions actuelles : une phrase sur la situation d'Aung San Suu Kyi en Birmanie, une phrase sur les élections au Zimbabwe et en Iran -beaucoup attendaient un soutien beaucoup plus ferme aux manifestants anti-Ahmadinejad. Soulignant que les Etats-Unis se sont engagés avec la Russie à réduire leur stock d'armes nucléaires, le président américain a martelé une nouvelle fois que l'Iran et la Corée du Nord ne devaient pas obtenir la bombe atomique.
Rupture avec Bush
Enfin, pour bien montrer qu'il se démarquait de la politique de George W. Bush, il a indiqué que les Etats-Unis ne devaient pas sacrifier leurs idéaux face à leurs ennemi. Il a ainsi rappelé qu'il avait demandé la fermeture de la prison de Guantanamo (en oubliant de préciser que le délai imparti lors de sa prise de fonctions ne sera pas respecté) et interdit la pratique de la torture par les services de renseignement américains.
Bref, au final, contrairement à d'autres interventions sur la politique étrangère, notamment celle du Caire sur les relations avec le monde musulman (lire notre article : Obama propose un nouveau départ aux musulmans), ce discours de Barack Obama ne restera pas dans les annales. Mais le locataire de la Maison-Blanche s'est au moins sorti du piège -qu'il aurait pu esquiver en refusant le Nobel- sans grands dommages pour son image sur la scène internationale.
"De nouvelles manières de penser la guerre" :
écoutez ci-dessous un extrait du discours
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